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Carotides, des artères à surveiller

Les carotides sont les principales artères du cou, leur rôle est primordial et une lésion à leur niveau peut avoir des conséquences dramatiques. Comment prévenir toute pathologie ? Quels sont les traitements proposés lorsqu'une sténose est installée ?

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Carotides, des artères à surveiller
Carotides, des artères à surveiller
Sommaire

Qu'est-ce que les carotides ?

Marina Carrère d'Encausse et Régis Boxelé décrivent les carotides

Les carotides sont les principales artères du cou, leur rôle est primordial et des lésions à leur niveau - qui sont fréquentes à partir de 60 ans - peuvent avoir des conséquences très graves, puisqu'elles peuvent être la cause de décès ou d'invalidité. Il faut donc les surveiller de près.

Les carotides sont des vaisseaux très importants puisqu'ils sont la principale source d'oxygène et de nutriments pour l'hémisphère cérébral et la rétine. Il existe une carotide de chaque côté, la carotide primitive. Elle se divise en deux vaisseaux : la carotide externe qui alimente le cou et le visage, et la carotide interne qui a pour territoire le cerveau et l'oeil.

Comme pour toutes les artères, le calibre des carotides peut être diminué, c'est ce que l'on appelle une sténose. Dans la plupart des cas, cette sténose est due à la formation de plaques d'athérome, des dépôts de graisse, dont le cholestérol, qui obstruent ces artères.

Avec le temps, la plaque d'athérome va grossir et les cellules sanguines s'y agglutiner. Si cette plaque n'est pas repérée à temps, la carotide va se boucher complètement et empêcher l'oxygène d'arriver au cerveau. On parle alors de thrombose. Mais la lésion peut aussi s'émietter et les fragments emportés avec le flux sanguin peuvent venir obstruer la branche artérielle cérébrale ou rétinienne. C'est l'embolie.

Les sténoses de la carotide sont à la fois fréquentes, une personne sur dix de plus de 65 ans a une sténose, et potentiellement graves, en raison du risque d'infarctus cérébral - Accident Vasculaire Cérébral (AVC) ou accident Ischémique Transitoire (AIT) - qu'elles entraînent. Les principaux symptômes sont une hémiplégie (une paralysie de la moitié du corps), des difficultés à parler ou une anomalie de la vision d'un oeil.

Echo-Doppler : l'exploration des vaisseaux du cou

Comment se déroule l'écho-doppler ?

Pour dépister la sténose carotidienne, l'examen de référence est l'écho-doppler. Il permet de visualiser l'artère carotide, d'évaluer la bonne circulation du sang dans les vaisseaux du cou et de voir s'il y a sténose et quelle est la taille de la plaque d'athérome. L'IRM permet aussi d'affiner le diagnostic.

La sténose carotidienne est généralement découverte dans trois circonstances :

- Après un AVC ou un AIT, lors du bilan où l'on recherche la cause. On parle de sténoses carotidiennes symptomatiques.

- Lors d'une visite de routine : il n'y a aucun symptôme mais le médecin, en auscultant le cou du patient, entend ce que l'on appelle un "souffle cervical" qui peut révéler une sténose. Il demande alors un écho-doppler pour le vérifier.

- Après un autre événement cardiovasculaire comme un infarctus du myocarde, ou lors d'un contrôle pour le suivi d'une maladie exposant à l'athérosclérose, comme le diabète par exemple, où l'on recherche toutes les localisations possibles des plaques d'athérome.

Comment déboucher la carotide ?

Attention, images de chirurgie ! La partie qui bouche l'artère est progressivement retirée

Avant d'envisager une opération, il faut tout d'abord s'occuper des facteurs de risque : traiter une hypertension artérielle ou un diabète, inciter à l'arrêt du tabac pour se donner le maximum de chance de succès de l'intervention. On s'oriente ensuite vers la chirurgie dans deux principaux cas de figure :

  • quand il y a eu un AVC d'origine carotidienne et que le rétrécissement du calibre de l'artère est supérieur à 50%
  • chez une personne qui n'a pas fait d'AVC mais que le rétrécissement est supérieur à 70%.
     

Cette opération, peu invasive, s'appelle une endartériectomie. Elle présente l'avantage de pouvoir être pratiquée chez des personnes très âgées et ayant des problèmes cardiaques et respiratoires. L'endartériectomie consiste à retirer la partie qui bouche l'artère.

Au-delà du degré de sténose, la décision d'opérer est prise au cas par cas, en fonction de l'état général du patient et du contexte.

Le suivi après l'opération

Avant toute sortie, le chirurgien rend visite au patient afin de vérifier si la cicatrice est saine, s'il n'y a pas d'hématome, ni d'infection

Après avoir été opéré, le patient reste hospitalisé entre trois et quatre jours, durant lesquels il est sous surveillance. "Durant la période d'hospitalisation, on surveille l'aspect neurologique puisque les patients peuvent faire des accidents cérébraux. Il peut aussi y avoir une atteinte des nerfs crâniens due à l'intervention...", explique le Dr Jean-Michel Davaine, chirurgien vasculaire.

Avant toute sortie, le chirurgien rend visite au patient afin de vérifier si la cicatrice est saine, s'il n'y a pas d'hématome, ni d'infection. "On parle souvent de trithérapie pour ces patients vasculaires, qui ont à la fois un traitement antiagrégant plaquettaire (le plus souvent l'aspirine), un traitement pour le cholestérol (statines) et aussi un traitement pour la tension (inhibiteur de l'enzyme de conversion ou bêta-bloquant)", précise le Dr Davaine. Un suivi global à long terme est aussi essentiel pour les patients opérés.

Si les contre-indications à l'endartériectomie sont de plus en plus rares, elles peuvent exister. Dans ce cas, l'alternative est de poser un stent (petit ressort métallique destiné à maintenir la carotide ouverte) en passant par l'artère fémorale. Avec toutefois, un risque d'embolie cérébrale durant la navigation entre l'artère fémorale et la carotide et un risque bien plus élevé de resténose à terme.

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