Nos petits gourmands ne sont pas des gourmets !

Les bonnes habitudes se perdent et c'est bien dommage quand il s'agit de l'assiette ! Elevés aux surgelés et aux plats préparés, les enfants d'aujourd'hui en oublient le goût des aliments et surtout leurs origines. Dans une récente enquête, l'Association Santé Environnement France révèle que 87% des enfants ignorent ce qu'est une betterave.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Pour faire des frites, il faut des patates, du steak haché… de la vache. Quant aux petits cubes violets, juste à côté de la tomate… ils proviennent de ce qu'on appelait autrefois une betterave. Ca vous paraît évident ! Mais ça ne l'est pas pour tout le monde. L'ASEF, Association Santé Environnement France, publie aujourd'hui les résultats d'une vaste étude qu'elle a menée le mois dernier auprès de 910 enfants âgés de 8 à 12 ans. Recrutés dans des écoles, en classes de CE1, CE2 et CM1 en région PACA, ces enfants ont répondu à un questionnaire (voir photo ci-contre).

Trop de sucre

"Que manges-tu au petit déjeuner ? Au goûter ?", "Rajoutes-tu de la sauce, du sel ou du sucre dans tes plats ?" ou encore "Que bois-tu à table ?". À ces questions simples, les enfants ont eu des réponses très caloriques. "À table, un quart des enfants boit du sirop, du jus de fruit ou du soda !", s'exclame le Dr Souvet, "après on s'étonne qu'une fois adultes, ils aient du diabète. À table on doit boire de l'eau !".

Ce cardiologue fait partie des médecins fondateurs de l'association, il est à l'initiative de cette étude. En consultation, le Dr Souvet voit de plus en plus de personnes souffrant de diabète, d'hypertension artérielle ou de surpoids, et chez qui ces pathologies sont notamment apparues à cause de mauvaises habitudes alimentaires.

"Si l'on acquiert de mauvaises habitudes alimentaires quand on est enfant, on les garde toute la vie. Et une fois adulte, il est très difficile d'y renoncer. Même malades, mes patients ont du mal à se passer de sucre. Ils sont addicts", s'inquiète le médecin.

Trop de plats préparés

"Autrefois, on faisait plus la cuisine, aujourd'hui les mères de famille ont trop souvent recours aux plats préparés. Et ces plats préparés sont bien trop salés", poursuit-il. Or, cette alimentation salée peut être responsable de l'hypertension. D'après l'étude, seuls 20% des enfants ne rajouteraient pas de sel ou de sucre à leurs mets. Quant aux sauces mayonnaise et ketchup, ils sont 10% à avouer en rajouter systématiquement.

"Il faudrait inventer un étiquetage semblable à celui créé pour l'électroménager", préconise l'ASEF. "Depuis que les fabricants sont obligés d'afficher la consommation énergétique, les frigos classés E ou D, ont disparu des rayons. On ne voit que des A+++! Si les plats trop gras, trop salés, trop sucrés mauvais pour la santé étaient ainsi classés, les consommateurs s'en détourneraient et les industriels cesseraient d'en proposer". Une démarche incitative que l'association tente de défendre depuis septembre 2012 auprès du ministre de l'Agroalimentaire, Stéphane Le Foll.

Pas assez de cuisine

Autre inconvénient des plats préparés, ils ne favorisent pas l'éducation au goût. "Les enfants mangent des frites sans même savoir qu'elles proviennent d'une pomme de terre. Pour eux, elles tombent du sac !", s'étonne le cardiologue (voir diagramme ci-contre).

Et quand on leur montre une photo de betterave 87% ne savent pas de quoi il s'agit, même chose pour le steak haché, ils sont près de 60% à ne pas savoir que derrière se cache un bœuf. "Je me doutais, que les résultats ne seraient pas très bons, mais à ce point c'est stupéfiant".

Aujourd'hui, l'association milite pour que les familles réapprennent à faire la cuisine et que l'école prenne le relais en proposant aux enfants de découvrir les légumes tout juste sortis de terre. "Marteler le  discours : 5 fruits et légumes par jour, c'est bien mais ça ne suffit pas", claironne-t-elle. 

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