Un urgentiste à domicile pour désengorger les urgences ?

En Alsace, un urgentiste se déplace au domicile des patients avec sa camionnette pour répondre à des urgences non vitales. Cette initiative étonnante est peut-être un moyen de soulager les urgences surchargées.

Charlotte Rothéa
Rédigé le
Un urgentiste à domicile !
Un urgentiste à domicile !  —  Le Mag de la Santé - France 5

À bord de cette camionnette tout à fait banale vue de l'extérieur, se trouve un binôme avec un médecin et un infirmier. Tous deux ont travaillé aux urgences plusieurs années. Désormais, ils sillonnent le nord de l’Alsace pour se rendre au chevet des malades.   

Des conditions de travail identiques à l'hôpital

Cette dame de 89 ans s’est fracturé la cheville il y a déjà plusieurs jours. Thibaut Haag, infirmier, se met rapidement au travail pour l’immobiliser. "On a une formation aux urgences pour faire les plâtres, les résines. Globalement, on travaille dans les mêmes conditions qu'à l'hôpital. Ils sont allongés sur le brancard, on a le coussin comme à l'hôpital, c’est le même matériel", explique-t-il.

Après une petite demi-heure, la visite touche déjà à sa fin. Mais une nouvelle urgence s'annonce en direction de l’Ehpad. En moyenne, l’équipe répond à six urgences par jour dans un rayon de 30 kilomètres. Elle peut être appelée par des médecins généralistes, des Ehpad, ou encore SOS médecins.

Prendre en charge les plus fragiles avant les urgences

L’idée a mûri dans l’esprit du Dr Thomas Brisson, au cours de ses 10 années passées aux urgences. "J’ai vu qu'il y avait les personnes particulièrement âgées, fragiles, qui passaient de longues périodes sur les brancards et je me suis dit que si c'était possible de les prendre en charge en amont pour leur éviter ce passage, ça pourrait être plus confortable pour elles", explique le médecin urgentiste.  

Pour concrétiser le projet, Thomas a investi 150 000 euros. La pièce maîtresse de son unité est un appareil de radiographie mobile, qui va servir pour la prochaine patiente, une dame de 98 ans qui est tombée sur sa jambe.

Il faut vérifier que rien n’est cassé dans le genou. En quelques secondes, la machine est prête. "On peut directement interpréter les radios, la qualité est quasiment identique à celle faite aux urgences", commente le Dr Thomas Brisson.

Un coût moindre pour la collectivité

Cette fois-ci, l’imagerie ne révèle aucune fracture. Une intervention de l'unité médicale mobile coûte au patient jusqu’à 30 euros de plus qu’aux urgences. 

La prise en charge coûte finalement moins cher à la collectivité qu'un passage aux urgences. Ce dépassement peut être pris en charge par une mutuelle.       

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