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Epuisés mais mobilisés, les soignants à nouveau en grève

Ereintés par des mois de mobilisation au sein d’un hôpital malade, déçus par le Ségur de la Santé, plusieurs syndicats et collectifs de soignants ont appelé jeudi 15 octobre à une journée de grève nationale.  

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Epuisés mais mobilisés, les soignants à nouveau en grève

Les blouses blanches sont à bout. Et elles l’étaient déjà avant la déferlante de la COVID. Pendant six semaines de négociations, les syndicats et le gouvernement ont tenté de s’accorder autour du Ségur de la santé. Mais le texte n’a pas convaincu.

“Chaque hiver, nous les urgentistes depuis 15 ans, nous réclamons des lits supplémentaires donc ça fait déjà 15 ans que nous n’avons pas de lits de réanimation. Comment va-t-on gérer à la fois les malades qui ont besoin de lits en réanimation, les malades qui ont une insuffisance cardiaque, une insuffisance respiratoire, et les malades COVID ?”, s’inquiète l’urgentiste Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France. 

34 000 postes d'infirmiers vacants

Les bras aussi viennent à manquer. De plus en plus de soignants quittent l’hôpital public épuisés et écœurés par leurs conditions de travail.  “Il y avait 7500 postes infirmiers vacants en juin, nous en sommes à 34000 et chaque semaine, des centaines d’infirmiers s’en vont, désabusés”, précise Thierry Amouroux, porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers.

Pour éviter une nouvelle tragédie, les soignants réclament plus de moyens humains et matériels. À ce jour, l’hôpital public ne tient qu'à un fil. Les soignants multiplient les heures supplémentaires, annulent leurs congés et continuent de travailler malgré un test positif à la COVID.

“Ce qu’on demande ce n’est pas 180 euros d’augmentation de salaire, mais que le personnel entende une annonce solennelle : revenez à l’hôpital public, les conditions de travail ne seront plus les mêmes!”, espère la diabétologue Agnès Hartemann, membre du collectif Inter-Hôpitaux.

Aujourd’hui, les soignants vivent dans l’angoisse d’une seconde vague épidémique. Celle, aussi, de voir s'écrouler notre système de santé. 

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