Ch@t : Japon, vos questions sur les risques nucléaires

Ch@t du 17 mars 2011 : Les réponses de Jean-René Jourdain, délégué auprès du directeur de la radioprotection de l'homme, à l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN).

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

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Les réponses de Jean-René Jourdain, délégué auprès du directeur de la radioprotection de l'homme

Une exposition à la radioactivité ne fait courir un risque à une femme enceinte, que si la dose est très élevée, environ 500 fois la limite annuelle réglementaire. Si cette dose est dépassée, la décision fait l'objet d'une discussion entre les parents et les médecins.

Afin d'éviter une hyperthyroïdie dans votre cas, la posologie d'iode stable, si l'administration devait être nécessaire, sera adaptée par une diminution des doses administrées. Un contrôle ultérieur de votre concentration en hormones thyroïdiennes permettra alors de réajuster votre traitement par Lévothyroxine sodique.

En cas d'arrivée confirmée d'un nuage nucléaire contenant des quantités élevées d'iode radioactive, un comprimé d'iodure de potassium sera administré deux heures avant l'arrivée du nuage et au maximum 24 heures après. Attention, cette prise d'iode ne se fait que sur ordre du Préfet.

Dans l'état actuel de la situation, ce voyage ne présente aucun risque. Je ne peux pas en dire plus car je ne connais pas comment la situation évoluera au Japon et surtout qu'elle sera la météo au mois d'avril. Les émissions radioactives se dirigent vers le Pacifique actuellement.

Il n'y a quasiment aucun risque de développer une leucémie après un traitement par l'iode radioactif. Le risque de leucémie concerne surtout les personnes qui ont reçu de très fortes doses de radioactivité par irradiation, comme par exemple les liquidateurs de Tchernobyl ou les victimes des bombardements de Nagasaki et Hiroshima.

Il n'y a aucune précaution particulière à prendre en France actuellement.

La durée de vie des éléments radioactifs peut varier de quelques millisecondes à quelques millions d'années. Chaque élément radioactif a sa propre durée de vie.

Aujourd'hui, rien ne permet de penser que les émissions radioactives du Japon auront des répercussions sur la France. Des particules pourront être détectées dans les semaines à venir, mais à de très faible niveau d'activité, en l'état actuel de la situation. Tout dépend également de la météo (direction des vents et présence de pluies).

Vous avez raison. Il est préférable de parler de pollution radioactive pour ce qui concerne les particules radioactives. Les émissions radioactives correspondent aux émissions de vapeur d'eau chargée de particules.

Si l'ablation a été partielle, vous pourrez prendre de l'iode si cela s'avère nécessaire un jour. La posologie sera simplement diminuée en fonction de votre taux de fixation par le reste de thyroïde.

Aujourd'hui, il n'y pas de risque de transfert des émissions radioactives vers la Californie.

L'eau sert à refroidir les enceintes de confinement qui ne sont que faiblement radioactives. C'est à l'intérieur du réacteur que se concentre principalement la radioactivité. Les eaux fortement contaminées doivent être traitées comme des déchets radioactifs, mais il n'est pas exclu que la radioactivité augmente dans l'eau de mer à proximité de Fukushima.

Les pharmacies peuvent avoir des comprimés d'iode, mais il est très rare d'en trouver en dehors des zones proches des centrales nucléaires. Elles peuvent être approvisionnées par la pharmacie centrale des armées. Des stocks sont par ailleurs positionnés dans tous les départements de France. Ils seront distribués sur ordre du Préfet si la situation le nécessite.

Une personne irradiée ne peut pas transmettre sa radioactivité. Une personne contaminée doit être décontaminée par une douche si des particules radioactives se trouvent sur sa peau ou ses cheveux. La douche suffit à la décontaminer et elle ne peut alors pas transmettre de radioactivité.

Non, il n'y a aucun risque à ce jour pour l'Algérie.

Il faut calfeutrer les fenêtres, couper les systèmes de ventilation, de climatisation et de chauffage.

Vous ne courez aujourd'hui absolument aucun risque à côtoyer des personnes en provenance des vols arrivant du Japon.

Je ne suis pas un spécialiste de la sûreté des réacteurs, mais le refroidissement est possible sous réserve de disposer des quantités d'eau suffisantes et surtout de remettre en fonctionnement les systèmes d'injection d'eau. Pour cela, il faut que l'électricité soit rétablie sur le site, ce que s'efforcent de faire actuellement les autorités japonaises.

Vous n'avez aucune inquiétude à vous faire pour votre enfant en l'état actuel de la situation. En cas d'arrivée d'un nuage fortement contaminé en France, la météo permettra de prévenir de l'arrivée du nuage et laissera le temps aux autorités pour donner l'ordre de mise à l'abri et de prise d'iode stable si nécessaire. Il y a des stocks d'iode stable dans tous les départements français en quantité suffisante pour tous les Français. Ces stocks sont gérés par l'EPRUS = établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires.

Compte tenu de la distance qui nous sépare du Japon et de la précision actuelle des prévisions météo, nous serions prévenus au moins 72 heures avant minimum.

Malheureusement l'antidote radioactif universel n'existe pas encore. De plus, l'iodure de potassium ne protège que d'une contamination par l'iode radioactive, pas des autres éléments radioactifs.

Non, il n'y a pas de contamination des avions qui ne restent maintenant qu'une heure et demi sur le tarmac de Narita. Les avions font escale à Séoul avant. Ni Séoul, ni Narita ne sont contaminées.

