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Eczéma atopique : de nouveaux traitements ?

EN BREF – Un traitement injectable contre les dermatites atopiques (eczéma atopique) a démontré sa supériorité par rapport à un placebo dans deux essais cliniques réalisés chez l'adulte. 

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Eczéma atopique : de nouveaux traitements ?

La recherche a-t-elle trouvé une alternative à la pommade à la cortisone pour les personnes souffrant d’eczéma atopique (voir encadré) ? Le dupilimab, une molécule déjà jugée prometteuse dans le traitement de l’asthme et de la sinusite, semble avoir montré son efficacité dans deux essais cliniques contrôlés rendus publics ce 3 octobre dans le New England Journal of Medicine.

Les cytokines sont des molécules notamment synthétisées par les cellules du système immunitaire qui interagissent avec les autres cellules pour en réguler l'activité. Le dupilimab inhibe l’action de deux cytokines, réduisant la réaction de type allergique impliquée dans certains eczémas atopiques. Le fait que tous les patients impliqués dans l’essai clinique n’aient pas vu leur état s’améliorer suggère que d’autres types de cytokines pourraient être impliqués dans leur eczéma.

Menés sur 1379 patients adultes, ces essais cliniques ont comparé le dupilumab (en injection) à un placebo dans les conditions du double-aveugle [1]. L’efficacité du dupilumab administré en alternance hebdomadaire avec le placebo a également été évaluée. Selon les résultats publiés, au terme de seize semaines, les patients recevant le dupilumab – à l’une ou l’autre fréquence – étaient autour de 37% à voir "leurs lésions cutanées disparues ou pratiquement disparues" (selon une échelle de mesure standardisée), contre environ 9% lorsque le placebo était seul administré

Sur une échelle de 0 à 10 (de l’absence de démangeaison à des démangeaisons insoutenables), environ 40% des patients sous dupilumab ont jugé que le traitement avait entraîné une baisse d’au moins quatre degrés, contre environ 10% dans le groupe placebo. Enfin, environ la moitié des patients adultes traités en continu (un peu moins pour ceux traités une semaine sur deux) auraient obtenu une réduction significative de l’étendue de l’eczéma, contre environ 15% chez le groupe placebo.

Le taux d’événements indésirables était analogue dans les groupes sous dupilumab et ceux sous placebo, le taux d’évènements graves étant inférieur dans le groupe réellement traité (excepté pour les réactions sur le site d’injection et pour l’apparition de conjonctivites).

Aux États-Unis, l’agence du médicament doit rendre fin mars 2017 son avis sur l’autorisation de mise sur le marché de ce traitement. Les laboratoires Sanofi et Regeneron – qui possèdent les brevets sur la molécule et participent au financement des évaluations – ont déjà associé le dupilumab à une marque, "Dupixent®". Si ce traitement venait à être autorisé, un suivi pharmacologique permettra de s'assurer de l'efficacité du produit. 

Le terme d'eczéma regroupe des maladies de peau très fréquentes, caractérisées par une inflammation, des ougeurs, des boutons, des démangeaisons intenses, et une peau qui squame… Non contagieuse, elles représente 10% des consultations en dermatologie (presque 30% des consultations chez l'enfant). Une forme courante d’eczéma, dite atopique, est notamment liée à une anomalie génétique qui diminue la cohésion des cellules de la peau, qui entraîne son assèchement.

Un traitement courant des symptômes de l’eczéma atopique consiste en une pommade à base de cortisone, qui limite leur progression.

L'eczéma atopique apparaît généralement chez les bébés avant l'âge de 18 mois et disparaît dans 70% des cas avant l'âge de 4 ans, et dans 90% des cas avant l'adolescence. L'eczéma atopique concerne 15 à 20% des enfants des pays développés et 1 à 3% des adultes.

 

Source : Two Phase 3 Trials of Dupilumab versus Placebo in Atopic Dermatitis. E.L. Simpson et al. NEJM, 3 oct. 2016. doi:10.1056/NEJMoa1610020


[1] C’est-à-dire que, durant le temps de l’essai, les médecins ignoraient s’ils donnaient à leur placement le traitement à évaluer ou le placebo.

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