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Drogues : comment réagir en cas d'overdose ?

La consommation de drogues explose et de nouveaux produits, toujours plus dangereux pour le consommateur arrivent sur le marché. Alors comment réagir en cas d'overdose ? Les explications du Dr Patrick Pelloux, médecin urgentiste.

Rédigé le , mis à jour le

Chronique du Dr Patrick Pelloux, médecin urgentiste, du 19 avril 2018

Les drogues peuvent être classées en deux types : celles d'origine classique et naturelles et les drogues chimiques. Il n'existe aucun critère de qualité et les consommateurs, quel que soit le produit, ne savent pas exactement ce qu'ils prennent, ce qui est très dangereux !

Le spray nasal, déjà disponible

Le Nalscue® bénéficie depuis janvier 2018 d'une autorisation de mise sur le marché. Il est disponible dans les établissements de santé, les centres prenant en charge les usages de drogues. Administré par tout proche assistant à une overdose, il permet de sauver la vie en attendant l'arrivée des secours.

 

Les drogues dites classiques sont le cannabis, le shit qui en est la résine, la cocaïne qui est en pleine expansion et l'héroïne qui revient en force notamment avec des mafieux et trafiquants qui rentrent dans les filières de migrants en France et surtout en Allemagne.

Les drogues de synthèse sont souvent créées à partir de tonicardiaques comme les amphétamines et des mélanges de psychostimulants dont le plus connu est l'ecstasy et le GHB, qui est incolore et inodore mais terriblement toxique malgré ses effets euphorisants et de bien-être.

Quels sont les risques liés à l'usage de drogues ?

Ces drogues comportent toutes des risques, qui dépendent du type de drogue, des habitudes et de la durée. En urgence, les drogues les plus redoutables sont la cocaïne, l'héroïne, les drogues de synthese surtout si toutes ces drogues sont consommées avec de l'alcool. 

Il y a les risques dûs aux produits et aux conséquences notamment et surtout les accidents, les chutes et les violences. Pour les risques somatiques, c'est-à-dire du corps, les risques sont en période aiguë cardio-respiratoires. La cocaïne a notamment une toxicité grave et aiguë sur les coronaires, c'est-à-dire les artères du coeur quel que soit l'âge, et donc un arrêt cardiaque.

L'héroïne, elle, va entraîner des pauses respiratoires qui peuvent engendrer un arrêt respiratoire et un arrêt cardiaque, c'est ce qu'on appelle l'overdose. L'arrêt respiratoire dépend de la dose mais aussi de la qualité du produit et des habitudes de l'utilisateur. Parfois, nous avons des alertes sanitaires aux urgences lorsqu'un arrivage trop concentré est vendu sur le marché par les trafiquants.

Pour les drogues de synthèse, la toxicité est surtout cardiaque mais aussi hallucinatoire avec des risques majeurs d'accidents et de chutes qui peuvent être mortels. Avec ces drogues, on se met aussi en danger car le GHB entraîne par exemple une impossibilité de se défendre, ce qui en fait la drogue du violeur.

À long terme, toutes ces drogues sont dangereuses. Les dépendances psychiques et physiques sont l'apanage de ces produits. Les consommateurs  dépensent beaucoup d'argent pour les drogues et quand ils appellent les secours pour être pris en charge, ils souhaitent ne rien débourser et remettent en cause la science qui est là pour les aider. Ils sont souvent très revendicatifs et exigeants envers la médecine pour être tout de suite soignés.

Mais toutes ces drogues engendrent des troubles de la personnalité comme la paranoïa. Il est toujours très compliqué de sevrer un toxicomane et encore plus d'éviter qu'il ne tombe dans l'alcoolisme. Et même à petites doses et consommées de manière occasionnelle, toutes ces drogues sont dangereuses et ont des effets sur l'organisme.

Que faire si un consommateur est dans le coma ?

Avant toute chose, il faut vérifier qu'il a un pouls . S'il n'a pas de pouls et qu'il ne répond pas, il faut réaliser un massage cardiaque et appeler les secours : le SAMU en faisant le 15 et les pompiers en faisant le 18.

Devant la nouvelle épidémie d'héroïne qui arrive en France, un antidote va être mis en vente sous forme de spray nasal. Il lève l'effet de la drogue et permet au malade de respirer de nouveau : il s'agit du Narcan®.

Dans tous les autres cas, la prise en charge est classique. La plupart des syndromes coronariens aigus, c'est-à-dire des infarctus constitués ou en voie de constitution chez les moins de 40 ans, sont très généralement dus à la consommation de cocaïne.

Concernant les drogues de synthèse du type ecstasy ou GHB, il faut penser à faire boire le malade et le conduire aux urgences.

Comment aider un consommateur de drogue à décrocher ?

Il est très compliqué d'aider un proche à décrocher. Mais il ne faut pas renoncer à l'aider car le toxicomane est un malade et il peut se soigner. Les addictologues, les psychiatres peuvent aider au sevrage mais il faut aussi aider le malade à ne plus fréquenter les dealers et les lieux festifs où il sera malheureusement toujours une proie pour les dealers.

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