Un exosquelette pour donner le coup d'envoi du Mondial de football 2014 !

Le 12 juin 2014, à 17 heures, sur un terrain de football à Brasilia, un adolescent avance, en fauteuil roulant, à proximité d'un ballon. Du fait d'importantes lésions de sa colonne vertébrale, peut être également en raison de troubles neurologiques paralysant, il ne peut se tenir sur ses jambes - et a fortiori, taper dans la balle. Pourtant, dans un instant, il va se lever, et donner le coup d'envoi de la Coupe du monde de football 2014...

Rédigé le , mis à jour le

Un exosquelette pour donner le coup d'envoi du Mondial de football 2014  !
Un exosquelette pour donner le coup d'envoi du Mondial de football 2014 ! (Crédits photos : Miguel Nicolelis)

Dans les gradins, le cœur du neuroscientifique brésilien Miguel Nicolelis bat plus fort que jamais. L'événement dont vont être témoins plusieurs milliards de téléspectateurs est son rêve, et le couronnement médiatique de sa carrière de chercheur.

En octobre 2008, ce chercheur a initié le projet Walk Again ("Marcher de nouveau"), destiné à mettre en relation 170 chercheurs japonais, français, allemands, suisses, étasuniens et brésiliens, dans le but unique de développer une prothèse d'un genre nouveau : un squelette extérieur capable de supporter le poids d'un homme, d'effectuer les mouvements ordonnés (et coordonnés) par le cerveau, et de transmettre les informations de l'environnement à l'organisme, sous forme de sensations...

Chaque laboratoire impliqué dans le projet s'est consacré, durant ces cinq dernières années, à développer des segments spécifiques de la prothèse.

Ainsi, le Dr Gorgon Cheung, roboticien de l'Université de Munich (Allemagne), a conçu une "peau artificielle" composée de circuits imprimés flexibles (contenant chacun des capteurs de pression, de température et de vitesse), destinés à revêtir certaines parties de l'exosquelette (illustration centrale).

"Chaque fois qu'un pied touchera le sol, [la personne qui a revêtu l'exosquelette] recevra une stimulation tactile dans une région du haut du corps", détaillait récemment Miguel Nicolelis dans un échange avec des internautes sur un réseau social. "Avec la pratique, le cerveau des patients apprendra à associer ces sensations tactiles [aux mouvements] des membres inférieurs, les aidant à restaurer le sentiment de posséder, à nouveau, un corps "complet"."

D'autres laboratoires ont développé les très fines électrodes qui doivent être implantées directement dans le cerveau des utilisateurs de l'exosquelette, certains chercheurs se consacrant à la conception de logiciels analysant les signaux électriques détectés.

La mécanique de l'exosquelette est inspirée de machines déjà utilisées, en milieu clinique, pour la rééducation motrice de certains patients. L'objectif des chercheurs est de la rendre parfaitement autonome.

"Notre ambition est de faire des fauteuils roulants des pièces de musée", a déclaré Miguel Nicolelis, le 29 juin 2013, à l'occasion d'une conférence de presse, où il a officialisé le partenariat initié de longue date avec la FIFA.

Neuf jeunes hommes et femmes paraplégiques ont débuté, mi-janvier 2014, un entraînement avec l'exosquelette Walk Again. A l'issue de plusieurs mois de travail, l'un d'eux sera bientôt désigné pour donner le premier coup de pied du Mondial 2014.

"Si tout fonctionne comme nous l'avons prévu, il sera une étape importante pour la science brésilienne", a récemment commenté le coordinateur du projet. "Ce sera comme envoyer l'homme sur la Lune. J'aime utiliser cette métaphore parce que nous allons atteindre un niveau d'audace et d'innovation que l'on n'associe guère, à l'étranger, avec le Brésil".

En savoir plus