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L'incontinence urinaire, ce n'est pas une fatalité !

La semaine du 30 mars est dédiée à la continence. Sept jours ne sont pas de trop pour convaincre les patients que l'incontinence urinaire n'est pas une fatalité et qu'elle peut être traitée. Le diagnostic précoce, dès que les fuites urinaires sont gênantes, est important pour mettre en place un traitement adapté. Le point avec le Dr Castagnola, urologue et vice-président de l'Association Française d'Urologie.

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L'incontinence urinaire, ce n'est pas une fatalité !

A qui s'adresse la journée de la continence ?

le nouveaux traitement de l'incontinence urinaire… le mirabégon, qui améliore l'urgenturie, est attendu mi-2015 probablement. Sera-t-il prescrit seul ou en association, cela reste à définir mais "ce sera un traitement en plus, avec probablement moins d'effets secondaires (bouche sèche, constipation des anticholinergiques)", selon le Dr Castagnola.

A tout le monde, peut-être principalement aux femmes, mais pas seulement… La problématique, c'est que l'incontinence urinaire représente 3 millions de personnes en France, avec 25 à 45% des femmes qui seraient touchées par des épisodes d'incontinence, en sachant que cela augmente avec l'âge. Il y a une gêne sociale et c'est un tabou, qui entraîne une modification de la qualité de vie.

Diverses pathologies se cachent derrière des fuites urinaires et donc diverses prises en charge, adaptées à chaque cas de figure. L'urologue est à même de faire cette enquête diagnostique et de gérer les prises en charge.

Pourquoi avoir axé la campagne sur les symptômes ?

Parce que l'incontinence urinaire est taboue, que ce n'est pas une fatalité et qu'elle entraîne une gêne vraiment importante, qui peut altérer de façon marquée la qualité de vie, avec une rupture sociale parfois, un confinement chez soi.

Quand consulter ?

Dès que les patients sont gênés  (la gêne est vraiment vécue de façon différente d'une patiente à l'autre : certaines femmes sont dérangées par des fuites minimes, d'autres tolèrent des fuites plus importantes). Néanmoins, on peut consulter très tôt, ce qui permet de faire de la prévention, de l'explication et peut-être du traitement.

Les bénéfices et les risques du traitement sont ensuite mis en regard de la gêne occasionnée afin de déterminer si une prise en charge est nécessaire, en fonction de la demande de la patiente ou du patient.

On peut déjà donner des conseils généraux : perdre du poids (intéressant en cas d'incontinence urinaire d'effort), arrêter de fumer, arrêter certains types de mouvement en salle de gym, qui peuvent être générateurs de pressions fortes sur le périnée et délétères.

Une activité physique modérée régulière est importante car c'est un renforcement musculaire intéressant. En revanche, les accros aux "abdos" traumatisants vont favoriser les fuites.

Qui consulter ?

Il faut en parler à son généraliste qui adressera à l'urologue, selon le parcours de soin (il rédigera une lettre avec tout élément qui peut aider à la compréhension du phénomène, comme les antécédents gynécologiques et obstétricaux). Mais il est possible d'aller voir un urologue directement.

Il sera à même de faire la différence entre l'incontinence d'effort, l'urgenturie, ou l'incontinence mixte, qui associe les deux. Pour le déterminer, on s'aide de l'interrogatoire, du calendrier mictionnel, et ensuite de l'examen clinique. Au terme de cela, on a une ébauche de diagnostic et on peut envisager un traitement. Le bilan urodynamique sera fait en deuxième intention, suivant le type de symptômes.

Quels sont les traitements ?

Dans chaque cas, on conseille des mesures hygiéno-diététiques (réduire le poids, arrêter de fumer, mieux répartir les boissons dans la journée)

Puis le traitement est adapté à chaque cas, à chaque personne.Mais schématiquement, on distingue 3 types de prise en charge :

-        Pour l'incontinence d'effort, il s'agit de la rééducation périnéale, éventuellement d'un traitement chirurgical (la bandelette sous-urétrale, qui a 95% de bons résultats, ou éventuellement un sphincter artificiel)

-       Pour l'incontinence par urgenturie, on fait appel à la rééducation, aux médicaments (les anticholinergiques essentiellement). D'autres types de traitements sont possibles, comme la neuromodulation sacrée (on pose une électrode sur une racine nerveuse sacrée, avec un neuromodulateur, c'est l'équivalent du pacemaker du cœur, pour la vessie). Autre possibilité, la stimulation percutanée du nerf tibial postérieur (un arc réflexe est créé et diminue la capacité de contraction de la vessie. Elle a un avantage pratique : une électrode est simplement collée sur la peau et utilisée pendant plusieurs mois de façon à rééduquer la vessie). Dernière option, l'injection de toxine botulique, efficace durant 3 à 6 mois en moyenne, à répéter. Elle agit en diminuant les contractions vésicales qui entraînent la fuite par urgenturie).

-       En ce qui concerne l'incontinence mixte, le traitement dépend du symptôme prépondérant.

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