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L’automédication, c’est bon pour la santé… des industriels du secteur

Médicaments vendus sans prescription et non remboursés, dispositifs médicaux et compléments alimentaires non prescrits… Le marché de l'automédication a connu une croissance de 4,8% en 2016, s’élevant à près de 3,9 milliards d'euros. La croissance des seuls compléments alimentaires dépasse les 9%.

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L’automédication, c’est bon pour la santé… des industriels du secteur
L’automédication, c’est bon pour la santé… des industriels du secteur

La vente de médicaments vendus en pharmacie sans prescription et non remboursés aurait augmenté de 3,3% en valeur en 2016 sur un an en France, à environ 2,33 milliards d'euros, selon une estimation de l'association des fabricants du secteur de l’automédication (Afipa) [1].

L'automédication aurait représenté l'an dernier 10,7% des ventes des pharmacies, et contribué à hauteur de 25% à la croissance de leur chiffre d'affaires, selon l'Afipa.

En y ajoutant les dispositifs médicaux (+5% à 817 millions d'euros) et les compléments alimentaires non prescrits (+9,3% à 736 millions d'euros), ce marché aurait connu une croissance de 4,8% à près de 3,9 milliards d'euros.

Dans un communiqué, les professionnels du secteur affirment que les Français se tournent vers l’automédication "afin de s'épargner une consultation médicale pour des maladies bénignes qu'ils savent comment traiter", avec pour effet positif de "désengorger les cabinets médicaux assaillis lors des pics de pathologies hivernales".

Des affirmations qui laissent sceptiques, dès lors que l’intérêt d’une supplémentation par compléments alimentaires hors de cas avérés de carence est jugé inutile par la communauté scientifique – trois études d’envergure concluaient récemment, sans faux semblant, qu'acheter ces produits sans nécessité médicale revenait "à jeter son argent par les fenêtres". De même, de l'aveu même des pharmacologues, une part importante des "médicaments" et des "cures" en vente libre en pharmacie n’ont jamais pu démontrer d’efficacité supérieure à celle d’un placebo.

Si de nombreux produits et dispositifs médicaux en vente libre (anti-inflammatoires, béquilles...) présentent une utilité réelle, beaucoup n’apportent rien de plus que le faux sentiment d’être "pris en charge" médicalement. Les risques associés à un retard de prise en charge sérieux augmentent alors les coûts ultérieurs associés à un traitement efficace.

la rédaction d'Allodocteurs.fr, avec AFP


[1] Cette estimation, présentée ce 3 février, repose sur les données communiquées par un échantillon de 7.430 pharmacies.

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