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Covid : les États-Unis s’accaparent la production de remdesivir

Le gouvernement Trump a acquis 92% de la production du remdesivir, médicament autorisé contre le Covid-19. L’Allemagne et le Royaume-Uni assurent avoir suffisamment de stock pour leur propre population.

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Covid : les États-Unis s’accaparent la production de remdesivir
Image d'illustration. Crédits Photo : © Shutterstock / Antonio Suarez Vega

Haro sur le remdesivir. Le gouvernement américain a annoncé lundi 29 juin avoir acquis 92% de toute la production de remdesivir par le laboratoire Gilead des trois prochains mois - de juillet à septembre - soit environ 500.000 traitements sur près de 550.000. Le laboratoire Gilead a fixé le prix à 390 dollars par flacon dans tous les pays développés, soit 2.340 dollars pour un traitement normal de six flacons de ce médicament contre le coronavirus.

"Le président Trump a fait une affaire incroyable pour que les Américains puissent avoir accès au premier traitement thérapeutique autorisé contre le Covid-19", a ainsi déclaré le ministre de la Santé, Alex Azar. Les États-Unis, qui font actuellement face à une forte poussée de la pandémie, sont déjà le pays le plus lourdement touché au monde en nombre de morts.

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L’Allemagne et le Royaume-Uni ont des réserves

Ce médicament a été approuvé aux États-Unis le 1er mai 2020 après des essais cliniques montrant qu'il réduisait de quatre jours la durée de rétablissement des malades graves du Covid-19. L'Europe devrait l'autoriser prochainement, suite à la recommandation de l’Agence européenne du médicament (EMA).

L'annonce de Washington a fait craindre une pénurie du médicament dans le reste du monde, mais le Royaume-Uni et l’Allemagne ont déclaré mercredi 1er juillet ne pas être inquiets pour leur population et ont assuré avoir des stocks suffisants. "Le Royaume-Uni utilise le remdesivir depuis un moment, d'abord dans des essais cliniques et aujourd'hui dans le cadre d'un programme d'accès anticipé aux médicaments. Le Royaume-Uni a un stock suffisant de remdesivir", a déclaré un porte-parole du Premier ministre britannique.
En Allemagne, "le gouvernement a sécurisé des stocks de remdesivir tôt", a également rassuré un porte-parole du ministère de la Santé. "A l'heure actuelle, les réserves sont suffisantes."
Et en France ? Les autorités sanitaires n'ont pas pu répondre mercredi 1er juillet aux sollicitations de l'AFP.

Des génériques autorisés dans 127 pays

Pour les pays en développement, Gilead a accordé des licences sans royalties à neuf fabricants de médicaments génériques en Inde, au Pakistan et en Egypte. Ils auront le droit de distribuer leurs versions génériques du remdesivir dans 127 pays en développement, au prix qu'ils choisiront, tant qu'aucun autre médicament ou vaccin n'est approuvé, ce qu'ils feront "bientôt", a dit Gilead à l'AFP.

Le laboratoire explique que pour les autres pays, l'accès au remdesivir se fera en fonction des critères de priorité suivants : "autorisation des autorités de régulation et incidence de la maladie, puis sévérité de la maladie, afin de soigner les patients qui ont le besoin de traitement le plus urgent".

Miser sur l’accord de "licence obligatoire"

Au Bangladesh, un fabricant générique produit du remdesivir sans avoir obtenu de licence, en vertu d'une clause d'un accord de propriété intellectuelle de l'Organisation mondiale du commerce qui permet à des pays en développement de décréter une "licence obligatoire", rapporte Farasat Bokhari, professeur d'économie à l'université d'East Anglia. L'économiste estime qu'il ne devrait pas y avoir de pénurie, "car la production dans les autres pays va augmenter. Le seul problème est la vitesse avec laquelle ils le feront."

Pour Matthew Kavanagh, expert du droit de la santé à l'université Georgetown à Washington, "tous les pays devraient immédiatement annoncer une campagne coordonnée de licences obligatoires sur ce médicament et d'autres contre le Covid-19". L’objectif de cette manœuvre : "permettre aux entreprises de toucher des royalties mais sans leur permettre de bloquer la production des médicaments nécessaires" explique-t-il à l’AFP.

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