ASCO 2012 : le congrès qui lutte contre le cancer

De nombreux essais cliniques aux résultats prometteurs ont été présentés ce week-end, à Chicago (Etats-Unis) lors du 48 ème congrès de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO). Plus de 30 000 chercheurs du monde entier étaient présents. Avec 413 présentations, la France est le second contributeur de recherches après les Etats-Unis. Ce congrès a mis en évidence de nombreuses avancées pour le traitement de certains cancers, principalement les cancers ovariens de la prostate, de la peau et du sein.

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ASCO 2012 : le congrès qui lutte contre le cancer

- Entretien avec le Pr. Karim Fizazi, chef du département médecine oncologique de l'Institut de cancérologie Gustave-Roussy à Villejuif, invité du Magazine de la santé du 7 juin 2012 -


Cancer de la prostate

Pour les cancers de la prostate, un nouveau traitement contre la propagation de métastases, efficace dans 60 % des cas, a été testé chez les hommes ne répondant plus aux thérapies hormonales et pas encore traités en chimiothérapie.

La molécule, l'acétate d'abiratérone, retarde le développement de la douleur et la détérioration de l'état général du malade. Durant l'essai clinique, les hommes bénéficiant de la molécule ont eu une période de 16 mois de répit avant que le cancer n'empire à nouveau, contre 8,3 mois pour les hommes du groupe placebo.

Ce sont des résultats intermédiaires, les données finales devraient être disponibles en 2014. Actuellement, selon l'ASCO seulement un tiers des hommes atteints de ce type de cancer guérissent complètement.

Cancer de la peau

Deux molécules, Trametinib et Dabrafenib, ont été présentées comme des anticancéreux de haute précision ciblant des mécanismes spécifiques des tumeurs de types mélanome.

Le Trametinib, neutralise une protéine responsable de la croissance de la tumeur. Alors que le Dabrafenib empêche un gène mutant de produire une protéine qui favorise la progression du mélanome. L'essai sur le Trametinib a montré une réduction de 55 % du risque de progression de la tumeur et une diminution de 46 % du risque de décès liés à un mélanome. En ce qui concerne le Dabrafenib, les résultats montrent une baisse de 70 % du risque de progression du mélanome, par rapport à un traitement de chimiothérapie classique. Selon l'OMS, 80% des cancers de la peau sont des mélanomes, et plus de la moitié des personnes diagnostiquées ont moins de 59 ans.

Cancer du sein

Une autre thérapie expérimentale présentée au congrès de l'ASCO permettrait une survie "absolue" sans progression du cancer du sein de 9,4 mois, contre 6,4 mois avec les traitements classiques.

De nombreux cancérologues jugent ce traitement plus efficace et moins toxique que les médicaments actuellement utilisés. Ici, l'agent anti cancer acheminé grâce à un anticorps qui se fixe à la surface des cellules cancéreuses et libèrent la toxine à l'intérieur pour les détruire. Ce mode d'action, appelé immunothérapie, est actuellement utilisé pour traiter les leucémies et était jusqu'alors contre-indiqué pour les autres types de cancers. Ces résultats pourraient  donc ouvrir la voie à d'autres thérapies, pour agir sur d'autres types de tumeurs.

Cancer ovarien

Pour les cancers ovariens, un mélange de médicaments anticancéreux bloquant la progression de la tuemeur a été présenté. Une chimiothérapie classique combinée à la prise d'Avastin® multiplie par deux, en moyenne, le temps durant lequel le cancer ne progresse pas. L'Avastin® empêche la formation de vaisseaux sanguins nourriciers autour de la tumeur. L'essai clinique a été mené sur des femmes atteintes de tumeurs situées sur les ovaires ou sur les trompes de phallope avec une progression de la tumeur dans les six mois ayant suivit leur dernière dose de chimiothérapie classique.
C'est le premier traitement combiné qui donne des résultats encourageants pour la survie des patientes. Actuellement 70 % des patientes malades décèdent cinq ans après le diagnostic.

 

En France on peut bénéficier de toutes les molécules, les plus récentes du fait des nombreux essais cliniques en cours. De plus, les plateformes de biologie cellulaire chargées d'analyser les tumeurs des patients sont très performantes, capables de donner des résultats en 10 jours. Cela permet au personnel soignant de déployer rapidement le traitement le plus adapté.
Pour faire partie d'un essai clinique, il existe un registre consultable en ligne sur le site internet de l'institut national du cancer (INCa). Pour être sûr de correspondre à tous les critères de l'essai, il est indispensable de demander conseil à son médecin.

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