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Vaccins combinés : quels avantages ?

Les vaccins disponibles en France contre les trois maladies à protection obligatoire (diphtérie, tétanos, poliomyélite) sont presque toujours combinés avec des vaccins non-obligatoires. Cet état de fait préoccupe les tenants d'une vaccination "minimale". Alors que le Conseil constitutionnel doit se prononcer ce 10 mars sur la notion d'obligation vaccinale, la question de l'intérêt de la combinaison des préparations vaccinales est rarement abordée.

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Vaccins combinés : quels avantages ?
Il est possible de se faire vacciner contre plusieurs maladies en même temps. Dès lors que les différents composants n'interagissent pas entre eux, les préparations vaccinales peuvent être administrées simultanément, en une seule injection.

Certains vaccins contiennent plus d'un type d'antigènes(1). L'organisme est en effet capable de réagir simultanément contre un nombre très important(2) d'antigènes distincts, avec la production de différents types d'anticorps associés (et/ou le déclenchement de mécanismes de défenses cellulaires spécifiques).

Les vaccins combinés disponibles :

ROR (rougeole, oreillons, rubéole) ; recommandé à 12 mois, puis rappel entre 13 et 24 mois (ou à 9 mois et rappel entre 12 et 15 mois pour les enfants en collectivités).
DT-Polio (vaccin diphtérique, tétanique et poliomyélitique), recommandé chez l'adulte en rappel d'une vaccination antérieure, à 45, 65 ans, puis tous les 10 ans.
DTCP (DT-Polio + vaccin coquelucheux), recommandé en rappel chez l'enfant à l'âge de 6 ans, puis entre 11 et 13 ans et à 25 ans.
DTCP-Hib (DTCP + vaccin contre Haemophilus influenzae type b). Trois injections à 2, 4 et 11 mois.
DTC-HepB-P-Hib (DTCP-Hib+ hépatite B). Trois injections à 2, 4 et 11 mois.

En France, les seuls vaccins obligatoires sont le vaccin contre la diphtérie et le tétanos (primo vaccination et rappel à 11 mois) et celui contre la poliomyélite (primo vaccination et rappels, jusqu'à 13 ans). De nombreux autres, bien que seulement recommandés (selon la terminologie officielle), sont jugés indispensables par les professionnels de santé.

Source : calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2014 (ministère de la Santé/HSCP)

Les injections de vaccins combinés sont généralement privilégiées aux injections de vaccins contenant un seul antigène, afin de réduire le nombre d'injections.

"Imaginez-vous le nombre [d'injections] que l'on serait amené à faire si on devait séparer [les vaccins] : ce serait invivable pour les enfants, [et les patients] passeraient leur vie chez nous !" résumait le Dr Robert Cohen, pédiatre-infectiologue à l'hôpital intercommunal de Créteil, dans notre émission.

Les agences de santé publique notent en outre que ce mode de vaccination améliore le respect du calendrier vaccinal (moins de rendez-vous médicaux), ce qui permet d'accroître la couverture vaccinale contre de nombreuses pathologies(3).

Plus prosaïquement, les vaccins combinés ont des avantages en termes de stockage, ainsi que de temps consacrés au geste vaccinal (moins de rendez-vous pris, durées de consultations réduites). Il est en outre beaucoup plus simple de vérifier que les rappels sont à jour.

 

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(1) C'est-à-dire des molécules déclenchant une réponse immunitaire de l'organisme.

(2) Ces vaccins ne « surchargent » pas le système immunitaire : le système immunitaire humain a une capacité très importante de répondre aux antigènes. Selon des travaux publiés en 2002 dans la revue Pediatrics, l'organisme d'un nourrisson en bonne santé pourrait répondre sans danger à l'administration simultanée de 10.000 antigènes. Un vaccin combinant dix types d'antigènes mobiliserait ainsi moins de 0,1% de son système immunitaire. (Voir : Addressing Parents' Concerns: Do Multiple Vaccines Overwhelm or Weaken the Infant's Immune System? P.A. Offit et coll. Pediatrics, 2002. doi: 10.1542/peds.109.1.124)

(3) A noter que, dans le cas du tétanos, le germe responsable de la maladie - très résistant - peut être présent dans les sols. Le phénomène de couverture vaccinale ne peut donc entrer en jeu pour cette pathologie.

 

Pour en savoir plus sur la vaccination :

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