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Cancer colorectal : l'importance du dépistage

Le cancer colorectal est le troisième plus fréquent après celui de la prostate et du sein. Il fait 18.000 victimes chaque année. Pourtant lorsqu'il est dépisté à temps, c'est l'un des cancers qui se soigne le mieux : on en guérit alors dans neuf cas sur dix.

Rédigé le , mis à jour le

Cancer colorectal : l'importance du dépistage
Cancer colorectal : l'importance du dépistage
Sommaire

Qu'est-ce que le cancer colorectal ?

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent le cancer colorectal.

Avec 43.000 nouveaux cas et près de 18.000 décès par an, le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus meurtrier en France. Pourtant, dépisté à temps, il se guérit dans neuf cas sur dix. Il est donc important, à partir de l'âge de 50 ans, d'effectuer un test de dépistage et d'être attentif à certains signes. Une récente enquête a en effet montré qu'un tiers des malades attendent plus de six mois après l’apparition de symptômes spécifiques avant de consulter.

Comme son nom l'indique, le cancer colorectal touche deux organes incontournables de la digestion : le côlon et le rectum. Le côlon, aussi appelé gros intestin, mesure 1 mètre 60. Il est constitué de plusieurs parties : le caecum, le côlon ascendant, le côlon transverse, le côlon descendant, et le sigmoïde. Le tout se termine par le rectum et l'anus. Les cellules qui tapissent le côlon sont chargées de réabsorber l'eau et le reste des nutriments. Quant au rectum, il est essentiellement une zone de stockage des matières fécales.

Le plus souvent, c'est au niveau des cellules du sigmoïde ou du rectum que prennent naissance la plupart des cancers colorectaux. Les cellules se dérèglent, elles se multiplient alors de façon anarchique pour former une masse. Elles prennent naissance généralement au sein d'un polype. Ce polype peut être bénin (sans danger) mais il peut aussi être malin, c'est-à-dire cancéreux. Seule une biopsie détermine le type de polype.

Le cancer colorectal a la particularité de se développer lentement. Quand il est diagnostiqué tôt, les chances de guérison approchent les 100%. Les malades ont en moyenne 70 ans lorsqu'on découvre leur cancer. Mais dès 50 ans, le risque de cancer colorectal augmente réellement.

Qu'est-ce qu'une coloscopie ?

Comment se déroule une coloscopie ?

En cas de test Hemoccult positif, ou dans certains cas bien définis de dépistage systématique, la coloscopie reste le moyen de dépistage le plus efficace.

Mais il est possible de réaliser une coloscopie à titre préventif, c'est d'ailleurs ce que préconise la Société française d'endoscopie digestive pour les personnes à risques. Une enquête vient en effet de démontrer l'intérêt des coloscopies dans le dépistage du cancer colorectal. Sur 100.000 coloscopies réalisées sur un an, 35.000 cancers ont été diagnostiqués assez tôt dans leur développement.

L'importance d'une bonne préparation

Quand le côlon n'est pas bien préparé, la coloscopie ne peut se poursuivre.

Nos journalistes ont aussi assisté à une autre coloscopie, le médecin a tenu à ce qu'ils la filment pour montrer l'importance de bien suivre les règles de la préparation à la coloscopie. Car une mauvaise préparation empêche un bon diagnostic…

L'examen a été interrompu, et un autre a été programmé. Le gastro-entérologue n'avait pas assez de visibilité pour faire un dépistage en règle. C'est donc du temps perdu pour le praticien et pour le patient.

Quand le côlon et le rectum doivent être retirés

Attention images de chirurgie ! Quand les polypes découverts à la coloscopie sont trop volumineux pour être retirés lors de cet examen, il faut passer par la chirurgie.

La chirurgie est le traitement principal du cancer du côlon. Elle consiste à enlever la partie du côlon atteinte par la tumeur ainsi que le réseau de ganglions correspondant. La chirurgie se déroule sous coelioscopie, de simples petites incisions dans l'abdomen du patient permettent d'introduire les instruments et une caméra de contrôle.

La première étape consiste à enlever les ganglions. Pour cela, le chirurgien coupe la veine et l'artère qui vascularisent la partie du côlon concernée. L'analyse de ces ganglions permet d'évaluer la gravité de la maladie et l'indication éventuelle d'une chimiothérapie après la chirurgie.

Une fois les vaisseaux coupés, le chirurgien décolle le côlon de la paroi abdominale pour le rendre mobile. Le chirurgien coupe ensuite le côlon au niveau du haut rectum, il utilise alors une pince qui coupe et agrafe en même temps ce qui évite le risque de contamination.

Pour sortir la pièce, le chirurgien élargit un des orifices de la coelioscopie. Une fois la portion du côlon atteinte par le cancer enlevée, le chirurgien raccorde le côlon au rectum. Il utilise pour cela une pince mécanique qu'il introduit par la voie naturelle. Délicatement les extrémités du côlon et du rectum sont rapprochées. Une fois en contact, la pince mécanique permet de les raccorder l'une à l'autre.

Les résultats des analyses de la pièce opératoire sont connus une dizaine de jours après l'intervention. Une équipe pluridisciplinaire décide alors si une chimiothérapie est nécessaire pour compléter le traitement chirurgical.

En cas de cancer colorectal, les médecins font tout pour préserver la continuité digestive. Mais quand les lésions sont trop importantes, le plus sûr est de retirer le côlon et le rectum, et de poser une stomie.

Il s'agit d'une opération particulièrement radicale. Un cancer colorectal est traité de plusieurs façons selon sa gravité. Cela ne doit pas vous dissuader de vous faire dépister !

Cancer colorectal : les progrès de la chirurgie

Attention, images de chirurgie ! La chirurgie assistée par robot

Lorsque le cancer colorectal est diagnostiqué à un stade avancé, il est souvent nécessaire d'enlever les parties malades du côlon ou du rectum. Pour faciliter le retrait de la tumeur, les chirurgiens sont parfois assistés d'un robot.

Depuis une console, le chirurgien commande tous les gestes de l'intervention et bénéficie d'une vision en trois dimensions.

Qu'est-ce qu'un polype ?

À quoi ressemble un polype ?

Il existe une maladie héréditaire qui majore le risque de développer un cancer colorectal. C'est la polypose, qui touche près d'une naissance sur 11.000 et provoque l'apparition de très nombreux polypes sur tout l'appareil colorectal.

Des coloscopies régulières sont nécessaires pour surveiller leur évolution et déterminer si une chirurgie préventive est indiquée.

La mucosectomie colorectale

Attention, images de chirurgie ! Comment se déroule la mucosectomie colorectale

La coloscopie est l'examen le plus répandu pour détecter les tumeurs naissantes du côlon et du rectum. On peut alors trouver des polypes, des petites excroissances, ou des lésions planes et étendues qui peuvent aussi évoluer en cancer. Le retrait de ces tumeurs planes s'appelle la mucosectomie.

La mucosectomie se déroule de la même façon qu'une coloscopie. Cette technique permet d'enlever les lésions superficielles qui autrefois passaient inaperçues et nécessitaient l'ablation d'une partie du côlon.

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