Thérapies cellulaires : le premier laboratoire européen

Cancer du sang, diabète ou encore insuffisance cardiaque : les traitements par thérapies cellulaires continuent de se développer. L'aventure a commencé en 2009, quand pour la première fois en Europe, une autorisation de mise sur le marché a été accordée à un médicament issu de ces thérapies. Il s'agissait alors de traiter des lésions de cartilage du genou. L'espoir des premières découvertes a laissé place à une activité économique structurée.

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Thérapies cellulaires : le premier laboratoire européen

C'est l'histoire d'un pari fou. Industrialiser la médecine personnalisée. Un laboratoire public de 2000 mètres carré sera consacré à la fabrication des médicaments issus de thérapies cellulaires pour traiter des pathologies graves, souvent sans alternative thérapeutique. Le principe consiste à réparer des tissus abîmés grâce à des cellules souches pouvant devenir des cellules de peau, de muscle ou encore de cœur. L'objectif est de produire 5.000 traitements par an. Un outil gigantesque au service d'une technologie en pleine croissance.

Selon le président de la plateforme de thérapie cellulaire Cellforcure (en région parisienne), Pierre Noël Lirsac, l'industrialisation des thérapies cellulaires, aujourd'hui réservées à des laboratoires d'excellence, permettra de démocratiser ce type de traitement, "mais cela reste de la médecine personnalisée : un médicament pour un patient donné", insiste-t-il.

Quelques traitements sont en cours

Dans un premier temps, seuls cinq traitements vont être produits dans ce laboratoire. Ces thérapies cellulaires, encore en phase d'essai clinique, concernent les maladies suivantes : le cancer du sang, le diabète, l'incontinence anale, le mélanome et insuffisance cardiaque. Elaborés dans des unités individuelles soumises à des conditions d'hygiène et de sécurité drastiques, afin d'éviter toute contamination, ces traitements seront réinjectés pour réparer des tissus, des organes. Un coeur, par exemple. Imaginons un patient victime d'insuffisance cardiaque après un infarctus. Le procédé consiste à lui prélever une petite quantité de moelle osseuse au niveau du bassin et à envoyer ces cellules de moelle à la nouvelle plateforme. "Ces cellules seront ensuite cultivées, amplifiées puis multipliées après avoir sélectionné celles qui sont d'intérêt. A partir de là, le médicament sera conditionné puis réinjecté au patient pour son traitement", explique Pierre Noel Lirsac.

Une mécanique bien huilée

Le processus dure deux semaines, au cours desquelles les techniciens surveillent le bon développement des cellules sélectionnées. Le but étant de passer de un million de cellules à un milliard. Une fois ce nombre atteint, le produit est contrôlé. La culture cellulaire peut alors être envoyée sous forme de seringue. Ce n'est que quelques semaines plus tard, une fois la phase de test terminée que la production démarrera. Le laboratoire règle les derniers détails pratiques avec le cardiologue de Toulouse où a été élaboré cette thérapie cellulaire cardiaque. Injectées à plusieurs endroits, les cellules souches vont peu à peu réactiver la circulation du sang et réparer les tissus endommagés.

"Pour nous, c'est quelque chose de révolutionnaire. On a encore besoin d'ajuster les indications, de trouver les bons patients, de déterminer les bonnes zones d'injections. Mais, on peut dire qu'en France, il y aurait probablement des centaines voire des milliers de patients qui pourraient en tirer bénéfice (thérapies cellulaires, ndlr)", conclut le Professeur Jérôme Roncalli, cardiologue au CHU de Toulouse.

Toutes pathologies confondues, ce sont plus de 5.000 patients qui pourraient être traités par des médicaments issus de thérapies cellulaires et produits dans ce laboratoire.

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