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Quelle sexualité après une prostatectomie ?

À quelle sexualité doit-on s'attendre après une prostatectomie ?

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Quelle sexualité après une prostatectomie ?

Les réponses avec le Pr. François Haab, urologue :

"La prostatectomie est l'opération qui est réalisée pour le cancer de la prostate. Il existe deux opérations qui concernent la prostate :

Même si les techniques maintenant cherchent à préserver ce que l'on appelle les nerfs de l'érection qui cheminent le long de la prostate, malheureusement parfois pour des raisons carcinologiques, on est obligé de sacrifier les nerfs de l'érection. Mais parfois, et cela est décevant pour nous, bien que nous préservions ces nerfs, l'érection sera altérée après la chirurgie donc il faut une rééducation.

  • l'opération pour l'adénome de prostate qui n'a qu'une seule conséquence sur la sexualité chez environ un patient sur cinq : l'éjaculation rétrograde, c'est-à-dire que le liquide séminal part dans la vessie au lieu d'aller vers l'extérieur. Cette chirurgie pour des lésions bénignes de la prostate est la plus fréquente (60.000 opérations par an en France).
  • pour le cancer de la prostate où on retire toute la glande prostatique, il y a des conséquences sexuelles : il n'y a plus du tout d'éjaculation car il n'y a plus de production de liquide séminal et des dysfonctions érectiles qui concernent la majorité des patients.

"La récupération peut être longue. On voit parfois des patients qui plus de deux ans après l'intervention vont récupérer leur sexualité et en particulier leur érection. Mais cette récupération ne peut avoir lieu que s'il y a eu une prise en charge. Si on attend sans rien faire, on a aucune chance de récupérer. On prescrit donc très vite une forme de rééducation sexuelle quasiment dès le mois qui suit l'intervention avec des médicaments, avec des injections à faire dans la verge… pour provoquer les érections et permettre à la mécanique sexuelle de fonctionner. Mais c'est un vrai sujet et on voit beaucoup d'hommes très malheureux parce qu'ils n'ont pas forcément anticipé l'importance de l'intervention et de ses conséquences.

"Je n'ose pas imaginer qu'un patient n'ait pas été informé, tout d'abord parce que les médecins et les urologues en parlent forcément, ensuite parce que les informations sont partout… Quand on a des statistiques et que l'on dit que ça va concerner 80% des patients, on se dit toujours qu'on sera dans les 20% restants. Et le patient est très concentré sur "je veux guérir". On est alors dans la première phase (je veux guérir) et ensuite, on se dit qu'on va guérir car on a retiré le cancer et alors on veut savoir ce que l'on fait des séquelles… Souvent les patients sont très malheureux avec ce problème, il faut vraiment les accompagner."

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