Ch@t : L'hyperactivité

Ch@t du 11 mars 2010 Avec les réponses du Dr Eric Konofal, neurologue, de Christine Getin, présidente de l'association Trouble Déficit de l'Attention Hyperactivité (TDAH) et du Dr Charlotte Tourmente, médecin généraliste

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

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Les réponses du Dr Eric Konofal, neurologue

Il ne faut pas arrêter par principe... surtout s'il y a un risque accidentologique !

La rispérdone est un neuroleptique qui peut engendrer un syndrome de jambes sans repos... ce n'est pas un traitement autorisé dans le TDAH.

Il peut avoir un trouble de l'absorption digestive... et donc une carence en fer (il faut demander à votre médecin de faire une ferritine et une CRP).

Par l'AFSSAPS... mais l'indication du modafinil est surtout destinée à améliorer les fonctions de l'éveil... les risques avec le méthylphénidate sont, quand même, limités.

Non, ça change... (procrastination, difficultés d'organisation, trouble de l'éveil matinal...).

Il se couche peut être trop vite et trop tôt... le réveil matinal est aussi un bon pronostic (court dormeur)... l'important est que l'endormissement doit arriver vers 21h... (il a donc son compte de sommeil) !

Précocité et TDAH peuvent cohabiter !! (ICV>IRP ?? au WISC-IV ??)

Il faut changer de posologie... mais votre constat est effectivement juste !!

Oui... c'est aussi une variante des symptômes (les plus "bruyants" sont davantage constatés chez les garçons) !

Pas moins que les neuroleptiques, antidépresseurs, anxiolytiques, hypnotiques, analgésiques, opioïdes... On a tous besoin d'éveil, et les médicaments ou aliments qui en contiennent nous assure notre homéostasie veille-sommeil (plus on est éveillé, et plus on dort mieux).

Cela peut effectivement... il faut aussi contrôler la ferritine.

Les inviter à la maison (chez vous).

Oui, il faut passer au-dessus de 50 microg/L pour avoir cet effet (3 mois de traitement avec 50-100 mg de fer élément par jour) !!

IVT bas ? (= dysfonctionnement du maintien de l'éveil).

Il doit avoir du mal à maintenir un éveil suffisant (trouble du maintien de l'éveil), d’où peut-être un trouble de l'estime de soi, ou plutôt une anxiété de performance...

C'est qu'il ne l'est plus ?

Il faut demander une consultation du sommeil (Robert Debré ?)

L'effet est plutôt "neuroprotecteur" car le méthylphénidate agit sur le DAT qui empêche justement le mauvais fonctionnement des systèmes dopaminergiques et noradrénergiques...!! Le méthylphénidate existe depuis 1940 (Panizzon)... et si cela faisait des dégâts ...ça se saurait !

Ca peut être efficace effectivement (80 mg/j pendant 3 mois si ferritine<30 microg/L).

Le transporteur de la dopamine...

Essayez chez nous (Robert Debré) !!

Non, mais il faut vérifier s'il n'y a pas un dysfonctionnement de la mélatonine ?

Non, il vaut mieux ne privilégier qu'un oligo-élément !

Faites faire un âge osseux. Pour vous rassurer !! Et le sommeil (mélatonine augmente la propension à l'endormissement nocturne et donc la GH).

Un dysfonctionnement (réglage).

Des médicaments en ATU.

Oui !! Vous ne dormez pas donc vous bougez le jour pour rester éveillé !!

Il faut savoir exactement pourquoi ne dort-il pas (endormissement, problème de maintien du sommeil nocturne) ?

Sommeil lent léger/profond à vérifier !!!

Il faut faire un EEG de nuit (épilepsie ?).

Vérifier la ferritine.

Justement, on peut le faire (téléchargez lui le rapport de sommeil 2006 Xavier Bertrand) !!

Hormone de croissance.

Non.

Faire déjà les dosages (le matin).

A l'époque il y avait les "amphétamines" (une dizaine en France jusqu'en 1994), le vin de Mariani (à la fin du XIXe siècle), la Maltine (en France au début du XXe), le Coca-Cola® (aux extraits de feuilles de coca jusqu'en 1960)... Bref, nos enfant (à l'époque) prenaient tout un tas de remèdes de grand-mère à base de phényléthylamine, aux extraits de Kola, etc.

C'est en ATU (Autorisation Temporaire d'Utilisation) dans la narcolepsie, en France

Les réponses de Christine Getin, présidente l'association TDAH

Ce sont généralement des psychiatres, par contre il existe encore extrêmement peu de consultations spécialisées, le mieux est souvent de prendre contact avec l'association pour être orienté.

