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Choc toxique : « le médecin croyait que c'était une grippe intestinale »

Début janvier, une Belge de 17 ans est morte des suites d’un choc toxique après avoir porté un tampon. Sa mère témoigne.      

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Choc toxique : « le médecin croyait que c'était une grippe intestinale »

Deux jours avant sa mort, Maëlle présentait des symptômes qui s’apparentaient à ceux d’une maladie infectieuse banale…  « Elle a commencé par de la température. Elle a vomi, elle a eu la diarrhée, et aux alentours de 4h du matin je me suis inquiétée car la température ne baissait pas. J’ai contacté le médecin de garde, il m’a rassurée en me disant qu’il ne s’agissait que d’une grippe intestinale » se souvient sa maman, Laurence Hennuy. 

Pourtant ses symptômes persistent et le soir venu, sa tension chute à 5,3. Maëlle est conduite à l’hôpital. Les médecins apprennent qu’elle porte un tampon mais ne font pas le lien. Pour eux, la jeune femme souffre bel et bien d’une grippe intestinale. Très vite, l’état de Maëlle s’aggrave… il faut la transférer dans un autre établissement, aux soins intensifs. Les médecins diagnostiquent enfin un syndrôme de choc toxique, causé par sa protection intime. Malgré tous les efforts déployés par l’équipe médicale, Maëlle décèdera le lendemain soir aux alentours de 17H…  

En cause : un staphylocoque doré

La bactérie responsable du choc toxique, c’est le staphylocoque doré. Nous en avons tous naturellement à la surface de notre corps mais il peut devenir dangereux dans certains cas.  Avec un tampon ou une coupe menstruelle, le sang est bloqué dans le vagin créant un milieu de culture favorable aux staphylocoques dorés. En se développant il produit une toxine qui passe dans le sang et qui peut provoquer la défaillance des organes vitaux.

Seules les femmes qui possèdent un germe particulier de ce staphylocoque doré et qui ne fabriquent pas les anticorps contre cette toxine sont susceptibles de faire un choc septique. Et parmi elles, toutes ne développent pas la maladie. La science ne sait pas encore l’expliquer… 

Selon les autorités sanitaires, ce syndrome n’est pas lié au matériau utilisé dans tampons, mais leur mésusage peut constituer un facteur de risque. Il faut adopter les bons réflexes comme se laver les mains avant leur utilisation. « Il est recommandé d’utiliser ces protections 4 à 6 heures maximum. Il est aussi recommandé de ne pas porter de protections internes pendant la nuit où là justement on va dépasser cette durée de port » détaille Aurélie Mathieu, toxicologue à l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Détecté à temps, un choc toxique menstruel se guérit par la prise d’antibiotiques. 

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