À ma connaissance, il n'y a pas d'équipes de la CRIIRAD au Japon. Les mesures sont celles qui nous sont communiquées par les autorités japonaises, plusieurs fois par jour.

Il n'y a plus personne dans les zones les plus contaminées. Si une personne avait séjourné dans une zone contaminée, il suffirait de la décontaminer par déshabillage et douchage. Il n'y a alors aucun risque à héberger des Japonais dans ces conditions.

En l'état actuel, la France n'est pas exposée à un danger immédiat. Au contraire de Tchernobyl, il n'y a pas eu explosion massive entrainant des particules radioactives à très haute altitude.

Si la fonction thyroïdienne est normale (concentrations en hormones thyroïdiennes normales), oui. Sinon, il est nécessaire d'en parler avec un endocrinologue avant.

Il faut avoir les mêmes gestes que dans le cas d'un incendie : serviettes mouillées par exemple. Le plus important est de couper les systèmes de ventilation, climatisation et chauffage.

Je suis désolé mais je n'ai pas de compétences sur les conséquences pour les poissons. Je ne peux pas répondre à votre question.

Il y aura effectivement un phénomène de dispersion et de dilution dans les masses d'air. Les retombées seront donc forcément plus limitées qu'au Japon. Par contre, la présence de pluies concomitantes au passage du nuage peut augmenter le risque car les particules radioactives seraient plaquées au sol au lieu d'être dispersées dans l'air.

Non le sel iodé ne peut pas remplacer les capsules d'iode, il n'est pas suffisamment concentré en iode. De plus, prendre de grandes quantités de sel exposerait à un risque pour la santé.

La population japonaise exposée à proximité de la centrale peut avoir un risque, d'une augmentation de la probabilité de développer certains types de cancers, comme le cancer de la thyroïde, le cancer du côlon. L'augmentation de cette probabilité dépend de la dose reçue. À Tchernobyl, elle est de 3 %, tous types de cancers confondus.

Tout dépend des concentrations radioactives. Les précautions sont l'évacuation, la mise à l'abri des populations et l'administration d'iode stable en cas de présence de fortes concentrations d'iodes radioactives.

Non, il n'existe aucun examen médical permettant d'évaluer avec certitude les conséquences pour la santé 25 ans après l'accident de Tchernobyl.

Je ne suis pas au courant du nuage annoncé par TF1. Faites attention à ce que disent les médias sur le sujet ! Les autorités américaines communiqueront de toute façon s'il y a un risque pour la Californie.

Oui, un sol fortement contaminé peut irradier les personnes qui marchent dessus. Il ne faut pas rester sur des sols fortement contaminés.

Non, l'eau n'est pas directement injectée sur le combustible. C'est l'enceinte qui est refroidie. Le refroidissement est indispensable pour éviter une surchauffe du réacteur qui entrainerait une augmentation de la pression et à terme une explosion. Si le refroidissement n'est pas possible, il faut relarguer régulièrement de la vapeur d'eau radioactive pour faire diminuer la pression dans le réacteur. C'est le même principe que la cocotte minute.

Vous avez raison. La grande distance entre Paris et Tokyo laissera plus de temps aux autorités pour s'organiser si cela s'avérait nécessaire. De plus, cette distance permettra également de diluer le nuage s'il était émis à haute altitude.

La maladie d'Hashimoto rend votre thyroïde plus sensible d'une manière générale. La prise d'iode devra se faire de façon très contrôlée et à des doses qui seront décidées en fonction de votre taux d'hormones thyroïdiennes.

Les deux principaux sont l'iode 131 (8 jours) et le césium 137 (30 ans).

Vous avez raison, les réacteurs des centrales nucléaires doivent en permanence être refroidis.

Les risques sont plus élevés pour les enfants (surtout les enfants de moins de 4 ans) et les femmes enceintes, qui sont considérés comme les populations prioritaires à évacuer en cas d'accident majeur.

Tout dépend de ce que fabrique ces usines ! Je ne peux pas répondre plus précisément à votre question.

Non, aujourd'hui il n'y a aucune précaution particulière à prendre.

La distribution de combinaisons ne sert à rien car elles ne protègent pas de l'irradiation. Ce sont l'évacuation et la mise à l'abri qui doivent être entrepris.

Tout dépend de la météo. Aujourd'hui les vents se dirigent vers le nord/nord est, donc vers le Pacifique. Si les vents se dirigeaient vers le sud, la situation serait différente. Cependant, Kyoto est très éloignée de Fukushima, encore plus que Tokyo où il n'y a pas de risque pour le moment.

Probablement plusieurs années, en fonction de l'état des centrales une fois l'accident maîtrisé.

Ce sont les intervenants qui en portent car ils peuvent être exposés à des contaminations importantes, ce qui n'est pas le cas des populations qui ont été évacuées. Les intervenants sont amenés, eux, à aller dans les zones contaminées et doivent donc se protéger de l'inhalation de particules radioactives. Ceci dit ces combinaisons ne protègent pas de l'irradiation à laquelle sont soumis les employés de la centrale.

Des contaminations radioactives ont été décelées dans certains types d'aliments de la région de Fukushima (épinards par exemple). Des mesures d'interdiction de consommation et d'exportation ont été prises en conséquence par les autorités japonaises. Par exemple, tout colis en provenance du Japon fait l'objet de contrôle d'absence de radioactivité au départ du Japon ou à l'arrivée en France.

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