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L'endométriose : des douleurs liées aux règles

Encore mal diagnostiquée, l'endométriose est une maladie qui touche environ 5% des femmes en âge d'avoir un enfant selon EndoFrance. Elle provoque des douleurs importantes au moment des règles, là où des cellules comparables à celles de l'endomètre se développent anarchiquement.

Rédigé le , mis à jour le

L'endométriose : des douleurs liées aux règles
L'endométriose : des douleurs liées aux règles
Sommaire

Qu'est-ce que l'endométriose ?

Antoine Piau et Marina Carrère d'Encausse expliquent l'endométriose

Règles très douloureuses, fatigue extrême, douleurs pendant les rapports sexuels ou en allant à la selle, névralgies irradiant parfois jusque dans la jambe ou dans le dos... Aujourd'hui, une femme sur dix en âge d'avoir des enfants souffre d'endométriose, une maladie fréquente. Pourtant, les patientes attendent en moyenne six à dix ans avant d'être diagnostiquées.

L'appareil génital féminin est formé d'un vagin et d'un utérus qui se poursuit de chaque côté par deux trompes, menant chacune à un ovaire. Une couche, l'endomètre, tapisse l'intérieur de la cavité utérine. À chaque cycle menstruel, il réagit aux hormones ovariennes. Les oestrogènes lui permettent de se développer, tandis que la progestérone l'aide à l'implantation de l'œuf en cas de fécondation.

Si aucune grossesse ne survient, la couche superficielle de l'endomètre se désagrège et saigne sous forme de règles. L'évacuation se fait en grande partie par une porte de sortie située plus bas. Mais chez 90% des femmes, il se produit un reflux. Une partie du sang et des cellules endométriales passent par différents passages, notamment entre les trompes et les ovaires, pour retomber dans le bas ventre.

Normalement, au bout d'un certain temps, ce sang et ces cellules sont éliminés. Mais chez les femmes qui développent de l'endométriose, pour des raisons encore inconnues, ce "ménage" n'est pas réalisé. Des bouts d'endomètre se fixent dans des zones où ils ne devraient pas se trouver. On peut aussi en retrouver au niveau de la vessie ou du rectum. Elles ont la particularité de réagir aux fluctuations hormonales tout comme l'endomètre, et déclenchent une réaction inflammatoire douloureuse au moment des règles.

Cette maladie peut aussi être douloureuse même en dehors des menstruations. Car ces lésions se désagrègent au fil du temps et laissent une cicatrice qui forment des nodules. Si elles sont proches de nerfs et situées en haut du vagin, elles peuvent déclencher des douleurs à tout moment et notamment au moment des rapports sexuels. Dans les cas avancés, de véritables masses peuvent se développer comme les endométriomes, les kystes de l'ovaire...

L'endométriose est une maladie douloureuse qui évolue différemment d'une femme à l'autre. Le traitement sera différent selon le stade.

Dépister et traiter l'endométriose

Comme ses causes sont peu connues, l'endométriose reste mal diagnostiquée.

Malgré les douleurs parfois invalidantes qu'elle provoque, l'endométriose est sous-estimée : en moyenne, les patientes attendent six ans avant que le diagnostic soit fait !

L'une des solutions pour lutter contre l'endométriose est le traitement hormonal. Ces médicaments réduisent le taux d'oestrogènes dans l'organisme des patientes. Ils provoquent alors une ménopause chimique temporaire et empêchent le saignement des lésions.

Le traitement chirurgical de l'endométriose

Attention, images d'intervention chirurgicale : utilisation de l'énergie plasma pour retirer les tissus malades.

Souvent, l'endométriose n'est malheureusement diagnostiquée qu'à un stade assez avancé. La chirurgie peut alors permettre de supprimer les kystes et lésions provoqués par la maladie.

Parmi les nouvelles techniques de chirurgie : la destruction partielle du kyste en le brûlant par laser ou énergie plasma (sorte de courant électrique). L'énergie plasma est actuellement testée dans le cadre d'une étude clinique unique en France.

Une étude qui a comparé le laser (méthode comparable à l'énergie plasma) à la kystectomie classique a démontré que la récidive était presque la même dans les deux cas (environ 20%), mais la fertilité est mieux préservée par la technique au laser.

Endométriose : le suivi post-opératoire

Depuis le tournage, le dossier de Marie et son mari a été retenu par un organisme autorisé pour l'adoption. Ils deviendront bientôt parents.

