La Chine sous un nuage de pollution

Un large brouillard de particules nocives explose l'indice de qualité de l'air et menace la santé des Chinois. Une pollution atmosphérique d'une densité inédite qui affecte les transports routiers, causant des annulations de vols dans les aéroports, un afflux de patients dans les services de pneumologie et une ruée sur les masques filtrants.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Dans certaines zones, la densité des particules les plus dangereuses a atteint le seuil de 993 microgrammes par mètre cube, selon le centre de surveillance de l'environnement de la capitale chinoise. Alors que l'OMS recommande une valeur moyenne de 50 microgrammes par mètre cube en 24 heures. Dans l'air, la forte densité de particules de 2,5 microns de diamètre (PM 2,5) est dangereuse.

Les habitants de Pékin ont été incités à demeurer chez eux en évitant les exercices physiques. Plusieurs autres grandes villes chinoises sont également asphyxiées par la pollution, avec une concentration de particules fines jusqu'à quinze fois supérieure au seuil fixé par l'OMS.

Une pollution destructrice

Les PM 2,5 peuvent pénétrer jusqu'aux alvéoles pulmonaires et migrer dans le sang. Ces particules irritent et agressent l'appareil respiratoire. Une forte exposition a alors pour conséquences des affections respiratoires, des maladies cardio-vasculaires et ouvre la voie aux cancers pulmonaires. Les incidences sur la mortalité surviennent très rapidement. Les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées sont les personnes les plus fragilisées face à cette forte pollution.

Pour se protéger, les Chinois utilisent massivement des masques filtrants. Ces derniers retiennent les gaz et les poussières, et épurent l'air respiré. Cependant, dans les atmosphères où l'oxygène manque, le masque n'est d'aucune efficacité.

L'économie au détriment de la santé

La Chine représente la moitié de la consommation mondiale de charbon, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Le pays en tire plus de 70% de son énergie.

Et son appétit est toujours plus grand, car le charbon sert, en plus du chauffage, à produire de l'électricité pour répondre à la demande en hausse constante. Ces dernières années il s'est construit en moyenne une centrale au charbon par semaine en Chine.

A Pékin, les autorités ont exigé la fermeture temporaire d'usines appartenant à 58 groupes différents, notamment le constructeur automobile Hyundai, ainsi que plusieurs grands acteurs de l'industrie chimique.

Mais au-delà des mesures d'urgence, si la Chine souhaite lutter efficacement contre la pollution atmosphérique qui étouffe ses villes, il lui faut prendre des mesures à long terme audacieuses et coûteuses pour restreindre sa dépendance au charbon et promouvoir des alternatives à la circulation automobile, assurent les experts.

La Chine, deuxième économie mondiale, est aussi le premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète.

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