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États-Unis : alerte sur des hystérectomies abusives dans un camp de migrants

Quatre ONG ont déposé plainte après le signalement d’un nombre important d’ablations de l’utérus non consenties pratiquées sur des migrantes. Ces femmes sont actuellement détenues dans un centre en Géorgie, aux États-Unis.

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États-Unis : alerte sur des hystérectomies abusives dans un camp de migrants
Image d'illustration. Crédits Photo : © Shutterstock / I AM NIKOM

Un taux anormalement élevé d’hystérectomie. C’est ce que Dawn Wooten, infirmière pendant trois ans au Centre privé de détention de Géorgie (Etats-Unis) a observé parmi les femmes hispanophones migrantes détenues dans cette structure.

Ces opérations chirurgicales consistant à retirer une partie ou l’intégralité de l’utérus auraient été pratiquées sans le consentement des patientes. L’infirmère a alerté plusieurs ONG, qui ont déposé plainte le 14 septembre auprès du gouvernement américain.

"Un camp de concentration expérimental"

"Quand j'ai rencontré toutes ces femmes qui ont subi cette intervention chirurgicale, je me suis dit que ça ressemblait à un camp de concentration expérimental. C'était comme s'ils faisaient des expériences sur nos corps", confie une détenue interviewée par Project South, une des ONG à l'origine de la plainte.

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Des hystérectomies "sur à peu près tout le monde"

L’infirmière lanceuse d'alerte raconte de son côté que plusieurs femmes lui avaient dit qu'elles ne comprenaient pas pourquoi on leur avait fait subir une hystérectomie. "Plusieurs détenues m'ont dit être allées voir le médecin et avoir fait l'objet d'hystérectomies sans en avoir été informées" au préalable, raconte-t-elle.

Selon la même source, un médecin en particulier "pratiquait des hystérectomies sur à peu près tout le monde".

Manquements sanitaires face au covid

La plainte déposée au nom des immigrantes détenues et de Dawn Wooten est portée par les ONG Project South, Georgia Detention Watch, Georgia Latino Alliance for Human Rights et South Georgia Immigrant Support Network. Elle vise le centre privé où certaines femmes sont détenues pour le compte de la US Immigration and Customs Enforcement (ICE), une agence de police douanière et de contrôle des frontières du Département de la Sécurité intérieure des États-Unis.

La plainte porte également sur des manquements du centre face aux dangers de l’épidémie de covid-19. Toujours selon Dawn Wooten, les responsables du centre auraient minimisé le nombre de cas positifs et n’auraient pas mis en place de protocole sanitaire pour contrôler l’épidémie.

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