La PMA à l’épreuve de l’épidémie de Covid-19

Toutes les activités d’assistance médicale à la procréation ont été stoppées depuis le début de la crise sanitaire. Quelles sont les conséquences pour les milliers de femmes concernées ?

Par Lucile Degoud

Rédigé le , mis à jour le

C’est encore un "dommage collatéral" du confinement. Pendant deux mois toutes les activités de PMA ont été à l’arrêt en France, car non essentielles et aussi parce qu’au début de l’épidémie les autorités sanitaires s’interrogeaient sur les éventuels risques liés au Covid sur les PMA. Concrètement, toutes les femmes, tous les couples, qui étaient dans un parcours de PMA ont dû l'arrêter  : pas de stimulation ovarienne, pas d’insémination, pas de FIV...  

La situation de la PMA à l’étranger

Le constat a été le même à l'étranger. Il était évidemment impossible de traverser les frontières pendant le confinement et donc impossible pour les femmes de se rendre en Espagne, en Belgique, ou au Danemark, qui sont les pays étrangers où les Françaises se rendent le plus pour une PMA. 

 Et en Espagne, par exemple, comme en France, les centres de PMA ont aussi fermé leurs portes complètement, pendant plusieurs semaines. 

Un retour à la "normale" avec le déconfinement ? 

Pour les femmes suivies en France, les PMA reprennent progressivement depuis mi-mai, selon les recommandations de l’Agence de la biomédecine. Mais il ne s'agit pas du tout d'un retour à la normale :

Quid de la situation à l’étranger ?  

Pour l'instant, les frontières sont toujours fermées avec la France.

Quelles sont les conséquences de cet arrêt temporaire des PMA ?

Des milliers de femmes sont concernées et cette interruption de quelques mois dans un parcours de PMA n’est pas du tout anodin pour elles. On parle d’arrêt de deux ou trois mois dans le meilleur des cas mais probablement beaucoup plus pour certaines PMA à l’étranger.

Une conséquence politique avec un report du vote de la PMA pour toutes

On peut comprendre que dans ce contexte d’urgence sanitaire, la PMA pour toutes ne soit pas la priorité maintenant mais deux ans, c’est quand même très long...

Le ministre de la Santé Olivier Véran a tenté de temporiser dans un tweet le 21 mai : "La loi bioéthique porte de nombreuses, belles et réelles avancées sociétales. Le débat parlementaire n’est pas achevé, et si la priorité donnée à la crise sanitaire rend difficile son adoption avant l’été hélas, elle le sera dans les tout prochains mois !"

La crainte qu’on repousse l’adoption de la loi sous couvert d’urgence sanitaire

Les pro-PMA pour toutes -associations, avocats, médecins, élus de l’opposition et de la majorité- ont publié une tribune dans le Journal Du Dimanche le 31 mai pour exiger l’inscription du projet de loi en seconde lecture dès le mois de septembre à l’Assemblée. Pour les partisans de la PMA pour toutes, cette loi est une urgence pour les femmes. De plus, c’était une promesse de campagne du candidat Macron, même si le projet de loi n’est pas consensuel et qu'il y a beaucoup d’opposants à la PMA pour toutes en France. 

Finalement cette pandémie montre encore plus la nécessité de cette loi pour que toutes les femmes puissent avoir recours à la PMA en France, sans discrimination.