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Pourquoi l'Allemagne semble-t-elle mieux gérer l'épidémie de coronavirus ?

Depuis l’arrivée du coronavirus en Europe un pays étonne par ses chiffres : l’Allemagne. Comment expliquer qu'il y ait si peu de personnes touchées outre-Rhin ? 

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Pourquoi l'Allemagne semble-t-elle mieux gérer l'épidémie de coronavirus ?

Avec un peu plus de 1000 morts et près de 80 000 cas déclarés de covid 19, le taux de létalité du virus est d’environ 1,3%. Loin des chiffres français !
Dans l’Hexagone depuis le début de la crise, 4 503 personnes sont mortes et près de 60 000 Français ont été contaminés, établissant un taux de mortalité du covid 19 très élevé :  7,6% … 

Entre 300 000 et 500 000 tests par semaine en Allemagne

La première raison qui pourrait expliquer ces bons résultats, c’est qu’en Allemagne les cas ne sont pas comptabilisés comme en France. Dès le début de la crise, l’Allemagne a fait le choix de mener de grandes campagnes de dépistage. Selon les autorités, le pays pratique en ce moment 300 à 500 000 tests par semaine. C’est beaucoup plus qu’en France où il serait pratiqué 35 à 85.000 tests par semaine. Même si la stratégie de notre gouvernement a changé et que les tests devraient augmenter, au début de la crise en tout cas le nombre de tests réalisé en France était beaucoup plus faible. 

Ces deux pays ont des stratégies très différentes. En France, depuis le début de la crise, seuls les patients présentant des signes sévères du coronavirus peuvent bénéficier de tests. Le chiffre total de personnes contaminées reflète seulement le nombre de personnes atteintes d’une forme grave du coronavirus. 

En Allemagne, la population est testée de manière beaucoup plus large, même les gens qui ont des symptômes bénins sont testés. Quand on teste un panel plus large de la population et pas seulement les formes graves, mathématiquement le taux de létalité lié au coronavirus est plus faible. 

L’Allemagne est-elle mieux préparée que la France pour affronter l’épidémie ? 

Le vrai atout des Allemands par rapport aux Français c’est leur système hospitalier. L’Allemagne est le pays d’Europe qui compte le plus de lits d’hospitalisation d’après les chiffres Eurostat. Au total en Allemagne il y aurait 25 000 lits équipés d’une assistance respiratoire, et ce n’est pas étonnant puisque les principaux fabricants mondiaux de respirateurs, sont installés outre-Rhin. 

A titre de comparaison en France initialement lorsque la crise a éclaté, nos hôpitaux avaient 5 000 lits de réanimation équipés d’un respirateur. Bien sûr pour faire face à la crise le gouvernement a augmenté le nombre de lits, l’objectif est même de tripler cette capacité. 

À la base le système de santé allemand est bien mieux armé pour accueillir les malades et faire face à la crise. Il y a plus d’habitants en Allemagne donc, rapporté à l’échelle de la population, les Allemands ont trois fois plus de lits de réanimation que les Français et cela fait la différence. 

En quoi le nombre de lits fait la différence ? 

Michèle Legeas enseignante à l’école de la santé publique explique que, lors d’une pandémie comme celle que nous vivons, il y a malheureusement une fraction de décès inévitables. Ce sont les personnes qui doivent être prises en charge mais qui, à cause de leur état de santé initial, de leur fragilité, ou bien de leur âge, vont mourir. Ça c’est la fraction de décès inévitables. 

Il y a également la fraction des décès évitables. C’est cette fraction de gens qui va pouvoir guérir selon la qualité des soins qui leur est prodiguée. C’est pour cette fraction de malades que la capacité d’accueil des hôpitaux et le nombre de lits fait toute la différence. C’est peut-être l’une des explications des bons résultats observés jusqu’ici en Allemagne. 

Mme Legeas rappelle que comme les services hospitaliers allemands ne sont probablement pas saturés, le nombre de décès enregistrés correspond certainement en grande partie à cette fraction de décès inévitables… qui augmente, comme augmente le nombre de cas dans la population. 

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