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L’ecstasy, une drogue mortelle

Les jeunes la croient souvent sans risque car l’ecstasy ne crée aucune dépendance. Pourtant, cette drogue provoque chaque année une vingtaine de décès.

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L’ecstasy, une drogue mortelle

Ces pastilles colorées feraient presque penser à des friandises. Très répandue dans les milieux festifs, l’ecstasy est tout sauf un bégnin petit comprimé. Elle est une drogue de la famille des amphétamines et contient de la MDMA. Environ 400 000 personnes en consomment chaque année. 

Une drogue très accessible

Facilement accessible et peu chère – entre 5 et 10 euros le comprimé – les jeunes ont tendance à sous-estimer sa dangerosité. Elle provoque pourtant une vingtaine de décès chaque année.

Proche des milieux de la fête, Arthur* a consommé très régulièrement de l’ecstasy – jusqu’à avaler ces comprimés colorés deux à trois fois par semaine. 

 « Les effets que je ressentais c’étaient surtout les lumières pour moi qui bougeaient. Il y a aussi un effet un peu social, tu as plus envie de prendre les gens dans tes bras, de parler très fort. »

L’étudiant décrit aussi une sorte de « suractivité » : « À tel point que tu dois compenser en serrant des choses dans tes mains ou avec tes mâchoires. Avec l’ecstasy, il n’y a pas de coup de mou, voilà, ça me faisait tenir plus longtemps. » 

À lire ausi : "Hausse de la consommation de cannabis et de l'ecstasy en Europe." 

Des effets aléatoires

Les réactions à cette drogue diffèrent d’un individu à l’autre. Pour les personnes souffrant de maladies cardiaques ou d’épilepsie, la consommation est particulièrement dangereuse. Mais même sans maladie, à chaque prise, le consommateur s’expose à de nouveaux effets. 

« C’est le mélange de trois facteurs », explique Victor Detrez, de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. « C’est le contexte dans lequel on le consomme, le produit en lui-même – c’est-à-dire les propriétés du produit mais aussi la dose consommée – et l’état mental de la personne. Dans une circonstance un peu oppressante avec un produit trop fort, des gens en qui nous n’avons pas trop confiance, tous les effets récréatifs recherchés par la personne ne vont pas se manifester de la façon à laquelle il s’attend et ça va provoquer une mauvaise expérience : un bad trip. » 

À lire ausi : " Drogues : comment réagir en cas d'overdose ? "

Le « bad trip »

Le « bad trip » est l’expérience des effets secondaires négatifs d’une drogue. Le risque est renforcé quand l’utilisateur d’ecstasy est en mauvaise forme psychologique au moment de sa consommation. 

Arthur a aussi vécu cette expérience : « Si tu commences à penser à un problème les choses vont s’amplifier en fait. Moi ça m’a fait faire des crises d’angoisse. »

L’étudiant a arrêté de consommer cette drogue, choqué par la violence de ses effets. « Ce qui m’a vraiment fait arrêter c’est de voir des proches, des connaissances avoir des réactions hyper violentes, beaucoup plus violentes que mes crises d’angoisse. En fait en cas d’overdose il y a un afflux sanguin. La mâchoire commence à devenir bleue à cause des veines. Et  vraiment, c’est une vision assez violente parce que c’est des personnes que tu connais ont le visage complètement déformé d’un coup. » 

À lire ausi : "Drogue sur le Net : un marché dangereux."

La prévention :  la meilleure arme contre la drogue 

Ces réactions violentes sont souvent liées à des surdoses qui peuvent être mortelles. Des effets difficiles à anticiper, puisque les doses et la composition varient d’un comprimé à l’autre. 

« La personne vous dit je te vends ça, mais vous n’avez pas toujours le kit du parfait chimiste pour vérifier ! », martèle Jean-Pierre Couteron, addictologue.

Analyser les produits en boîte de nuit est selon cet addictologue un moyen d’éviter des consommations à risques. Une mesure à coupler avec la sensibilisation des jeunes sur les effets de l’ecstasy. « Plus on éduque sur la consommation, plus elle devient raisonnable, moins les risques graves sont là et, contrairement à ce que l’on croit, cela n’encourage pas d’autres personnes à consommer. »  

La prévention est d’autant plus importante que les consommateurs sont jeunes : la majorité des personnes qui prennent de l’ecstasy ont entre 18 et 25 ans.

* Le prénom a été modifié

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