6000 chercheurs contre les maladies infectieuses

Réunis en congrès annuel, des experts en microbiologie font l'état de leurs recherches, du 17 au 20 septembre 2011, à Chicago. Parmi les sujets brûlants, la résistance des bactéries aux antibiotiques et la contamination alimentaire.

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6000 chercheurs contre les maladies infectieuses
6000 chercheurs contre les maladies infectieuses

A l'occasion du 51ème Congrès annuel sur les maladies infectieuses, l'Interscience Conference on Antimicrobial Agents and Chemotherapy (ICAAC), près de 9000 participants, dont 6000 chercheurs, se sont réunis à Chicago pour discuter des dernières avancées scientifiques en microbiologie.

L'émergence des souches résistantes aux antibiotiques se retrouve au cœur des préoccupations. Parmi les bactéries surveillées, celles dites à Gram négatifs, dont Escherichia Coli, la Salmonella et les Pseudomonas. Elles ont une membrane plus épaisse et donc plus résistante aux antibiotiques. Elles sont responsables des 60 % des infections, particulièrement les infections pulmonaires nosocomiales, du conduit urinaire et du sang.

Autre objet d'attention, la contamination par l'alimentation est devenue un sujet particulièrement d'actualité, après les 51 décès liés à Escherichia Coli en Europe. La consommation massive des antibiotiques dans l'élevage, pour protéger les animaux ou accélérer leur croissance, favorise l'apparition des souches résistantes.

Une souche de Salmonella, la Salmonelle Heidelberg, est devenue résistante à la plupart des antibiotiques. Beth Karp, vétérinaire épidemiologiste aux Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies a déclaré que "de 2008 à 2010 les cas de résistance sont passés de 8 % à 24 % (du total) et dans les poulets vendus au détail, les infections - comme des gastro-entérites - provoquées par la Salmonelle Heidelberg ont atteint 31% en 2009 contre 1 7% en 2008."

Un autre risque serait "des gènes codant la résistance aux antibiotiques chez des bactéries colonisant des animaux peuvent aussi être transmis à des pathogènes infectant les humains" selon le docteur Awa Aidara-Kane, microbiologiste et coordinatrice du groupe de surveillance de résistance antimicrobienne à l'OMS.

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) demande entre autres aux pays de veiller à la consommation excessive des antibiotiques dans l'élevage et de l'intégrer à une politique globale de santé publique. Consciente du problème, la Food and Drug Administration (FDA) avait appelé les agriculteurs américains à réduire les doses d'antibiotiques, mais sans prendre de mesures.

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