Thyroïde : 20% des ablations inutiles

Près de 21% des ablations de la thyroïde sont pratiquées pour des nodules bénins. Plus problématique encore, ces opérations inutiles sont réalisées le plus souvent sans analyse préalable. Ce sont les conclusions d'un rapport de l'Assurance maladie. Se référant à ce même rapport, dans un communiqué du 3 octobre 2013, l'UFC-Que Choisir avait déjà alerté sur le caractère "aujourd'hui trop systématique" des ablations de la thyroïde, "faisant courir inutilement des risques aux Français".

Rédigé le , mis à jour le

Reportage du 22 octobre 2013

Selon les données mises en avant par l'association UFC-Que Choisir, le 3 octobre 2013, la mortalité liée aux cancers de la thyroïde est en baisse en France depuis 10 ans (375 décès l'an dernier contre 478 en 1999). Cependant, le nombre de cancers diagnostiqués a paradoxalement été multiplié par trois depuis 1990 (8.211 en 2012 contre 2.531 en 1990). Une recrudescence "liée à la détection, nouvelle, de petits, voire d'infimes nodules (moins de 1 cm, voire 2 mm)".

L'Institut du cancer (INCa) et la Haute autorité de santé (HAS) ont réalisé en 2010 un guide sur la prise en charge d'un cancer de la thyroïde. Ce document rappelle que "l'intervention n'est pas justifiée en cas de nodule bénin, et, pour les cancers de très petite taille, l'opération (ablation complète) est très discutée, d'autant qu'elle n'est pas anodine et peut nécessiter un traitement par hormones thyroïdiennes à vie, qui a ses complications propres.

Or, "ces petits nodules, même cancéreux, bien souvent n'évoluent pas et ne devraient pas être retirés mais faire l'objet d'une surveillance", expliquait alors l'UFC-Que Choisir, se référant aux préconisations d'un groupe d'experts publiées en août 2013, dans le British Medical Journal (voir notre article du 28 août 2013).

Mais l'association, sur la base d'un rapport de l'Assurance-maladie, "resté trop confidentiel", alertait sur le fait que les chirurgiens opèrent parfois "des nodules qui ne sont même pas cancéreux". Selon ce rapport, "21% des ablations sont pratiquées pour des nodules en fait bénins".

Selon l'UFC-Que Choisir, l'explication principale de ce sur-traitement réside dans le fait que 20% des opérés ne bénéficient pas d'une échographie et que, dans 70% des cas, les cellules de la thyroïde ne sont pas prélevées pour analyse. Or, la combinaison de ces deux examens permettrait d'estimer la nature du nodule, "celui-ci s'avèrant bénin dans 65% des cas" selon l'association.

Environ 40.000 thyroïdectomies (ablations de la thyroïde) sont réalisées chaque année en France. Elles concernent des femmes dans 80% des cas.

Une fois la thyroïde retirée, il faut suivre à vie un traitement à base d'hormones de substitution, les hormones thyroïdiennes intervenant dans de très nombreux processus physiologiques (régulation de la température, absorption intestinale de glucides...). Trouver le bon dosage de ces hormones de substitution peut prendre plusieurs mois.

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