Fukushima : le risque de cancer est confirmé

Deux ans après la catastrophe de Fukushima, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) évalue, pour la première fois, les risques sur la santé des Japonais. Dans les zones situées à proximité de la centrale, le risque de cancer de la thyroïde chez les femmes et les enfants est en augmentation. Mais il semble minimisé au regard de l'organisation Greenpeace.

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Fukushima : le risque de cancer est confirmé
Fukushima : le risque de cancer est confirmé

Les populations situées à proximité de Fukushima, c'est-à-dire dans un rayon de 20 kilomètres autour de la centrale, présentent un risque majoré de déclarer un cancer de la thyroïde. C’est dans cette zone contaminée que l'on trouve les doses de radiations les plus élevées. Selon les experts de l'OMS, le risque d'avoir un cancer de la thyroïde s'élève à 70% chez les petites filles, exposées dès leur naissance aux radiations.

Plus de cancers

Les risques du cancer du sein ont augmenté de 6% chez les femmes et les filles, ceux d'une leucémie de 7% chez les hommes comme chez les nourrissons exposés. En dehors de cette zone contaminée, les risques chutent au moins de moitié.

Voilà une des données parmi des centaines, exposées dans un rapport mondial long de 166 pages, dans lequel des experts internationaux évaluent les risques pour la santé de la catastrophe survenue au Japon en mars 2011.

Une partie de ce rapport est consacrée au cas spécifique des travailleurs d'urgence qui sont intervenus dans la centrale. Il s'avère que les deux tiers environ de ces secouristes présenteraient des risques de cancer semblables à ceux de la population générale, et un tiers d'entre eux aurait un risque majoré.

Un risque minimisé ?

Dès la publication de ce rapport, l’organisation Greenpeace a vivement réagi : "le rapport de l'OMS sous-estime honteusement l'impact des premières radiations de la catastrophe de Fukushima sur les personnes présentes à l'intérieur de la zone d'évacuation dans un rayon de 20 kilomètres, et qui n'ont pas été capables de partir rapidement", a estimé Rianne Teule, experte en radiation nucléaire au sein de l'organisation militante.

Une population sous surveillance

Toutefois, il semble encore tôt pour évaluer le risque de cette exposition aux radiations sur la santé des Japonais. Le rapport de l'OMS souligne d'ailleurs le fait qu'il faudra surveiller à long terme l'état clinique de ce ces personnes, "tout en fournissant les services nécessaires de suivi médical et de soutien"n a déclaré le Dr Maria Neira, directeur du département Santé publique et Environnement de l'OMS. En clair, il faudra surveiller la nourriture et l'environnement sur très long terme. "Cela va rester durant des décennies un élément important de l'action de santé publique engagée face à la catastrophe".

De son côté, le Dr Angelika Tritscher, du département Sécurité sanitaire des aliments de l'OMS, indique qu'il faudra aussi "renforcer les services médicaux et de soutien, assurer une surveillance continue de l'environnement, en particulier des aliments et de l'eau, et veiller à l'application de la réglementation existante, en vue de réduire à l'avenir l’exposition potentielle aux radiations".

En savoir plus

Le rapport de l'OMS :

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