Un robot assiste le chirurgien dans l'opération du cancer de la vessie

L'ablation totale de la vessie est une opération lourde mais depuis quelques années, certaines équipes la pratiquent à l’aide d’un robot, afin de diminuer les complications.

Maroussia Renard
Rédigé le , mis à jour le

Le patient opéré ce matin a été alerté par du sang dans les urines. Le diagnostic de cancer de la vessie a été posé il y a 3 mois, sa tumeur est à un stade avancé. 

"On va lui enlever la vessie et la prostate et lui reconstituer une nouvelle vessie avec de l’intestin pour qu’il puisse uriner par les voies naturelles normales" explique le Dr Jérôme Parra, chirurgien urologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Aujourd’hui, cette opération lourde est réalisée à l’aide d’un robot. C'est une technologie de pointe qui permet de réduire les complications. 
Le robot est amarré au patient pour cibler l’organe sur lequel le chirurgien veut travailler.

Reproduire les mouvements du chirurgien

Le chirurgien peut alors s’installer sur sa console. Le regard plongé dans un appareil de vision 3D, ses mains actionnent les commandes. Ce sont les bras du robot qui reproduisent ses gestes à l’intérieur du ventre du patient. 

"L’extrémité des instruments est totalement articulée, explique le Dr Jérôme Parra, c'est un peu comme des poignets. Cela revient à faire ce qu’on pourrait faire mais en beaucoup plus petit à l’intérieur". 

1ère étape le curage ganglionnaire

La première étape consiste à faire un curage ganglionnaire. Le médecin découpe la graisse qui entoure la vessie et qui emprisonne les ganglions lymphatiques. C'est une étape cruciale car les ganglions sont les premiers à être envahis par les cellules cancéreuses lorsque la tumeur se développe. 

C'est un travail fastidieux mais indispensable. Il faudra deux heures au chirurgien pour retirer tous les ganglions. 
Le curage est le morceau de gras qui contient les ganglions qui drainent la vessie. Il est maintenant terminé, les vaisseaux sont complètement libérés du gras. 

Retrait nécessaire de la prostate

Une fois la zone nettoyée, le chirurgien disséque la vessie. Il doit aussi retirer la prostate car ces deux organes sont intriqués et il y a un risque trop important d’extension de la tumeur. 

Les deux organes doivent être isolés dans un sac pour éviter que des cellules cancéreuses s’échappent de la tumeur initiale. 

"Maintenant on va reconstruire la vessie, pour ça on prend un morceau d’intestin. On ne peut pas prendre de poche synthétique en silicone ou autre parce qu’au contact des urines, les corps étrangers se calcifient… Il faut quelque chose de vivant et la seule partie qui est en excédent, qu’on peut utiliser, c’est l’intestin", détaille le Dr Jérôme Parra, chirurgien urologue, hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Reconstruire la vessie avec de l'intestin

Le chirurgien prélève 40 cm d’intestin grêle, qu’il va remodeler pour transformer ce tuyau en poche. Pour cela il réalise des dizaines de sutures toutes plus délicates les unes que les autres. 

Dr Jérôme Parra, chirurgien urologue, hôpital de la Pitié-Salpêtrière : "Il faut être vigilant pendant la couture. C’est de l’intestin, c’est fragile. Il ne faut pas déchirer l’intestin, ne pas trop serrer les coutures, que le sang arrive bien jusqu’à l’intestin… il faut être assez minutieux pour qu’on soit à la fois solide et étanche". 
Maintenant on va gonfler la vessie pour voir si ce qu’on a fait est étanche. On vérifie que les coutures sont bien partout, qu’il n’y a pas de fuites autour et on va désamarrer le robot pour enlever la vessie". 

La vessie malade et la prostate sont retirées. Le patient restera hospitalisé une quinzaine de jours. Il devra ensuite suivre des séances de rééducation pour apprendre à vivre avec cette nouvelle vessie.