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Des primes et des médailles pour les soignants, mais pas d'annonce pour l'hôpital

Le gouvernement promet une reconnaissance et un versement imminent de la prime promise en mars aux soignants qui luttent contre l’épidémie de Covid-19. Mais toujours aucune annonce pour sauver l'hôpital public en crise.

Rédigé le , mis à jour le

Des primes et des médailles pour les soignants, mais pas d'annonce pour l'hôpital
Image d'illustration. Crédits Photo : © Shutterstock / clementetinin

Le gouvernement leur prépare un "hommage" le 14 juillet, une "reconnaissance de la nation" voire une "médaille de l'engagement face aux épidémies". Mais les soignants qui ont lutté contre l’épidémie de Covid-19 s'interrogent : où est la prime exceptionnelle qui leur a été promise ? Et surtout, où sont les annonces d’un changement pour l’hôpital public ?

"Sur les paies de mai ou de juin"

La prime annoncée sera versée aux soignants et au personnel non-médical des hôpitaux "dans les prochaines semaines", probablement "sur les paies de mai ou de juin", a déclaré ce 13 mai la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. Le décret autorisant cette prime s'est fait attendre, mais est finalement paru au Journal Officiel ce 15 mai.

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Entre 1.000 et 2.000 euros

Promise par Emmanuel Macron fin mars et précisée par le gouvernement mi-avril, la prime en question sera d'au moins 500 euros pour tous les membres du personnel hospitalier et de 1.500 euros pour ceux travaillant dans des établissements ou services accueillant des malades du Covid-19.
Exemptées d'impôts et de cotisations sociales, ces gratifications coûteront au total à l’État 1,3 milliard d'euros, avait précisé le ministre de la Santé Olivier Véran.

A ces primes devrait s’ajouter une majoration de 50% des heures supplémentaires, ce qui représente en moyenne plus de 600 euros par agent, également sans impôts ni charges, avait annoncé en avril le ministre de la Santé. Chaque agent devrait donc recevoir en moyenne 1.000 à 2.000 euros environ

Ehpad et fonctionnaires également récompensés

Une  récompense similaire est prévue pour tout le secteur du médico-social et notamment les Ehpad. Dans ces établissements, chaque personnel recevra une prime de 1.500 euros dans les 33 départements "où l'épidémie aura été la plus forte" et de 1.000 euros pour tous les autres.

Ces primes font partie des "mesures de reconnaissance", dont doivent aussi bénéficier quelques 400.000 fonctionnaires particulièrement mobilisés pendant la crise du Covid-19, qui recevront jusqu'à 1.000 euros net.

"Une prime ne constitue pas une revalorisation de carrière"

Mais que vaut une "reconnaissance" face à un investissement concret pour l’hôpital de demain ? Suite aux annonces du gouvernement et après deux mois d’intense mobilisation, "l’état d’esprit global dans les équipes, c’est la colère" prévient la professeure Agnès Hartemann, diabétologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, invitée du Magazine de la Santé le 14 mai. "A chaque annonce du gouvernement, on attend avec impatience des promesses. Mais quand on a entendu médaille et défilé du 14 juillet, ça a été très mal vécu" poursuit-elle. "Une prime ne constitue pas une revalorisation de carrière. Une médaille de l’engagement ne constitue pas un investissement massif pour l’hôpital" résume de son côté le Collectif Inter Hôpitaux dans un communiqué publié le 14 mai.

Le risque de revenir "comme avant" le Covid-19

Ces annonces, que la professeure Hartemann interprète comme de la "communication", ne sont en effet pas à la hauteur des attentes pour l’hôpital. Un message "très inquiétant pour l’avenir de l’hôpital public", juge aussi le Collectif.

Car ce dont les soignants ont peur, c’est que l’hôpital replonge dans la même situation de tension qu’avant l’épidémie. Face au coronavirus, "nous avons tenu car nous n’avons fait que ça. Tout le reste s’est arrêté, la moitié des lits était vide et tout le personnel était mobilisé. C’est à ce prix que nous avons pu faire face à la crise" rappelle la diabétologue.

Aujourd’hui, "on aurait eu la possibilité de garder des personnels qui sont revenus mais on est en train de perdre cette chance" déplore-t-elle avant d’ajouter : "Nous on veut du concret : on veut sauver l’hôpital public."

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