1. / Maladies
  2. / Cancer
  3. / Cancer colorectal

Cancer colorectal : l'importance du dépistage

Le cancer colorectal est le troisième plus fréquent après celui de la prostate et du sein. Il fait 18.000 victimes chaque année. Pourtant lorsqu'il est dépisté à temps, c'est l'un des cancers qui se soigne le mieux : on en guérit alors dans neuf cas sur dix.

Rédigé le , mis à jour le

Cancer colorectal : l'importance du dépistage
Cancer colorectal : l'importance du dépistage
Sommaire

Qu'est-ce que le cancer colorectal ?

Marina Carrère d'Encausse et Régis Boxelé expliquent le cancer colorectal

En France, le cancer colorectal est responsable de près de 18.000 décès par an. C'est le deuxième cancer chez les femmes et le troisième chez les hommes. Il survient en grande majorité chez les personnes âgées de 50 ans et plus, d'où l'importance de se faire dépister.

Le côlon correspond au gros intestin. Il se termine par le sigmoïde en forme de S et se prolonge par le rectum. Environ 60% de ces cancers touchent le sigmoïde et 40% le rectum. Les cancers colorectaux se développent dans les cellules qui tapissent la paroi interne du côlon.

Dans plus de 80% des cas, le point de départ est un polype. Au départ, il s'agit d'une grosseur bénigne mais qui peut lentement évoluer vers une tumeur cancéreuse. Le basculement se produit quand les gènes qui commandent le rythme de multiplication des cellules se dérèglent. Au lieu de mourir, elles se multiplient de façon anarchique pour grossir de plus en plus.

Quand la tumeur ne traverse pas la paroi intestinale, on dit que le cancer n'est pas encore invasif. Il est alors possible de le traiter chirurgicalement. En revanche, quand il s'est propagé, il prend une forme agressive, il faut alors choisir une autre stratégie thérapeutique.

Depuis 2009, le dépistage du cancer colorectal a été étendu à l'ensemble du territoire national. Il concerne tous les deux ans les personnes âgées de 50 à 74 ans. Quand il est diagnostiqué tôt, les chances de guérison approchent les 100%.

Qu'est-ce qu'une coloscopie ?

Comment se déroule une coloscopie ?

En cas de test Hemoccult positif, ou dans certains cas bien définis de dépistage systématique, la coloscopie reste le moyen de dépistage le plus efficace.

Mais il est possible de réaliser une coloscopie à titre préventif, c'est d'ailleurs ce que préconise la Société française d'endoscopie digestive pour les personnes à risques. Une enquête vient en effet de démontrer l'intérêt des coloscopies dans le dépistage du cancer colorectal. Sur 100.000 coloscopies réalisées sur un an, 35.000 cancers ont été diagnostiqués assez tôt dans leur développement.

L'importance d'une bonne préparation

Quand le côlon n'est pas bien préparé, la coloscopie ne peut se poursuivre.

Nos journalistes ont aussi assisté à une autre coloscopie, le médecin a tenu à ce qu'ils la filment pour montrer l'importance de bien suivre les règles de la préparation à la coloscopie. Car une mauvaise préparation empêche un bon diagnostic…

L'examen a été interrompu, et un autre a été programmé. Le gastro-entérologue n'avait pas assez de visibilité pour faire un dépistage en règle. C'est donc du temps perdu pour le praticien et pour le patient.

Quand le côlon et le rectum doivent être retirés

Attention images de chirurgie ! Quand les polypes découverts à la coloscopie sont trop volumineux pour être retirés lors de cet examen, il faut passer par la chirurgie.

La chirurgie est le traitement principal du cancer du côlon. Elle consiste à enlever la partie du côlon atteinte par la tumeur ainsi que le réseau de ganglions correspondant. La chirurgie se déroule sous coelioscopie, de simples petites incisions dans l'abdomen du patient permettent d'introduire les instruments et une caméra de contrôle.

La première étape consiste à enlever les ganglions. Pour cela, le chirurgien coupe la veine et l'artère qui vascularisent la partie du côlon concernée. L'analyse de ces ganglions permet d'évaluer la gravité de la maladie et l'indication éventuelle d'une chimiothérapie après la chirurgie.

Une fois les vaisseaux coupés, le chirurgien décolle le côlon de la paroi abdominale pour le rendre mobile. Le chirurgien coupe ensuite le côlon au niveau du haut rectum, il utilise alors une pince qui coupe et agrafe en même temps ce qui évite le risque de contamination.

