Cancer, où en est la recherche

Ch@t du 23 octobre 2012 de 15h à 16h : les réponses du Dr Véronique Dieras, oncologue à l'Institut Curie et du Pr. Fabien Calvo, cancérologue et directeur de l'Institut "Cancer" de l'Alliance pour les sciences de la vie et de la santé.

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

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Les réponses du Dr Véronique Dieras, oncologue à l'Institut Curie

Ce n'est pas forcément un cancer mais tout écoulement sanglant doit être exploré (mammographie échographie et galactographie).

Il faut voir un oncologue qui fera le bilan d'extension et qui pourra déterminer s'il y a une nécessité d'un traitement adjuvant (médical complémentaire) et les modalités de surveillance.

Oui l'Eribuline® est une chimiothérapie qui a été approuvée l'année dernière compte tenu d'un bénéfice en survie. La tolérance est satisfaisante (surveillance globules blancs). Le cancer du sein métastatique n'est pas curable au jour d'aujourd'hui mais les progrès récents avec de nouveaux traitements font que cette maladie peut être chronique avec une espérance de vie de plusieurs années.

Tout dépend des caractéristiques biologiques de la maladie (récepteurs hormonaux, HER2) et des autres sites de récidive. A l'heure actuelle il existe de nombreux traitements et si on ne parle pas de guérison, on peut parler de maladie chronique avec plusieurs années de vie.

Pour participer à un essai clinique, il faut être traité dans le centre où est ouvert l'essai. Si non disponible dans le centre où vous êtes suivie votre oncologue peut se renseigner pour référer le patient.

Généralement lorsqu'il y a une sortie d'essai pour toxicité, on ne peut reprendre l'essai. Par contre votre oncologue peut voir avec vous les autres alternatives.

Les kystes liquidiens sont bénins. Si gênant en volume on peut faire une ponction.

Dans la grande majorité des cas oui. Mais la réversibilité est variable en fonction des personnes et s'il existe d'autres pathologies associées (diabète par ex).

Oui la biopsie est indispensable pour caractériser la tumeur et déterminer la meilleure stratégie. Il faut rassurer votre maman.

C'est un effet secondaire fréquent de ce type de médicament. Le paracétamol est le traitement de choix. Il faut le prendre assez systématiquement au début. En cas d'intolérance importante rediscuter avec votre oncologue des alternatives.

Non car votre maladie si elle est HER2 2+, la FISH est négative c'est à dire que nous considérons que la maladie est HER2 négative (la positivité se définit par HER2 3+ et ou FISH+). Le T-DM1 n'est pas indiqué car ne pourra pas entrer dans les cellules tumorales. Le Lapatinib® n'a pas démontré d'efficacité dans les tumeurs HER2 négatives.

Le standard reste la mammographie + échographie. L'IRM est indiquée dans certaines formes particulières et notamment en cas de cancers d'origine génétique.

Oui. Il faut savoir que les oncologues travaillent en réseau et qu'il existe des référentiels de traitement.

Non c'est une idée fausse la biopsie n'entraine pas de "généralisation" de la tumeur.

La guérison c'est une rémission qui se prolonge donc notion de temps. Si on ne peut guérir un cancer du sein métastatique, à l'heure actuelle, les traitements permettent des contrôles de longue durée.

Les métastases hépatiques du cancer du sein se soignent mais on ne parle pas de guérison. La maladie peut être chronique donc avec espoir. Il y a beaucoup de médicaments.

Oui probablement, à discuter avec votre oncologue.

L'avis est bien entendu toujours possible mais pour donner un avis "averti" il est préférable de passer par votre oncologue. Cette démarche est tout à fait acceptée à l'heure actuelle.

Il existe des risques de rechute : Il faut discuter avec votre oncologue des modalités de suivi. L'examen clinique est prioritaire et les examens complémentaires discutés en fonction des signes.

A ce jour il n'existe pas d'anticorps drogue conjugué - comme le T-DM1 - pour les cancers du poumon. L'équipe de Grenoble est qualifiée. Discuter avec votre oncologue des alternatives thérapeutiques. Votre dossier peut être discuté dans d'autres centres. Il n'est pas forcément nécessaire de se déplacer.

Il y a probablement d'autres protocoles et la possibilité d'inclusion dans des essais cliniques.

Il faut savoir que les marqueurs (CA 15 3) ne sont pas spécifiques et pas sensibles : on peut avoir une récidive avec des marqueurs normaux et une élévation des marqueurs sans récidive. Une infection peut faire augmenter le CA 15 3. Un CA 15 3 à 33 n'est pas un marqueur élevé. Ce qui compte ce sont les variations importantes. Donc l'attitude de votre médecin est justifiée.

L'Avastin® peut entrainer des effets cardiaques. Les anomalies de champ visuel ne sont pas une complication reconnue.

Si il n'y a pas besoin d'adjuvant c'est que le GIST n'était pas de grande taille et ne présentait pas d'anomalies biologiques importantes. Un GIST isolé opéré peut tout à fait guérir !

Il faut conseiller à votre mère ou tante une consultation génétique. Il est vrai que même en l'absence de test positif, il n'existe pas de certitudes mais cette consultation saura conseiller au mieux les modalités de surveillance. Il faut savoir qu'à 32 ans les seins sont souvent très denses à la mammographie et donc cet examen est parfois difficile à interpréter.

Il n'y a pas un seul type de cancer du testicule. Dans certains cas un traitement très court peut être indiqué.

Oui Il n'y a jamais aucun risque de récidive (mais elle n'est pas systématique heureusement) d'où l'intérêt d'une surveillance.

