Cancers et fertilité : attention aux poissons d’eau douce !

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) recommande de limiter la consommation de certaines espèces de poissons d'eau douce comme l'anguille, le barbeau ou la carpe, pour les femmes enceintes et les enfants. 

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Cancers et fertilité : attention aux poissons d’eau douce !
Cancers et fertilité : attention aux poissons d’eau douce !

D'après l'étude nationale de l'Anses, rendue publique jeudi 19 janvier 2012, ces poissons seraient fortement imprégnés de PCB (polychlorobiphényles), des substances chimiques néfastes pour la fertilité, les cancers et la croissance.

- Poissons fortement imprégnés en  PCB : anguille, barbeau, brème, carpe, silure

- Zones les plus contaminées : Seine, Somme, Rhin, Rhône

Recommandations de consommation

- 1 fois tous les 2 mois pour les femmes en âge de procréer, enceintes ou allaitantes, les enfants de moins de 3 ans, les fillettes et les adolescentes.

- 2 fois par mois pour le reste de la population.

Les PCB ont été fabriqués industriellement à partir de 1930. Leur stabilité chimique et leur ininflammabilité ont conduit à utiliser ces produits principalement comme fluides diélectriques (huile) dans les transformateurs et les condensateurs, mais également dans certains radiateurs ou autres équipements électriques.

Ils ont été largement utilisés comme lubrifiants dans les turbines et les pompes, dans la formation des huiles de coupe pour le traitement du métal, les soudures, les adhésifs, les peintures et les papiers autocopiants sans carbone. Les principaux effets critiques mis en évidence sont des effets sur le développement mental et moteur chez le jeune enfant exposé pendant la grossesse ou l'allaitement. Ils en auraient également sur la fertilité, les cancers et la croissance. 

Depuis 1987, les PCB - ou pyralènes - sont interdits en France, mais ils subsistent dans l'environnement et notamment dans les rivières. L'objectif de l'étude menée par l'Anses et l'Invs (Institut de Veille Sanitaire) était de mettre en évidence l’imprégnation sanguine aux PCB des adultes consommateurs de poissons d’eau douce.

606 pêcheurs amateurs ou membres de leur foyer et 16 pêcheurs professionnels dans les principales zones contaminées (Somme, Seine, Rhin, Rhône) ont été inclus dans l'étude.

L'étude devait également établir la fréquence de consommation de ces poissons. Et il est assez faible (en moyenne 1 fois/mois chez les pêcheurs amateurs), en particulier pour les poissons que l’on dit fortement bio-accumulateurs de PCB (environ 2,5 fois/an). Seuls 13 % de la population des pêcheurs amateurs de l'étude consomment des poissons fortement bio-accumulateurs plus de deux fois par mois.

Très peu de participants dépassent le seuil d'imprégnation critique, mais la consommation des poissons fortement bio-accumulateurs était associée à une augmentation de l’imprégnation aux PCB.

L'Anses va mener des études complémentaires pour déterminer à quelle fréquence maximale peut-on consommer sans risque de ces poissons fortement imprégnés aux PCB.

Source : Anses, 19 janvier 2012

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