Pour sortir la pièce, le chirurgien élargit un des orifices de la coelioscopie. Une fois la portion du côlon atteinte par le cancer enlevée, le chirurgien raccorde le côlon au rectum. Il utilise pour cela une pince mécanique qu'il introduit par la voie naturelle. Délicatement les extrémités du côlon et du rectum sont rapprochées. Une fois en contact, la pince mécanique permet de les raccorder l'une à l'autre.

Les résultats des analyses de la pièce opératoire sont connus une dizaine de jours après l'intervention. Une équipe pluridisciplinaire décide alors si une chimiothérapie est nécessaire pour compléter le traitement chirurgical.

En cas de cancer colorectal, les médecins font tout pour préserver la continuité digestive. Mais quand les lésions sont trop importantes, le plus sûr est de retirer le côlon et le rectum, et de poser une stomie.

Il s'agit d'une opération particulièrement radicale. Un cancer colorectal est traité de plusieurs façons selon sa gravité. Cela ne doit pas vous dissuader de vous faire dépister !

Cancer colorectal : les progrès de la chirurgie

Attention, images de chirurgie ! La chirurgie assistée par robot

Lorsque le cancer colorectal est diagnostiqué à un stade avancé, il est souvent nécessaire d'enlever les parties malades du côlon ou du rectum. Pour faciliter le retrait de la tumeur, les chirurgiens sont parfois assistés d'un robot.

Depuis une console, le chirurgien commande tous les gestes de l'intervention et bénéficie d'une vision en trois dimensions.

Qu'est-ce qu'un polype ?

À quoi ressemble un polype ?

Il existe une maladie héréditaire qui majore le risque de développer un cancer colorectal. C'est la polypose, qui touche près d'une naissance sur 11.000 et provoque l'apparition de très nombreux polypes sur tout l'appareil colorectal.

Des coloscopies régulières sont nécessaires pour surveiller leur évolution et déterminer si une chirurgie préventive est indiquée.

La mucosectomie colorectale

Attention, images de chirurgie ! Comment se déroule la mucosectomie colorectale

La coloscopie est l'examen le plus répandu pour détecter les tumeurs naissantes du côlon et du rectum. On peut alors trouver des polypes, des petites excroissances, ou des lésions planes et étendues qui peuvent aussi évoluer en cancer. Le retrait de ces tumeurs planes s'appelle la mucosectomie.

La mucosectomie se déroule de la même façon qu'une coloscopie. Cette technique permet d'enlever les lésions superficielles qui autrefois passaient inaperçues et nécessitaient l'ablation d'une partie du côlon.

La dissection sous-muqueuse

Attention, images de chirurgie ! Comment se déroule la dissection sous-muqueuse

Une technique récente permet de retirer le polype tout en préservant une partie du côlon. Il s'agit de la dissection sous muqueuse par endoscopie chirurgicale.

Cancer colorectal : bientôt des traitements personnalisés ?

Reportage du 12 mars 2018 - Le traitement génétique personnalisé est une stratégie prometteuse amenée à se développer contre le cancer du côlon

Dans la grande majorité des cas, pour un même cancer du côlon, une même chimiothérapie est prescrite à tous les patients. Mais un cancer peut avoir différentes causes génétiques. Pour mieux traiter, il faut donc s'intéresser aux gènes de la tumeur du patient.

Pour rechercher les causes du cancer dans l'ADN des cellules malades, des cellules tumorales sont récupérées grâce à une biopsie et une prise de sang pour analyse. À partir du prélèvement de la tumeur, une fine couche de tissu est découpée pour être fixée sur une lame. Le prélèvement est ensuite mélangé à une solution qui éclate les cellules afin d'en libérer l'ADN.

S'ensuit alors une étape de purification dans un automate. Puis, une recherche de mutation est réalisée dans une zone protégée. Il faut en effet éviter la contamination de l'ADN extrait. Pour savoir si l'extrait d'ADN d'un patient porte ou non une mutation, une première étape est indispensable, elle consiste à amplifier le signal des gènes qui pourraient être porteurs d'anomalies responsables d'un cancer. Durant plusieurs heures, un automate multiplie le signal des gènes sélectionnés par le biologiste.

Un séquenceur va ensuite jouer le rôle de lecteur d'ADN. Chaque molécule qui constitue le génome, les fameuses bases ACGT, est décryptée par la machine et comparée à une séquence d'ADN normale. La machine détecte alors une différence et la mutation est identifiée.

Cette recherche génétique permet de prescrire au patient un traitement adapté à sa mutation. Certains patients peuvent ainsi bénéficier d'un traitement génétique personnalisé, une stratégie prometteuse amenée à se développer contre le cancer du côlon.

Voir aussi sur Allodocteurs.fr

Sponsorisé par Ligatus