Pour un enfant de 5 ans vous pourriez déjà envisager un bilan en psychomotricité et peut être quelques séances, une consultation auprès d'un centre référent des troubles des apprentissages prenant en charge également les troubles du comportement peut s'avérer utile, et colle les délais de consultation sont long le bilan en psychomotricité permettra déjà une première démarche utile.

Je pense que cela est probablement prématuré d'y voir un souci, peut être que vous pourriez parler avec le pédiatre pour vous rassurer, ça semble tout à fait dans la normalité.

Le parcours de soin pour le TDAH est encore difficile partout en France, seuls quelques hôpitaux sont spécialisés sur ce trouble, le plus simple est souvent de voir auprès des bénévoles de l'association pour être aidé plus précisément. Mais vous pouvez voir avec le centre référent des troubles des apprentissages.

Ce que l'on peut comprendre c'est déjà que le comportement de votre enfant semble déranger la maîtresse. Est-ce qu'à la maison votre fille présente aussi des difficultés qui s'apparentent au TDAH ? Les symptômes doivent être présents dans toutes les situations de la vie, à la maison, à l'école et activités de loisirs... si vraiment elle présente des difficultés partout, il peut être bien pour elle et si elle en souffre de consulter.

Effectivement les filles présentent souvent plus un profil de troubles attentionnels. Mais les problèmes d'orientations dans l'espace peuvent aussi être liés à des troubles des apprentissages type dyspraxie.

Oui c'est possible, il faut le prévoir à l'avance pour pouvoir le programmer.

Le risque est évalué à 40 %.

Un enfant qui a un trouble attentionnel et une dyspraxie, va avoir encore plus de difficultés effectivement, sont trouble risque d'avoir un impact plus important, dans ses apprentissages, mais aussi dans sa fatigue générale et de ce fait aura plus de difficultés dans son auto contrôle etc.

Il est vrai qu'arrivé à l'âge adulte, les jeunes doivent prendre la mesure de leur difficultés et se les appropriés, souvent en tant que parent on est relativement impuissant. On peut essayer de les emmener voir un bon psychiatre qui pourra échanger de manière appropriée avec eux sur leur trouble. L'important est de permettre un dialogue et de maintenir un lien avec des soignants, et soutenir l'enfant, mais en lui laissant al décision du traitement ou non.

Leur environnement est plus sécurisant il le connaissent, quand on a des difficultés à être concentré on peut ressentir le monde extérieur comme difficile à appréhendé et la réponse peut être une forme de violence. Peut être qu'une thérapie orientée sur le développement des aptitudes sociale pourrait aidée.

Déjà après 16h il est possible que l'effet du médicament ne soit plus présent. Par ailleurs pour les devoirs du soir, essayez de mettre en place un emploi du temps ritualisé découpant de manière claire el temps et les activités, qu'il sache ce qu'il aura à faire et pendant combien de temps. Alternez les périodes de détente et de travail en tenant compte de sa capacité de concentration à cette heure. Et respectez scrupuleusement les horaires avancés.

Non, si le diagnostic a été donné dans le dossier médical.

Les demandes de tiers temps ne sont pas liées à une reconnaissance de handicap, c'est indépendant, il faut cependant que le dossier soit bien étayé et justifie la nécessité du tiers temps. Au sein de l'association nous recommandons de demander aussi des pauses pendant les épreuves, pour que les jeunes puissent se détendre un peu et profiter vraiment du tiers temps.

Il est possible que cela puisse être un syndrome des jambes sans repos, dans un premier temps votre généraliste pourrait demander un dosage de la férritine qui est souvent basse chez les personnes présentant ces symptômes. Si la ferritine est basse, il peut être utile de consulter dans une consultation spécialisé sur le sommeil.

Il existe quelques écoles qui proposent des classes à petits effectifs pour les enfants ayant des troubles des apprentissages

ATU = Auorisation Temporaire d'Utilisation.

Oui c'est possible.

L'objectif pour un enfant ayant un TDAH est d'apprendre à vivre avec son trouble, pour cela il faut réussir à lui faire traverser les étapes de la scolarité et de l'entrée dans l'âge adulte en espérant le moins de dégâts possibles. Si possible préserver et faire progresser son estime de lui et sa confiance. Il aura deux points d'appui arrivé à l'âge adulte pour palier ses difficultés, la motivation et son estime de lui-même.

Morceler la tâche, sur une durée égale à sa capacité de concentration. Mais aussi possibilité de prendre le traitement en compatibilité avec les horaires.

Il n'y a pas de collège spécialisé, seulement des établissements qui ont parfois des classes avec des effectifs moins importants prenant en compte les troubles des apprentissages.

4 mois à 6 mois.

