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La France consomme toujours beaucoup (trop) d'anxiolytiques

La consommation de médicaments contre l'anxiété ou l'insomnie a connu une "baisse modérée" ces trois dernières années France, selon l'Agence du médicament (ANSM). Mais les chiffres restent encore très élevés.

Rédigé le

Entretien avec le Dr Xavier Laqueille, chef de service addictologie du centre hospitalier Sainte-Anne (Paris)

Au total, 117 millions de boîtes de benzodiazépines, une famille de médicaments prescrits contre l'anxiété ou comme somnifères, ont été vendues en 2015 en ville et à l'hôpital (contre 131 millions en 2012), selon un rapport publié mercredi 5 avril sur la consommation de ces médicaments, "la plus basse" observée depuis 2000. La proportion d’utilisateurs de cette famille de médicaments est en baisse de 5,7% en 2015 par rapport à 2012.

Une vingtaine de benzodiazépines et molécules apparentées sont commercialisées en France. Les plus utilisées sont le Xanax®, le Stilnox® et le Lexomil® (et leurs génériques).

Si une décroissance continue semble amorcée depuis 2012, "cette diminution reste modeste et le nombre de Français consommant des benzodiazépines est encore trop élevé, en particulier dans la population âgée", explique l’ANSM. En tête, les femmes qui en consomment le plus, quel que soit l’âge. Cette fréquence augmente avec l’âge et culmine chez celles qui ont plus de 80 ans.

La France se situe derrière l’Espagne au deuxième rang de la consommation des benzodiazépines en Europe, relève l'agence sanitaire. Les pays les moins consommateurs étant l'Allemagne et le Royaume-Uni.

Des risques neuropsychiatriques

La consommation de ces médicaments est loin d’être anodine. Ils peuvent en effet exposer à des risques d'ordre neurologique (somnolence, coma, convulsions, voire plus rarement amnésie) et psychiatrique (confusion mentale), ainsi qu'à des risques d'abus, de dépendance et de sevrage. Ils peuvent favoriser les chutes chez les sujets âgés. Ils accroissent également le risque d'accidents de la route et sont désormais tous classés au "niveau 3" (pictogramme rouge), incompatibles avec la conduite automobile.

Ce sont, d'autre part, les substances les plus impliquées dans la "soumission chimique" (administrées à l'insu de la victime à des fins criminelles ou de délits tels des vols).

Un peu moins d'un Français sur sept a recours aux benzodiazépines

Près de 13,4% de la population française a consommé une benzodiazépine en 2015 au moins une fois, principalement contre l'anxiété. Plus précisément : environ 6,5 millions ont consommé une benzodiazépine contre l'anxiété et environ 3,5 millions ont consommé une benzodiazépine pour dormir ("hypnotique"). S'y ajoutent 106.000 personnes ayant pris une benzodiazépine indiquée pour l'épilepsie.  

En 2015, 64,6 millions de boîtes d'anxiolytiques (64,9 en 2010) ont été vendues en ville et 46,1 millions de somnifères (contre 48,2 en 2010). Les traitements ont été initiés par un médecin généraliste dans 82% des cas. 

La consommation du clonazépam (Rivotril®), un anti-épileptique dont la prescription est devenue plus strictement encadrée, a baissé de 84% en 5 ans.

avec AFP

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