Oui c'est le traitement indiqué de maintenir l'Erbitux® qui peut contrôler la progression des cellules restantes.

Les réponses du Pr. Fabien Calvo, cancérologue et directeur de l'Institut

Il est habituel de rechercher la présence des récepteurs hormonaux sur les prélèvements de la tumeur et de s'assurer qu'il n'y a pas de carcinome invasif sur la "pièce de mastectomie".

Cette décision ne doit être prise qu'après avoir pris en considération le nombre de cancers, l'arbre généalogique, l'âge de survenue de ces cancers et la présence d'autres types de cancers dans la famille. La première étape, s'il y a suspicion d'une forme familiale, est de rechercher des mutations des gènes les plus fréquents chez Les sujets ayant développé un cancer. Si c'est le cas, la surveillance peut être alors effectuée dans le cadre d'une consultation d'oncogénétique (voir sur le site internet de l'INCa). La mammographie n'est pas un examen systématique chez les femmes jeunes, car elle est souvent difficile d'interprétation.

La recherche de nouveaux traitements des cancers du sein BRCA1 mutés et triple négatifs évolue en ce moment avec probablement des médicaments d'intérêt en essais clinique (inhibiteurs de la molécule PARP). Les centres d'oncogénétique sont susceptibles de guider les patientes dans l'accès aux traitements et au suivi.

Je ne connais pas ce type de traitement par les plantes et je n'ai pas de données sur une quelconque efficacité.

Difficile de répondre sur des données aussi imprécises. Le traitement est assez bien codifié et le fait qu'il ne semble y avoir qu'un seul ganglion envahi est plutôt de bon pronostic.

Le Zytiga® est un médicament actif dans le cancer de la prostate.

Normalement vous devriez pouvoir retrouver des données hospitalières datant de 30 ans en vous adressant aux services hospitaliers qui l'ont prise en charge.

Les cancers d'origine génétique qui se déclarent tardivement sont liés au fait que il existe une mutation initiale portant sur un des chromosomes dès la naissance, et qu'un deuxième évènement survient sur le deuxième chromosome au cours de la vie, sur des cellules d'un tissu donné, qui est à l'origine du cancer.

La participation à un essai clinique peut être interrompue à tout instant sur la demande du patient, cela figure dans le formulaire de consentement signé par le patient et son médecin.

Il est difficile de répondre à cette question : les progrès jusqu'alors ont concerné certains cancers d'un tissu donné. Des cancers comme le cancer du testicule, certaines leucémies, certains lymphomes... sont maintenant guérissables. D'autres progrès sont maintenant attendus pour différents types de cancer ayant la même anomalie génétique. Je pense que la guérison continuera à se faire cancer par cancer. Le chemin reste encore long mais les progrès s'accélèrent !

La distinction n'existe pas entre Paris et le reste de la France. La décision de traitement est prise normalement lors d'une consultation pluridisciplinaire. C'est ce que vous devez demander à votre médecin qui vous prend en charge. Pour la plupart des cancers les traitements sont bien établis. les essais cliniques sont destinés à comparer une stratégie nouvelle de traitement au meilleur traitement connu. Ils peuvent aussi concerner de nouveaux médicaments ou de nouvelles association.

Impossible encore pour l'instant ! La plupart des risques génétiques sont des risques faibles qui ne justifient pas de recherches systématiques. Cela pourra peut être changer dans le futur. C'est vrai pour les cancers et pour beaucoup d'autres maladies.

Le vaccin protège du risque de cancer du col à condition d'être effectué avant le début de la vie sexuelle. La protection est forte mais pas absolue. Elle nécessitera donc comme pour les femmes non vaccinées une surveillance gynécologique.

Elle est faite en fonction des cas sous anesthésie locale ou générale.

Pas de relation connue entre polykystose rénale et cancer du rein ni de risque majoré.

C'est un des cancers les plus difficiles à diagnostiquer et à traiter. De nombreux médicaments sont testés mais les résultats sont très inconstants.

Les médecins qui l'ont pris en charge connaissent son dossier, ce qui n'est pas mon cas. Le mieux est de vous réadresser directement à eux.

La génétique n'explique pas tout, loin de là. Le mode de vie influe comme par exemple le tabac, l'alcool, l'alimentation, l'activité physique, l'obésité, les infections...

Non.

Les cancers sont beaucoup plus fréquents chez les hommes que chez les femmes, cancers du poumon, de la prostate, expliquent en partie ces différences. Mais quand les femmes décident de rattraper les hommes en fumant plus, les cancers du poumon augmentent !


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La recherche contre le cancer a connu des progrès fulgurants et les techniques de séquençage génétique ont révolutionné la connaissance des tumeurs. Le cancer, qui est un enjeu majeur de santé publique, fait partie de nos vies.

D'un côté les chiffres affolent le grand public, on estime à 1 000 cas par jour en France soit 365 000 nouvelles personnes touchées en 2011, de l'autre, plus de 50 % des malades guérissent.

Ces guérisons on les doit autant au travail quotidien des chercheurs sur différents aspects de la recherche au service d’avancées pour des traitements plus individualisés, qu'aux thérapies ciblées. Elles sont utilisées dans plusieurs types de cancers et sont de véritables illustrations des bénéfices de la recherche, elles constituent ainsi des traitements "sur mesure" adaptés aux caractéristiques de la tumeur des patients.

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* Les réponses avec le Dr Karim Fizazi, cancérologue et chef du département médecine oncologique de l'Institut Gustave-Roussy (Villejuif)

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