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Pourra-t-on un jour reformer un organe complet avec des cellules souches ?

Les cellules souches permettront-elles de faire repousser nos dents et ainsi éviter les dentiers ? Pourra-t-on un jour reformer un organe complet avec les cellules souches ?

Rédigé le , mis à jour le

Pourra-t-on un jour reformer un organe complet avec des cellules souches ?

Les réponses avec le Pr Philippe Menasché, chirurgien cardiaque, et avec le Pr Marc Peschanski, neurobiologiste Inserm :

"Faire repousser les dents avec des cellules souches n'est pas forcément de la science-fiction. Il existe des cellules souches dans la pulpe dentaire. Nous n'en sommes pas encore au stade clinique, mais il n'est pas complètement aberrant d'imaginer que ces cellules souches pulpaires puissent un jour être utilisées pour une forme de régénération dentaire ou gingivale."

"Aujourd'hui, on n'a pas les moyens de reformer un organe complet à partir de cellules souches. Et on ne sait pas par quel bout le prendre. La reconstruction d'organe constitue la frontière suivante. On a des cellules capables de former un tissu, c'est-à-dire de se regrouper, de s'organiser d'une façon plus ou moins homogène, on a même la possibilité de mélanger de temps en temps certaines cellules, c'est ce que l'on fait avec les cellules qui forment l'épiderme et les cellules qui le pigmentent. On arrive à faire un mélange et à avoir un épiderme qui se reconstruit. On commence à bricoler, on a les outils pour bricoler puisque l'on a les différentes cellules, mais il nous manque les schémas de construction. Et les schémas de construction ne viendront pas de la biologie, en tout cas on ne pense pas aujourd'hui que l'on va retrouver le programme qui fait nos magnifiques organismes avec toutes leurs particularités. Il va falloir donner des échafaudages aux cellules pour qu'elles puissent former des choses.

"Des personnes avaient commencé ce travail il y a plus d'une vingtaine d'années avec des petits vaisseaux sanguins qui sont finalement des constructions relativement simples. On pensait que cela pouvait fonctionner, il y avait une certaine plasticité mais pour aller au-delà, il va falloir articuler des recherches biologiques, des recherches chimiques, la recherche des polymères sans doute, des biophysiciens, beaucoup d'informatique… C'est pour moi la frontière de demain."

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