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Moins de morts prématurées en Europe... mais cela va-t-il durer ?

En Europe, les niveaux de morts prématurées liées à des maladies non transmissibles (cancers, maladies cardio-vasculaires, diabète, maladies respiratoires chroniques…) sont "en recul rapide", observe ce 23 septembre l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans un rapport triennal sur la santé sur le continent européen. Mais gare à crier victoire trop tôt : les experts jugent en effet que des "niveaux alarmants" de consommation d'alcool, de tabagisme et d'obésité en Europe menacent les progrès accomplis.

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Moins de morts prématurées en Europe... mais cela va-t-il durer ?
Extrait du rapport de l'OMS. Les sources de ces données sont le système d’information mondial de l’OMS sur l’alcool et la santé (GISAH), la base de données de l’OMS, et le Rapport sur la situation mondiale des maladies non transmissibles 2014.

"La région européenne enregistre les taux les plus élevés au monde en termes de consommation d'alcool et de tabagisme et, en ce qui concerne les taux de surpoids et d'obésité, elle se classe juste derrière la région des Amériques", souligne le rapport de l’OMS. Ainsi 59% de la population est en surpoids ou obèse tandis que 30% de la population fume. Enfin, selon des chiffres datant de 2010, la consommation d'alcool est de onze litres d'alcool pur par an et par personne en moyenne sur le continent.

Le rapport de l’OMS sur la santé en Europe, réalisé tous les trois ans, couvre 39 pays dont les membres de l'Union européenne et d'anciennes Républiques soviétiques.

"Nous sommes en bonne voie, ce qui est une excellente nouvelle, mais nous ne devons pas quitter l'objectif des yeux, nous devons faire plus en matière de facteurs de risque si nous voulons vraiment atteindre les objectifs en 2020" (une réduction de la mortalité prématurée de 1,5% par an d'ici 2020), a souligné Claudia Stein, directrice de la recherche du bureau européen de l'OMS.

"Les taux de tabagisme baissent partout - sauf à de très rares exceptions - mais l'obésité augmente", souligne-t-elle encore dans un entretien avec l'AFP. "Nous ne voulons pas gagner la guerre contre l'alcool et perdre celle contre l'obésité, ou bien nous pourrions simplement effacer les progrès relevés dans ce rapport". 

Selon elle, si ces taux ne baissent pas, "nous risquons de remettre en cause les progrès réalisés en matière d'espérance de vie, ce qui pourrait signifier que la prochaine génération pourrait vivre moins longtemps que nous".

L'OMS souligne par ailleurs que les différences entre les pays en termes d'espérance de vie à la naissance et de mortalité infantile ont diminué entre les pays de la région, mais qu'elles restent "inacceptablement élevées". Selon des chiffres datant de 2010 cités dans le rapport, l'écart d'espérance de vie est de onze ans entre le haut et le bas du classement. 

L'OMS a précisé avoir eu des difficultés à obtenir les données statistiques auprès de certains pays, ce qui peut nuire à la "fiabilité" et l'exactitude" des taux présentés dans le rapport.