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"Surveillance renforcée" du virus de la tomate

Le tomato brown rugose fruit virus est un virus qui s’attaque aux plantes et aux fruits. Il est désormais placé sous la « surveillance renforcée » du ministère de l’Agriculture.

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"Surveillance renforcée" du virus de la tomate

Le ministère de l'Agriculture a annoncé le 6 février la mise en place une "surveillance renforcée" afin de protéger le territoire français d'un nouveau virus, dangereux pour les plantes potagères, notamment la tomate.

"A ce stade, aucune plante contaminée n'a été décelée en France", a indiqué le ministère dans un communiqué, mais "la Direction générale de l'alimentation du ministère prend cette menace très au sérieux".

Jusqu’à 100% des plantes d’un site peuvent être infectées

L'Agence de sécurité sanitaire (Anses) avait mis en garde le 4 février contre "Le tomato brown rugose fruit virus" (ToBRFV), un nouveau virus "particulièrement dangereux pour les plantes qui y sont sensibles ». Il peut se transmettre par les semences, les plants et les fruits infectés, et survit longtemps à l'air libre.  

Selon l'Anses, le virus peut infecter jusqu'à 100% des plantes sur un site de production. Cela le rend redoutable pour les cultures à haute densité de plantation comme les cultures sous serre. En revanche, il n'a pas d'impact sur l'homme.

Sur un plant malade, on peut observer des symptômes sur les feuilles (mosaïques et marbrures), les fleurs (taches et nécroses) et les fruits (décoloration des fruits résultant d'une maturation irrégulière, avec des tâches jaunes ou brunes, des déformations et parfois des rugosités).

350 inspections en 2020

"Une cellule de veille entre les services de l'Etat (DRAAF) en région PACA, principale région productrice de tomates, la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (FREDON) et les professionnels de la production de tomates a été activée dès 2019. Une surveillance officielle de l'ensemble du territoire français, notamment dans les serres de production maraîchère, est réalisée", assure le ministère. 

En 2020, un "plan de surveillance officiel renforcé sera conduit" avec plus de 350 inspections visuelles réalisées en cultures sur poivrons, tomates et aubergines et plus de 500 prélèvements systématiques même en l'absence de symptômes, ajoute-t-il.

"En cas de contamination, le légume ou le fruit perdra toutes ses qualités gustatives, en raison d'une rupture de sa maturation, venant altérer la qualité de sa chair et le rendant impropre à la commercialisation", selon l'AOPn Tomates de France, pour qui la lutte contre l'introduction de ce virus est vitale.

Les professionnels ne sont pas les seuls concernés

Au-delà des producteurs, le ministère appelle à la vigilance l'ensemble des jardiniers amateurs, lors de l'achat de semences ou de plants de tomates (qui doivent être dûment certifiés), et en cas d'apparition de symptômes évocateurs, à les déclarer immédiatement à la DRAAF.

Les services du ministère, appliquant des mesures européennes, prévoient également "un contrôle systématique des lots de semences et de plants de poivrons et de tomates originaires de pays dans lequel la présence du virus est connue", souligne le ministère.

Le ToBRFV a été signalé dans des pays limitrophes de la France dont l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. Cependant l'Allemagne a réussi à éradiquer le foyer de virus détecté en arrachant les plants, en les détruisant et en désinfectant le sol.

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