Interdiction des cabines à UV en Australie. Où en est la France ?

Les cabines de bronzage, reconnues dangereuses pour la santé, seront interdites en Australie à partir du 1er janvier 2015. C'est le deuxième pays au monde à prendre cette décision après le Brésil. En France, si la pratique est réglementée, elle reste légale et fréquente.

Rédigé le , mis à jour le

Interdiction des cabines à UV en Australie. Où en est la France ?
Interdiction des cabines à UV en Australie. Où en est la France ?

Ce sont précisément quatre états de l'Australie qui ont interdit l'utilisation des cabines à Ultra Violet : Nouvelle-Galles-Du-Sud, Victoria, Queensland et Australie-Méridionale. D'après le Cancer Council, l'Australie est le pays dont le taux de mélanomes est le plus élevé au monde avec 11.000 cas diagnostiqués et 2000 morts chaque année. L'utilisation de ces cabines avant 35 ans augmenterait de 59% le risque de développer un mélanome cutané. Le mélanome est le plus grave des cancers de la peau.

Les recommandations de l'OMS

La pratique du bronzage artificiel en cabine ou par des lampes est fortement déconseillée. Elle est par ailleurs interdite aux mineurs.

Pour certains groupes, il existe un risque particulièrement élevé d'effets indésirables. Ils doivent donc être particulièrement vigilants :

- les gens appartenant aux phototypes cutanés I ou II (peaux très claires et claires)

-les enfants et les adolescents (tous les moins de 18 ans)

- les gens qui ont un grand nombre de grains de beauté ou des taches de rousseur

- les sujets qui ont des antécédents de coups de soleil fréquents au cours de l'enfance

- les personnes qui présentent des lésions cutanées précancéreuses ou cancéreuses

- les gens dont la peau est endommagée par le soleil -les personnes qui se maquillent. Les produits cosmétiques peuvent renforcer leur sensibilité à l'exposition aux UV

- les personnes qui prennent des médicaments. En pareil cas, elles doivent demander conseil à leur médecin afin de déterminer si le médicament qu'elles prennent va les sensibiliser aux UV.

 

L'organisme a félicité le gouvernement d'avoir "placé la santé des Australiens avant les intérêts économiques".

En France, la pratique du bronzage par UV artificiels continue de s'étendre et le marché des cabines est au beau fixe. Selon l'Institut national du cancer (INCA), environ 3 millions de personnes passent par ces cabines UV à haut risque pour la santé. Les lampes utilisées émettent un rayonnement en UVA dont l'intensité peut être la même que celle du soleil dans les zones subtropicales.

Selon une étude réalisée par l'InVs en 2010, un quart des français pense que l'exposition aux UV artificiels prépare la peau au soleil, ce qui est révélateur d'un manque de connaissances des dangers.

En 2009, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a qualifié les UVA et les UVB d'agents cancérogènes certains pour l'homme et a conclu que les utilisateurs de cabines UV augmentent leur risque de développer un mélanome cutané.

L'INCA rappelle que le nombre de cancers de la peau a triplé entre 1980 et 2012, et le mélanome cutané, la forme la plus agressive, se place au 9ème rang.

Si un décret a été adopté par le gouvernement en 2013 afin de durcir la réglementation, jusqu'à présent toutes les tentatives d'interdiction de ces cabines ont échouées. Un rapport du Sénat qui préconisait cette interdiction a été classé sans suite en juillet 2012. De son côté, l'Académie de médecine a demandé l'interdiction de la promotion des cabines à UV.

En savoir plus :