Ch@t : La fibromyalgie

Ch@t du 14 mai 2009 :Les réponses du Dr Henri Rubinstein, médecin spécialiste de l'exploration fonctionnelle du système nerveux et du Dr Patrick Sichère, rhumatologue.

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

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Les réponses du Dr Patrick Sichère, rhumatologue

La fatigue fait partie des symptômes qui accompagnent la douleur. Traiter la douleur traite aussi la fatigue, l'activité physique régulière est alors indispensable, malgré la douleur.

Il faut leur faire comprendre : ce n'est pas parce que les examens sont normaux que l'on n'a pas mal. Les douleurs sont dues à une perturbation des centres de la douleur qui ne se voit pas avec les examens habituels.

La réponse est clairement : NON.

Piste génétique en cours d'exploration. Pas de résultats pour le moment.

Il ne s'agit pas d'une maladie inflammatoire donc les anti-inflammatoires ne sont pas indiqués.

Les migraines peuvent être associées, mais il s'agit plus souvent de céphalées dites de tension (de contractures des muscles du cou).

La morphine n'est pas un bon traitement à court ou à long terme car les récepteurs à la morphine ne sont pas "libres" dans cette pathologie.

Il y a de nombreuses thérapeutiques en dehors des médicaments : relaxation, hypnose… et surtout activité physique régulière adaptée à chacun.

Parce que douleur ne signifie pas inflammation et réciproquement, ce n'est donc pas une question de tendon dans ce sens là.

Il est préférable d'arrêter tout traitement au moins un mois avant.

Rien n’est obligatoire. Les antidépresseurs sont prescrits comme anti-douleurs centraux et non pour traiter la dépression. Le millepertuis ? Si cela marchait pourquoi pas ! Mais hélas : pas de preuve.

Les réponses du Dr Henri Rubinstein, médecin spécialiste de l'exploration fonctionnelle du système nerveux

Toute personne dont les symptômes ne sont pas reconnus ni par son entourage, ni par les médecins, a tendance à se sentir exclue et de là, à avoir des réactions de type paranoïaque. Cela peut se comprendre...

La fibromyalgie n'a pas une cause hormonale même si on trouve parfois de rares désordres hormonaux.

On doit d'abord aider la personne à comprendre ce qui lui arrive. Lui expliquer qu'il ne s'agit pas d'une maladie imaginaire et lui expliquer comment elle peut prendre en charge ses symptômes, aussi bien d'un point de vue médical que dans sa vie quotidienne.

La biopsie musculaire est toujours normale chez les fibromyalgiques. On ne fait une telle biopsie que pour éliminer un autre diagnostic.

Il y a plusieurs explications aux problèmes cognitifs rencontrés par les fibromyalgiques. La fatigue physique entraîne une fatigue intellectuelle. La douleur elle-même quand elle est permanente et envahissante, est également envahissante au niveau cérébral. Enfin, Même si la fibromyalgie n'est pas une dépression, il existe parfois, voire souvent, une dépression réactionnelle et cette dépression réactionnelle s'accompagne de troubles de la mémoire et de troubles cognitifs.

La fibromyalgie ne conduit pas à une invalidité totale, même si elle est parfois invalidante. Certaines poussées peuvent être importantes sans pour autant immobiliser le patient.

Il faut encourager l'activité physique sans dépasser le seuil de la douleur et sans aggraver la fatigue.

Le cruralgie est un symptôme qui peut se rencontrer chez les fibromyalgiques, mais n'est pas du tout spécifique de cette affection.

Je connais la stimulation magnétique transcranienne que l'on pratique chez certains patients atteints de la maladie de Parkinson, chez certains dépressifs, et également dans les douleurs chroniques des fibromyalgiques. Les résultats sont inconstants mais parfois positifs. Je pratique moi-même ce type de traitement à l'occasion lorsque l'indication se présente.

Il s'agit actuellement d'un diagnostic d'exclusion. La démarche est d'éliminer tout ce qui n'est pas fibromyalgie et la démarche médicale est de voir s'il n'y a pas une autre pathologie bien identifiée. A partir de là, on fait le recensement des points douloureux et le recensement des symptômes physiques et psychiques.

Je crois qu'à partir du moment où le diagnostic est fait il n'est pas utile de consulter un autre spécialiste. L'utilité du neurologue est d'éliminer une affectation neurologique sous-jacente que l'on aurait prise par erreur pour une fibromyalgie.

Les progrès de la biologie de la douleur laissent penser que ce seront les neuropharmacologues qui s'occuperont des problèmes de fibromyalgie à l'avenir.

Certains neurologues estiment à juste titre que la fibromyalgie n'est pas une maladie neurologique. Cependant, les problèmes de douleur chronique sont habituellement pris en charge par certains neurologues.

Toute douleur chronique et fatigue chronique peuvent avoir une telle conséquence.

Non. Je veux dire qu'une poussée a tendance à diminuer et à se stabiliser.

A partir du moment où un sujet est en arrêt maladie, en mi-temps thérapeutique ou est en invalidité, le diagnostic ne regarde pas l'employeur. S'il s'agit d'aménager le temps de travail et les conditions de travail en fonction des possibilités du patient, il faut en effet négocier avec son employeur et tenter de lui expliquer.