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Téléphones mobiles et cancer : de nouvelles données rassurantes

Les résultats préliminaires de travaux de grande envergure sur les effets d'une exposition intensive aux ondes radiofréquences des mobiles apparaissent plutôt rassurants.

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Téléphones mobiles et cancer : de nouvelles données rassurantes
Téléphones mobiles et cancer : de nouvelles données rassurantes

Afin d’approfondir les connaissances quant aux effets éventuels de l’exposition intensive d’organismes vivants aux ondes de la téléphonie (systèmes GSM et CDMA), deux études de grande envergure sur des souris ont été initiées à la fin des années 2000 aux États-Unis, sur des fonds publics. Les premiers résultats de ces recherches (menées sur 3.000 rongeurs) ont été présentés ce 2 février sur le site du National Toxicology Program. Le NTP précise que ces données doivent encore faire l’objet d’analyses et de révisions d’ici à fin mars 2018 par des experts indépendants.

Années après années, les craintes quant aux effets cancérogènes de l’utilisation de téléphones mobiles s’amenuisent. Alors que l’utilisation de ces appareils n’a cessé de croître en 30 ans, aucune variation notable du taux de cancer du cerveau n’a été constatée.
Concernant les cancers du système nerveux central, leurs taux apparaissent indépendants de l’utilisation des téléphones. Néanmoins, quelques travaux ont soulevé des interrogations quant à l’influence d’une utilisation particulièrement intensive sur le risque d’apparition de tumeurs (cancéreuses ou non) de certains tissus cérébraux, des glandes salivaires, et du nerf auditif. Diverses limites méthodologiques de ces études empêchent, jusqu’à présent, de conclure formellement à un lien de cause à effet.

Dans ces travaux, les chercheurs ont exposés des rats et des souris, mâles et femelles, aux ondes radiofréquences, au moins neuf heures par jour, au moins cinq jours par semaine, durant quatre semaines pour une partie des rongeurs (à des débits d’absorption spécifique variant de 0 à 9 W/kg), et jusqu’à deux années pour les autres (à des DAS variant de 0 à 6 W/kg).

Dans les expériences sur les souris, concernant l’essentiel des cancers, les différences observées entre les groupes apparaissent statistiquement non significatives (c’est-à-dire qu’elles peuvent raisonnablement être imputées à des variations naturelles entre les animaux). Accessoirement, aucun effet sur la fertilité n’a été observé. Des conclusions analogues ont été formulées pour les rats femelles.

Toutefois, dans les expériences sur les souris, les chercheurs ont observé un nombre significativement plus élevé d’histiocytomes (cellules du tissu conjonctif) cancéreux chez les mâles exposés aux DAS les plus élevés durant deux ans. De même une tendance positive a été identifiée quant à l’élévation du nombre de lymphomes chez les rats mâles les plus exposés.

Dans les expériences sur les rats mâles, une incidence significativement plus élevée de cancers des cellules de Schwann cardiaques ont été observées aux expositions les plus importantes. Or, ce type de cellules sont également celles qui peuvent proliférer dans le cas de tumeurs du nerf auditif. Les chercheurs restent prudents quant aux conclusions, soulignant que d’autres travaux de recherches analogues aboutissent à des conclusions divergentes des leurs.

la rédaction d’Allodocteurs.fr