Chirurgie : se lever dès la salle de réveil pour accélérer la guérison

Se lever et marcher à peine deux heures après une lourde intervention chirurgicale, c’est maintenant possible. Une équipe marseillaise a même prouvé que cela réduisait les complications postopératoires. Reportage.

Géraldine Zamansky
Rédigé le
Chirurgie : debout dès la salle de réveil
Chirurgie : debout dès la salle de réveil  —  Le Mag de la Santé - France 5

À l’hôpital Nord de Marseille, les patients qui peuvent marcher vont à pied au bloc opératoire, sous l’escorte de l’équipe d’anesthésistes. Et ils sont prévenus, la marche devrait reprendre dès la salle de réveil, pour que leur organisme récupère plus vite.  

La salle de réveil n'est plus une "salle de sommeil"

"Avant, la salle de réveil était un peu la salle de sommeil. Finalement, on disait aux gens de dormir de se reposer et maintenant, on utilise vraiment cette salle comme une salle de réveil. C'est-à-dire on réveille les gens et on les mobilise. Avant, on voulait un malade qui dort et qui n’ait pas mal, maintenant, on préfère un malade qui marche", explique le Dr Laurent Zieleskiewicz, anesthésiste réanimateur à l'hôpital Nord de Marseille.

Si Germaine peut envisager de marcher juste après l’intervention, c’est grâce aux nouveaux produits anesthésiants qui ont moins d’effets secondaires et à la péridurale mise en place au niveau de son thorax. Cette dernière restera au moins 24 heures, pour supprimer les douleurs liées à une grande incision entre les côtes.

Diminuer les risques de complications

Germaine subit une opération pour corriger une hernie hiatale très importante qui comprime ses poumons. L’un d’eux doit être mis au repos le temps de l’opération. Une fois la hernie réparée, le poumon gauche est remis en fonction par les anesthésistes. Pour éviter les complications, comme prévu, Germaine commence sa rééducation respiratoire dès la salle de réveil. Tout juste deux heures après sa sortie du bloc opératoire.  

Avant de se mettre debout, elle effectue des exercices respiratoires pour solliciter ses poumons. Une fois cette première étape réussie, l’équipe va se renforcer pour aider Germaine à se lever.  
 
"En rajoutant spécifiquement cette réhabilitation dès la salle de réveil, on arrive à diminuer leur durée de séjour à l’hôpital d'un jour. On diminue considérablement les infections pulmonaires et les complications", commente le Dr Laurent Zieleskiewicz. 

Accélérer la guérison

Germaine réussit ainsi à marcher en étant soutenue et surveillée de près. Deux heures après sa thoracotomie, elle est capable de marcher. Cela va tout changer, car les infirmières n’auront pas peur de la lever, et elle non plus. Ce qui va vraiment accélérer sa guérison. 
 
Le bilan de ces 60 mètres de marche fait que la douleur est passée de trois à zéro sur dix. Cela fait aussi partie des bénéfices de cet exercice post-opératoire. 

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