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Des maladies qui laissent au bord des larmes

Quand on parle de maladies des larmes, on pense souvent au manque de sécrétion, connu sous le nom de syndrome sec. Mais il peut aussi y avoir trop de larmes et dans ce cas, ce sont les bébés qui sont concernés. Comment se traitent ces maladies des larmes ? Quand peut-on opérer ?

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Des maladies qui laissent au bord des larmes
Des maladies qui laissent au bord des larmes
Sommaire

Qu'est-ce que les larmes ?

Marina Carrère d'Encausse et Philippe Charlier expliquent les mécanismes de la sécrétion de larmes

De l'oeil humide aux sanglots... on pleure de joie, parfois de tristesse. Si beaucoup d'animaux versent des larmes, il semblerait que celles liées aux émotions soient une expérience propre à l'humain.

La composition des larmes est proche du liquide céphalo-rachidien, le liquide dans lequel baignent notre cerveau et notre moelle épinière. Elles sont riches en sel et en antiseptiques. Ces substances sont destinées à détruire les microbes. Mais pas seulement ! Elles nourrissent en lubrifiant la cornée pour qu'elle reste souple et transparente. Enfin, les larmes servent à évacuer les corps étrangers qui ont pénétré dans l'oeil.

On produit habituellement environ 0,1 ml de larmes par heure. Et ce sont des petites glandes qui les sécrètent, elles sont situées dans la partie extérieure du haut de l'oeil. Cette sécrétion se fait à partir du sang qui nourrit les glandes lacrymales. Tout s'évacue ensuite par deux petits orifices et part dans le nez grâce à un petit canal : le canal lacrymonasal. C'est la raison pour laquelle lorsqu'on pleure beaucoup, on a la goutte au nez.

Libérer les larmes

Attention, images d'intervention chirurgicale : un sonde est posée pour permettre au larmes de s'écouler normalement.

Il arrive que les canaux d'évacuation des larmes se bouchent, 5% des nourrissons sont concernés. On pourrait penser que ce petit souci n'en est pas vraiment un puisque les canaux bouchés empêchent les larmes de sortir et donc les bébés de pleurer... mais non !

Les larmes qui ne peuvent être évacuées correctement stagnent, cela provoque un larmoiement, et les yeux collés. C'est en fait la valve, au niveau du tube naso-lacrymal, qui ne s'est pas ouverte correctement à la naissance. On trouve aussi parfois des petites malformations dans le canal lacrymal.

Quand l'enfant a moins de 6 mois, on demande aux parents de masser le sac lacrymal. Cela permet de vider le sac et de nettoyer l'oeil. Le massage va créer une pression qui va aider la valve à s'ouvrir.

95% des enfants guérissent spontanément avant 1 an. Si ce n'est pas le cas, on peut envisager, à partir de 2 ans, une opération chirurgicale consistant à poser une sonde afin d'élargir le canal lacrymal.

Parfois cette pose de sonde ne suffit pas, et une fois retirée, les larmoiements reviennent. Une seconde sonde, deux fois plus large, sera posée dans le canal lacrymal et restera en place six mois cette fois-ci. Dans 90% des cas, le canal lacrymal est débouché.

Si cela ne suffit toujours pas et que les malformations sont trop importantes, on peut pratiquer une autre intervention à l'âge de 4 ans, qui va consister à faire un court-circuit entre le sac lacrymal et le nez (c'est-à-dire un petit orifice dans l'os du nez). Les larmes ne passeront plus par le canal lacrymal (voir chirurgie ci-dessous).


Attention, images de chirurgie ! La dacryo-cysto-rhinostomie consiste à créer un nouveau passage pour permettre aux larmes de s'évacuer

Quand les larmes ne viennent pas

Des gouttes toutes les heures permettent de soulager les personnes souffrant de syndrome sec

On a vu que le larmoiement pouvait être gênant, mais parfois c'est l'inverse. Certaines personnes ne produisent pas de larmes, ni de salive. Elles souffrent de la maladie de Gougerot-Sjögren, qu'on appelle aussi syndrome sec.

Ce déséquilibre des muqueuses est lié à un dérèglement du système immunitaire. Le manque de larmes provoque une gêne importante ainsi qu'une baisse de l'acuité visuelle.

Le syndrome de Gougerot-Sjögren associe au syndrome sec des douleurs articulaires et musculaires. Depuis quelques années, on commence à mieux comprendre les mécanismes de ces maladies auto-immunes, qui restent pour l'instant assez mal soignées.

Des recherches sont en cours et des essais thérapeutiques actuellement menés donnent beaucoup d'espoir aux malades.

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