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L'ambroisie : un vrai cauchemar pour les allergiques

Le pollen d'ambroisie est très allergène et agressif. Et comme chaque plant peut dégager plus d'un million de grains de pollen, les nuages de pollen sont très denses et les symptômes plus violents. Explications.

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L'ambroisie : un vrai cauchemar pour les allergiques

En été, Patrick mène des opérations de détection d'ambroisie. Pour les habitants de la région lyonnaise, cette plante envahissante et très allergisante peut devenir un vrai cauchemar. Depuis que Patrick a emménagé dans la région, il est allergique à cette plante. Et c'est lorsqu'elle fleurit, à partir du mois d'août, que les symptômes apparaissent : yeux qui pleurent, nez qui coule, maux de tête, grande fatigue...

L'ambroisie peut aussi provoquer de graves crises d'asthme. Alors pour éviter une telle situation, il faut parfois multiplier les traitements : "Il y a d'abord comme traitement contre l'allergie à l'ambroisie, des traitements dits symptomatiques, contre les symptômes. On peut ainsi prendre des antihistaminiques par la bouche, on peut prendre des collyres pour traiter la conjonctivite ou des traitements dans le nez pour décongestionner et surtout, on peut prendre un traitement pour les bronches contre l'asthme, un traitement inhalé pour ouvrir les bronches. Enfin, quand on a bien identifié son allergie à l'ambroisie, on va proposer une désensibilisation", explique le Dr Thuong Nhan Pham-Thi, allergologue.

C'est dans les années 60 que l'ambroisie fait son apparition dans la région Rhône-Alpes. Drôme, Ardèche, Isère… ces départements restent aujourd'hui les plus touchés en France. Mais peu à peu, la plante envahit de nouvelles zones comme le confirme Bruno Chauvel, chercheur à l'Inra : "Plusieurs facteurs expliquent que l'ambroisie gagne du terrain. L'ambroisie a tout d'abord trouvé des milieux favorables qui n'existaient peut-être pas avant. Au niveau de l'agriculture, il y a une relâche de la pression herbicide qui favorise l'espèce. Enfin, on peut parler changement climatique, c'est-à-dire qu'on a des hivers sans gel précoce et violent ce qui fait que l'espèce peut grainer et occuper des territoires qu'elle n'occupait pas auparavant".

Mais pour les communes les plus touchées, il faut agir. La fin du mois de juin est idéale pour mener des opérations d'arrachage. Il convient ainsi d'arracher l'ambroisie avant qu'elle fleurisse pour éviter qu'elle libère son pollen et qu'elle devienne allergisante. Pour les associations, ces opérations sont aussi l'occasion de sensibiliser les habitants.

"En arrachant l'ambroisie, on est sûr de l'éliminer. Elle ne repousse pas. C'est une plante annuelle donc dès qu'on l'arrache, elle ne repoussera pas. Cela ne veut pas dire qu'il ne reste pas des graines dans le sol qui repartiront l'année d'après. Il faudra donc peut-être revenir l'année suivante pour refaire de l'arrachage mais au moins on est sûr que cette année, ces plantes ne fleuriront pas et n'enverront pas de pollen dans l'air", précise Emilie Moine, animatrice du pôle plantes invasives de la Maison de l'eau et de l'environnement.

Aujourd'hui en France, la plante n'est toujours pas maîtrisée. Dans les régions les plus touchées, plus de 10% de la population est allergique à l'ambroisie.

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