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Il n'éjacule et ne jouit qu'en se masturbant

Rédigé le 19/07/2019 / 0

Chez les hommes, dans la très grande majorité des cas, l'éjaculation et l'orgasme sont concomitants. L'impossibilité à jouir s'appelle une anorgasmie et à éjaculer  une anéjaculation. Elle peut survenir dans toutes les circonstances ou seulement dans certaines, comme la pénétration, alors que la masturbation conduit à l'éjaculation... Quelles en sont les raisons ? Et surtout les solutions ?

Le fait que l'éjaculation soit obtenue avec la masturbation signifie que tout fonctionne sur le plan organique. Les raisons de l'anéjaculation dans le corps (vagin, bouche, rectum, main) de son ou sa partenaire sont donc à chercher ailleurs, et notamment dans sa pratique sexuelle et dans sa tête.

Le conditionnement par une masturbation inadaptée

Après une période de "disette sexuelle" et/ou le visionnage intensif de X, l'homme a pu se masturber très rapidement et mécaniquement pour assouvir une pulsion et obtenir cette décharge qu'est l'éjaculation. Elle se fait alors différemment de la progressive montée de plaisir qu'il peut y avoir durant un rapport, plus lente et érotique et aboutissant à un orgasme. Ce type de masturbation est très connu pour provoquer une anéjaculation durant la pénétration (anéjaculation coïtale). Après des années à fonctionner ainsi, le corps peut être conditionné à aller au bout du plaisir de cette façon. Façon qui est très différente d'une bouche, d'un vagin ou d'un rectum, notamment s'il y a une technique particulière de masturbation (en exerçant des pressions très fortes autour du pénis avec la main ou en rabattant le pénis vers le bas par exemple)... Eventuellement, le ou la partenaire pourra obtenir une éjaculation en masturbant l'homme de la façon dont il a l'habitude de le faire.

S'il y a une souffrance de l'homme et/ou du/de la partenaire, la prise en charge consiste alors à se déconditionner et à retrouver le plaisir de la sensualité et de l'érotisme, plus en douceur qu'une masturbation trop rapide et brutale juste pour éjaculer. La masturbation peut être un bon outil de connaissance de soi, à condition de la pratiquer différemment, en apprenant à jouer avec son excitation, en la faisant monter plus lentement. Soit lors d'une excitation spontanée, soit en faisant appel à son imaginaire érotique, mais sans visionner de X (la vue des images et de situations souvent caricaturales brouille l'excitation ressentie durant un rapport classique), et en retrouvant un plaisir plus lent. La technique de masturbation sera modifiée : ce n'est plus la main qui bougera sur le pénis mais le bassin qui s'avancera et reculera pour bouger le pénis dans la main. C'est plus proche ainsi du va et vient des doigts.

Le ou la partenaire est idéalement associé(e) à la prise en charge ; une bonne dose de compréhension et de patience sont nécessaires mais quand il y a de l'amour et le plaisir conjoint au bout, cela vaut le coup ! Durant le rapport, la pénétration est privilégiée, ou la fellation. L'homme peut se masturber (ou le/la partenaire peut le faire) à la fin si c'est nécessaire pour faire monter l'excitation suffisamment haut pour se rapprocher de l'éjaculation, mais l'éjaculation se fera dans le corps du/de la partenaire... Ce qui va nécessiter une bonne connaissance de son corps pour revenir dans le vagin. Le déconditionnement est progressif et il nécessite un apprentissage et de la pratique. S'il y a une addiction au X en parallèle, elle devra être prise en charge également par un sexologue.

Le blocage inconscient 

L'incapacité à jouir dans le corps de son/sa partenaire peut provenir d'un blocage inconscient. Le manque de lâcher-prise en est une cause très fréquente : l'homme reste dans le contrôle même durant l'étreinte et n'arrive pas à lâcher prise avec son/sa partenaire et à s'abandonner à elle. Cela peut être en lien avec une personnalité psychorigide, toujours dans le contrôle, ou il y a une difficulté à faire totalement confiance à une femme pour ne pas dépendre d'elle et prendre le risque de souffrir... L'anéjaculation coïtale concerne davantage les hétérosexuels que les homosexuels. L'histoire personnelle et familiale donne souvent un éclairage intéressant, notamment avec l'aide d'un psychologue pour comprendre les origines de cette incapacité.

D'autres raisons peuvent expliquer un blocage inconscient :

  • la peur d'une grossesse (quand l'éjaculation a lieu dans le vagin, et même si la partenaire prend une contraception). Notamment quand une précédente partenaire est tombée enceinte alors que ce n'était pas voulu.
  • la conviction que le sperme est sale (souvent associé à une vision mauvaise de la sexualité et du plaisir, en lien avec une éducation les culpabilisant).
  • la volonté inconsciente de ne pas accorder le plaisir de l'éjaculation à la femme. Là encore, l'aide d'un psychologue est souvent nécessaire pour débloquer la situation, avec un travail sur la femme, la relation de couple, le plaisir, la dépendance ou encore le lâcher-prise ; une thérapie de couple peut aider à renforcer la confiance et l'abandon des défenses entre les partenaires.
  • une phobie du vagin, souvent en lien avec une histoire compliquée avec la mère ou une autre femme. Remonter le fil du temps pour comprendre comment cette phobie s'est mise en place donne quelques clés.

Pour lever un blocage inconscient, la prise en charge prend en compte les différents versants : psychologiques, relationnels, sexuels. Une psychothérapie, notamment cognitivo-comportementale, permettra de comprendre ce qu'il se passe dans la tête de l'homme, ce qui déclenche l'éjaculation dans certains cas et la bloque lors du rapport. Dans tous les cas, une thérapie associée avec l'hypnose ou la sophrologie peut être intéressante pour lever le blocage et apprendre à faire confiance au/à la partenaire.

La masturbation sera intégrée au rapport sexuel et se fera en couple (chacun se caresse). Puis le couple alternera masturbation et pénétration puis progressivement en finissant dans le vagin. Réinjecter du jeu dans la sexualité et de l'érotisme, aidera à ne pas dramatiser l'absence d'éjaculation.

Quelle que soit l'origine, en parler à deux est nécessaire pour rassurer le ou la partenaire est important car il/elle va douter de sa capacité à exciter suffisamment son partenaire. Cela permettra aussi de faire comprendre qu'insister pour qu'il éjacule revient à lui mettre une pression supplémentaire, et va provoquer une appréhension du rapport suivant, retardant encore plus l'éjaculation. Un cercle vicieux se met alors en place... C'est tout l'intérêt d'une thérapie de couple, au sein de la prise en charge sexologique car l'anéjaculation coïtale est parfois aussi mal vécue par l'homme qui en souffre que son/sa partenaire...

Une excitation insuffisante

Parfois, l'homme peut être incapable durant le rapport de faire monter son excitation suffisamment haut pour provoquer l'éjaculation. Soit parce qu'il se masturbe en regardant trop de X (détails ci-dessus), soit parce que le rapport à deux ne l'excite pas assez (positions et pratiques qui ne lui conviennent pas sans qu'il ose les modifier, partenaire qu'il respecte trop,...).

La prise en charge sera focalisée sur le couple pour améliorer la communication et permettre le partage des positions et pratiques sexuelles. Un travail sur l'imaginaire érotique est aussi nécessaire pour stimuler l'excitation car le cerveau est le premier organe sexuel ! La thérapie tentera de comprendre ce qui bloque l'excitation, quel est le rapport avec la femme,... La thérapie de couple est également indiquée pour ftravailler sur la relation et la sexualité, et faire des ajustements.

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