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T'as joui ? Une parole libre sur la sexualité des femmes

Rédigé le 21/09/2018 / 0

Tout est parti d'une question "T'as joui...?" qui a provoqué la colère d'une journaliste, Dora Moutot, à l'origine du compte du même nom sur Instagram. Un engouement sans précédent est né, révélant le mal-être sexuel de nombreuses femmes.

"J'ai créé ce compte à cause d'un ras-le-bol, explique Dora Moutot. Un homme m'a expliqué que la sexualité féminine était très compliquée et mystérieuse, que les femmes jouissaient de façon plus cérébrale, qu’il fallait être investie dans la relation et amoureuse. Ce n'était pas la première fois que j'entendais ce discours, de la part d'hommes faussement bienveillants, qui ne connaissent pas forcément l'anatomie de la femme et qui ne se remettaient pas en question..." Un certain nombre d'hommes se préoccupent peu du plaisir de leur partenaire, soit parce qu'ils ne savent pas que la pénétration seule suffit rarement à faire jouir une femme, méconnaissant ainsi le rôle phare du clitoris, soit parce qu'ils sont centrés exclusivement sur leur plaisir à eux.

En publiant ce coup de gueule sur Instagram, de nombreux témoignages de femmes affluent, comme celui de cette jeune femme : "une fois qu'il a joui, il s'endort et moi, je suis frustrée et je me masturbe dans les toilettes". Ils sont énervés, touchants, en colère, émouvants... Ils illustrent surtout à quel point la sexualité des femmes n'est pas encore épanouie : " J'avais l'impression de dire du bon sens mais en fait, ça libère certaines femmes, commente la journaliste. Avant ce projet, je n'avais jamais intellectualisé les choses, ma réaction me semblait très naturelle mais il y a beaucoup de femmes qui n'ont jamais mis de miroir devant leur sexe ou qui n'osent pas se masturber... Il y a tellement de croyances autour de la sexualité féminin."

Les idées reçues encore nombreuses

Beaucoup de préjugés entourent en effet ce domaine. Ainsi, une jeune femme a longtemps estimé que l'orgasme féminin découlerait de l'éjaculation de son partenaire... La femme ne serait pas autonome dans son plaisir, qui serait forcément dépendant de l'homme.

" Soit on est dans le plaisir masculin et par le regard masculin, soit on est dans un truc de romantisation à l'extrême où l'homme est nécessaire, analyse Dora Moutot. On est toujours dans l'extrême et c'est compliqué de trouver le juste milieu. Il y a pourtant des réalisatrices de X qui sont des femmes mais la plupart des contenus qui éduquent les femmes sont payants et elles ne sont pas prêtes à payer pour avoir un contenu de qualité..."

Autre cheval de bataille de la jeune femme, la simulation. "Je peux comprendre que si ça ne va pas, ce soit plus facile de terminer le rapport en simulant ou de flatter son partenaire si ça simplifie la relation, reconnaît-elle. Mais les hommes ne sont pas devins et si on ne les met pas face au fait que l'on n'est pas proche de la jouissance, ils ne peuvent pas le savoir ! Cela revient à se tirer une balle dans le pied" Et aussi tirer une balle dans le pied des partenaires suivantes car l'homme a alors peu de moyen de progresser dans sa connaissance du corps féminin si aucune ne lui apprend son fonctionnement...

Libérer la parole des femmes... et des hommes

Le compte a l'énorme qualité de libérer la parole des femmes : "J'ai énormément de femmes qui ont des prises de conscience et qui osent s'affirmer vis-à-vis de leur partenaire, qui osent réclamer, s'enthousiasme la journaliste. Je pense vraiment que ce que je dis est du bon sens, un simple coaching, même si j'ai un certain nombre d'attaques de la part de sexologue..."

Dora Moutot a pourtant une parole libérée, honnête, spontanée, qui a l'immense mérite d'engager les femmes à être plus consciente de leur sexualité, et les hommes à prendre conscience du plaisir de la femme et de son fonctionnement.

Instagram : T'as joui