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Covid : pourquoi le vaccin d'AstraZeneca doit faire l'objet d'une nouvelle étude

Le laboratoire AstraZeneca a annoncé une efficacité de 70% pour son vaccin. Mais une erreur dans un des deux protocoles de vaccination oblige le laboratoire à lancer de nouvelles études pour valider scientifiquement ce résultat. 

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Covid : pourquoi le vaccin d'AstraZeneca doit faire l'objet d'une nouvelle étude
Image d'illustration. Crédits Photo : © Shutterstock / rafapress

Quelle est la véritable efficacité du vaccin AstraZeneca ? Le laboratoire britannique et l’université d’Oxford indiquent le 26 novembre qu’une "étude supplémentaire" est nécessaire car une ambiguïté persiste. En effet, AstraZeneca avait annoncé le 23 novembre que son vaccin était efficace à 70%. Mais ce chiffre est en fait une moyenne, qui invisibilise un écart important entre deux protocoles différents de vaccination.

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Une demi-dose plutôt qu’une dose ?

Le protocole le plus efficace l’est à 90%. Il consiste à administrer d’abord une demi-dose, puis une dose complète un mois plus tard.
L’autre protocole, qui consiste à administrer deux doses complètes à un mois d’écart, n’a quant à lui abouti qu’à une efficacité de 62%.

Comment expliquer ces résultats ? "Il est possible qu'une dose initiale plus faible puisse entraîner une efficacité plus élevée du vaccin. Plus n'est pas nécessairement mieux en matière de vaccins et d'immunothérapie", explique la professeure en immunologie Helen Fletcher, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine.

Autre explication possible : "une forte réponse immunitaire au premier vaccin (a) pu bloquer efficacement une réponse immunitaire à la seconde injection du même virus", ajoute-t-elle.

Seulement 3.000 participants

Problème, le protocole qui inclut une demi-dose ne comprend pas assez de participants pour être validé de façon certaine et scientifique. Et pour cause : il est originellement dû à une erreur, ce qui explique que seuls 3.000 patients aient suivi ce protocole.
C’est pour confirmer que ce schéma vaccinal entraîne une meilleure réponse immunitaire qu’une nouvelle étude doit donc être menée.

"Maintenant que nous avons trouvé ce qui semble être une meilleure efficacité, nous devons la valider, donc nous devons faire une étude supplémentaire", a ainsi déclaré le PDG d’AstraZeneca, Pascal Soriot, dans une interview à l'agence Bloomberg.

Les résultats de cette nouvelle étude internationale "pourraient être plus rapides" à obtenir, "car nous savons que l'efficacité est élevée donc nous avons besoin d'un plus petit nombre de patients", a-t-il précisé. Selon lui, ces procédures ne devraient pas retarder l'approbation des régulateurs dans l'Union européenne, mais le feu vert des autorités américaines pourrait prendre plus de temps.

Attendre "l’examen des données détaillées"

La taille du groupe ayant reçu une demie-dose lors de la première injection et le fait que ce résultat soit dû à une erreur ont inévitablement suscité des critiques.

L’Organisation mondiale de la Santé a déclaré à l’AFP que "l'examen des données détaillées (lui) permettra de mieux comprendre les performances du vaccin". Le médecin en chef pour l'Angleterre, Chris Whitty, a quant à lui mis en garde, lors d'une conférence de presse, contre des "conclusions prématurées" et a recommandé de faire preuve de patience jusqu'à ce que les données complètes soient publiées.

Pour l'instant moins probant que celui de Pfizer/BioNTech ou de Moderna efficaces à 95%, le vaccin d'AstraZeneca présente l'avantage d'utiliser une technologie plus traditionnelle que ses deux concurrents. Ce qui le rend moins coûteux et plus facile à stocker puisqu'il ne nécessite pas d’être conservé à très basse température.

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