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Une aide-soignante lanceuse d’alerte licenciée après la diffusion d’une enquête sur France 2

En période d’essai dans un hôpital, Hella Kherief a perdu son emploi le 21 septembre, le lendemain de son témoignage sur des dérives constatées dans une maison de retraite où elle avait été employée quelques années plus tôt.  

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Une aide-soignante lanceuse d’alerte licenciée après la diffusion d’une enquête sur France 2
Hella Kherief, lors de son apparition dans "Envoyé spécial" (crédits : France Info / France Télévisions)

Hella Kherief a plusieurs fois relaté dans les médias, sous son nom ou à visage découvert, des dysfonctionnements dont elle avait été témoin au cours de sa carrière d’aide soignante. À ses dépends : fin 2016, après avoir dénoncé au micro de France Culture le manque de moyen donnés par l’Ehpad Korian de Marseille pour assurer sa mission, elle avait été purement et simplement licenciée [1]. Elle avait également apporté son témoignage, en 2017, dans un épisode de l’émission Pièces à conviction (France 3).

L’histoire se répète-t-elle ? Le 20 septembre, elle présentait à une enquêtrice d’Envoyé Spécial les vidéos qu’elle avait prise dans un Ehpad où elle avait récemment effectué une mission d’intérim, et qui mettait en évidence l’abandon des pensionnaires. Avec deux aides-soignantes et une femme de ménage pour près de 100 résidents, elle mettait en évidence une situation dramatique – personnes âgées prêtes à payer pour un peu d’eau, résidents attendant devant un ascenseur durant plus d’une heure…

Le 21 septembre, Hella est licenciée l’hôpital qui venait de l’embaucher en CDI, pour lequel elle faisait des vacations depuis deux ans, et dans lequel "elle se sentait bien", selon l’auteure de sujet d’Envoyé Spécial. Aucune explication ne lui aurait été donnée. L’information a été confirmée à France Info par l’avocate de Hella Kherief.

 

Comme le souligne la journaliste Sonia Devillers sur France Inter, "les deux maisons médicalisées dont Hella a osé parler aux médias n’ont aucun lien avec l’hôpital où elle devrait être en train de travailler ce matin". "Cet hôpital vient-il de découvrir que l’aide-soignante avait été une lanceuse d’alerte ?", interroge-t-elle.

la rédaction d’Allodocteurs.fr


[1] Parmi les personnes licenciées à la suite de la diffusion de ce reportage, une autre ex-salariée a récemment été entendue par la police pour avoir divulgué des images de vidéosurveillance mettant en évidence de mauvaises pratiques dans l’établissement.

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