L'épouse de Vincent Lambert fait appel devant le Conseil d'Etat

L'épouse de Vincent Lambert a annoncé le 28 janvier 2014 à l'AFP avoir fait appel, devant le Conseil d'Etat, de la décision de justice interdisant "l'arrêt du maintien en vie artificielle" de son mari.

Rédigé le

Entretien avec François Lambert, neveu de Vincent Lambert

"Je fais appel devant le Conseil d'Etat contre la décision de la justice administrative qui a interdit de cesser le traitement et l'arrêt du maintien de vie artificielle", a-t-elle déclaré à un journaliste de l'AFP. Une décision qui fait suite à une tribune publiée sur le site internet du quotidien Le Monde dans laquelle cinq frères et sœurs ainsi que le neveu de Vincent Lambert ont demandé "instamment à Madame Marisol Touraine, à toutes les institutions compétentes, aux médecins, aux intellectuels que ce verdict effraie, de se prononcer par écrit, clairement, et de façon urgente, auprès de Monsieur le Directeur Général du CHU de Reims en faveur d'un recours".

Les directives anticipées ont été mises en place par la loi Leonetti de 2005. Il s'agit d'une déclaration écrite par toute personne majeure dans le but de préciser ses souhaits quant à sa fin de vie, prévoyant l'hypothèse où elle ne serait pas, à ce moment-là dans la capacité d'exprimer sa volonté. Leur utilisation reste très confidentielle. Moins de 2% des personnes y ont eu recours, selon une étude de l'Ined.

"Faute de quoi, Vincent - mais aussi toutes les personnes pouvant un jour se retrouver dans sa situation - risque fort de devoir continuer à vivre dans la souffrance et le déni de sa volonté clairement exprimée par oral : Vincent n'anticipait pas cette situation au point d'écrire ses directives, comme 98% de la population française", expliquent les membres de la famille du patient tétraplégique hospitalisé à Reims depuis 5 ans dans un état végétatif chronique.

Un désaccord familial

Le 16 janvier dernier, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne avait ordonné aux médecins de l'hôpital de Reims de poursuivre l'alimentation et l'hydratation artificielles de Vincent Lambert alors que son épouse et une partie de sa famille avaient donné leur accord à l'arrêt des soins. Ils ont, ainsi que l'hôpital, jusqu'à vendredi inclus pour déposer un recours devant le Conseil d'Etat.

Les parents, des catholiques traditionalistes, avaient saisi la justice pour s'opposer à la décision collégiale des médecins et des équipes soignantes.

A l'occasion de ses vœux à la presse, la ministre de la Santé avait annoncé que "si l'épouse de Vincent Lambert prend la décision d'introduire un appel devant le Conseil d'Etat, le CHU de Reims accompagnera son appel par un appel de son côté".

"On attend de notre côté un signe du CHU, on attend de la direction de l'hôpital qu'elle aille au bout de la démarche qu'elle a initiée et qu'elle ne laisse pas l'épouse de Vincent seule", a expliqué à l'AFP Sara Nourdin, l'avocate de Rachel Lambert, l'épouse du malade.

"Il faut que la direction du CHU prenne ses responsabilités, les proches de Vincent souhaitent que le Conseil d'Etat tranche dans cette affaire douloureuse pour nous mais également problématique pour tous les services concernés par des patients comme Vincent", a pour sa part ajouté François Lambert, le neveu du patient, signataire de la tribune.

Pour Jean Paillot, un des avocats des parents de Vincent Lambert, "c'est uniquement à sa femme que doit revenir la responsabilité d'engager une procédure d'appel et sûrement pas l'hôpital ni à l'Etat de prendre la place de la famille".

VOIR AUSSI :

Sponsorisé par Ligatus