Si l'opération ne guérit pas complètement l'endométriose, elle change la vie de bien des patientes. C'est le cas de Marie, qui s'est finalement faite opérer après des années de souffrance. Une intervention qui a grandement amélioré sa qualité de vie.

Endométriose : les groupes de parole

Procréation assistée, FIV, traitements… Pour échanger leurs expériences, des groupes de parole existent.

Pour les femmes, vivre avec l'endométriose, c'est vivre au quotidien une maladie douloureuse mais invisible, parfois handicapante et mal comprise par les autres.

Dans l'association EndoFrance, des rencontres entre patientes sont organisées pour que chacune bénéficie de l'expérience des autres.

Endométriose : la congélation des ovocytes

Grace a décidé de suivre cette prise en charge.

L'endométriose est une maladie du tissu qui tapisse l'intérieur de l'utérus. Une pathologie douloureuse, fatigante, qui met aussi en jeu la fertilité des femmes qui en sont atteintes. Depuis quatre ans, la congélation des ovocytes peut être proposée aux femmes souffrant d'endométriose.

Pour avoir un maximum d'ovocytes à ponctionner, la patiente doit suivre un protocole de stimulation ovarienne. "Chez ces patientes, pouvoir conserver ses ovocytes, surtout quand elles sont jeunes, qu'elles n'ont pas de conjoint, qu'elles n'ont pas forcément un projet d'enfant immédiat, et dont la réserve ovarienne est déjà plus faible qu'une autre patiente du même âge, est vraiment une prévention. Cela signifie que si on a un stock d'ovocytes et que l'on fait un traitement de stimulation pour un projet d'enfant auquel elle ne répond pas suffisamment, on pourra aussi utiliser les ovocytes congelés", explique le Pr Nathalie Rives, biologiste de la reproduction.

Depuis 2011, ces prises en charges spécifiques sont de plus en plus proposées. Dans 70% des cas, les patientes réussissent à concrétiser leur projet de maternité.

Endométriose : gérer la douleur en douceur

Les douleurs de l'endométriose sont compliquées à prendre en charge car elles peuvent perdurer après la mise en place d'un traitement ou d'une chirurgie... Même après leur disparition, les lésions peuvent laisser des traces sur les organes, les nerfs, et continuer à être douloureuses. La mésothérapie et le yoga permettent de gérer la douleur en douceur.

La mésothérapie correspond à des injections peu profondes de produits à faibles doses (un anesthésiant et un relaxant musculaire) sur les zones douloureuses.

Outre la mésothérapie, l'activité physique permet aussi d'atténuer la douleur en mobilisant les tissus contractés. Des séances de yoga adaptées (respiration profonde et postures douces) peuvent être proposées aux patientes pour atténuer les crises de douleur.

Endométriose : l'espoir des ultrasons

Lorsque les lésions de l'endométriose prennent de l'importance et atteignent le tube digestif, la chirurgie peut être un recours pour venir à bout des tissus malades. Mais une équipe du CHU de Lyon a eu l'idée de développer un traitement à base d'ultrasons.

Pour beaucoup de femmes, l'endométriose atteint les organes digestifs comme l'intestin et le rectum. Jusqu'à présent, la seule solution pour traiter ces lésions était une intervention chirurgicale aux conséquences potentiellement lourdes.

Pour éviter ces séquelles et venir à bout des lésions, l'équipe du CHU de Lyon a eu l'idée d'utiliser un appareil à ultrasons. Une sonde est introduite dans le rectum de la patiente et est positionnée en regard de la lésion endométriosique. Seule difficulté, la sonde utilisée n'est pas adaptée à l'anatomie féminine. À l'origine, l'appareil était en effet réservé au traitement du cancer de la prostate.

Les ultrasons sont focalisés sur les lésions endométriosiques : "On va avoir un effet thermique au niveau de la zone de focalisation qui va monter à 80-90 degrés", explique le Pr Gil Dubernard, gynécologue-obstétricien. Quelques minutes suffisent pour traiter les lésions. Les ultrasons ne font pas disparaître le nodule, l'idée est simplement de le nécroser.

Aujourd'hui, seulement une dizaine de patientes ont été opérées dans le cadre d'un essai clinique. Et les résultats sont très prometteurs. À terme, le traitement par ultrasons pourrait bénéficier chaque année à plusieurs centaines de femmes souffrant d'endométriose.

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