Les réponses du Dr Charlotte Tourmente

Elle peut être prise pendant l'adolescence ou par des adultes.

Non, ce n'est pas trop tard. Allez voir votre généraliste qui vous orientera vers un spécialiste dans votre région.

Le TDAH est de mieux en mieux connu, y compris dans le corps médical. Donc oui, il y a de plus en plus de médecins non réfractaires à la prescription de méthylphénidate.

Je vous conseille de passer par votre généraliste ou par l'association TDAH France, ils ont des antennes dans toute la France et pourront vous aiguiller vers un spécialiste local.

Tout à fait, parlez-en au médecin qui suit votre fille afin d'y remédier (la dernière prise de méthylphénidate se fait peut-être trop tard, la dose est peut-être trop élevée ou il faut un autre médicament pour le sommeil).

De votre propre chef, non, ce n'est pas conseillé. Mais le médecin peut être amené à adapter la posologie, notamment en début de traitement.

Passez par votre généraliste, votre pédiatre ou l'association TDAH.

Oui, il faut expliquer à votre enfant sa maladie, avec des mots adaptés à son âge. Vous pouvez demander conseil à votre médecin. Il ne faut pas la présenter une incapacité à se concentrer mais plutôt comme une difficulté qu'il va falloir surmonter grâce à un traitement, du travail personnel et l'aide de ses proches : famille, enseignants, amis,... Assurez-le de votre soutien, rassurez-le.

C'est très difficile à gérer, en effet. Essayez de leur expliquer, fournissez-leur des documents sur le TDAH, passez par l'infirmière ou le médecin scolaire et si rien ne fonctionne, demandez au médecin qui suit votre fils d'intervenir s’il le peut.

Parce que cela ne soulage pas l'enfant, seulement l'entourage. Le méthylphénidate est plus adapté pour les troubles du comportement.

Vous savez, le méthylphénidate est prescrit depuis de nombreuses années. C'est un médicament bien connu désormais, il ne s'agit pas d'une drogue. Je comprends vos réticences mais pensez à votre fils, ce traitement peut améliorer nettement sa qualité de vie.

Disons que c'est mieux. Le traitement médicamenteux ne suffit pas, idéalement la prise en charge doit être globale, à la fois psychologique, sociale et éducative. Je vous conseillerais de changer de psychologue ou de psychiatre si le courant n'est passé avec le psy actuel.

Ce n'est pas possible de poser un diagnostic par écran interposé. Le diagnostic est complexe, il nécessite des questionnaires, des tests particuliers. Les symptômes doivent être présents dans 2 environnements différents (maison et école par exemple).

En plus du traitement médicamenteux, on recommande une prise en charge globale : l'éducation de l'enfant et de sa famille afin qu'ils apprennent à gérer cette affection, une thérapie comportementale, un encadrement scolaire particulier,...

Vous pouvez consulter votre médecin traitant afin qu'il vous oriente vers un pédiatre qui connaît bien le TDAH. L'association TDAH peut être d'une bonne aide.

En effet, les symptômes peuvent évoluer avec l'âge et la maturité. A l'adolescence, l'hyperactivité peut diminuer chez certains enfants mais ce n'est pas prévisible.

Passez par votre généraliste ou votre pédiatre qui vous orientera vers un pédopsychiatre si besoin. L'association TDAH saura vous aiguiller.

Trouble Déficitaire de l'Attention / Hyperactivité.

On parle d'impulsivité quand on fait une action de manière irréfléchie, spontanée sans penser aux conséquences. Exemples : on interrompt ceux qui parlent, on répond à 1 question avant même qu'elle soit finie. On agit avant de réfléchir.

Vous pouvez vous tourner vers une association (TDAH France par exemple) afin de parler avec d'autres parents confrontés aux mêmes problèmes. Votre fils est-il d'accord pour consulter un autre spécialiste ? Ce serait l'occasion de trouver un médecin en qui il a confiance ou avec qui le courant passe mieux. Mais il ne faut pas changer de médecin tout le temps car un suivi régulier est important et il faut aussi du temps au médecin pour connaître le patient.

Il y a en effet un facteur héréditaire mais ce n'est pas parce qu'un parent a un TDAH que son enfant l'aura forcément ! Pour le diagnostic, je vous conseille d'être très attentif au comportement de votre enfant et d'en parler à votre médecin. Le diagnostic est déjà difficile dans les formes "classiques" du TDAH, il le sera encore plus dans une forme "sub-clinique".

C'est très variable d'un enfant à l'autre, il n'y a pas de règle.

Non, pas forcément. Les principaux symptômes sont un trouble de l'attention, une impulsivité et une hyperactivité mais les troubles du sommeil sont en effet fréquents à cause de l'hyperactivité.

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