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Coronavirus : quand les soignants sont pris pour cible

Depuis le début de la pandémie, des professionnels de santé sont victimes d’actes de vandalisme ou reçoivent des lettres d'intimidation. 

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Coronavirus : quand les soignants sont pris pour cible

Quand certains les applaudissent tous les soirs à 20h ou leur offrent un logement, d’autres préfèrent les voir déménager par peur d’être contaminés. Mélina, infirmière anesthésiste, a été poussée par ses propriétaires à quitter son logement avec sa famille. "J’ai décidé de porter plainte pour que ces gens réalisent vraiment l’ampleur que ça a pu prendre dans notre vie, dans ma vie de famille à moi. Et qu’à un moment donné, les gens arrêtent de stigmatiser les personnes qui sont en contact avec d’autres personnes à l’hôpital", s’insurge-t-elle. Viriginie, quant à elle infirmière libérale, est parfois reçue par ses patients avec un spray de javel à la main. Et ils nettoient tout derrière elle.

En partant au travail, certains ont également de mauvaises surprises. "Madame vous travaillez à l’hôpital, garez-vous ailleurs. Vous allez nous donner le virus, merci !" Ces mots proviennent d’une lettre anonyme, déposée sur le pare-brise de Coralie, infirmière dans l’Ain. "Si j’ai choisi ce métier c’est pour ne pas tenir compte des mauvaises phrases des gens (…) Moi je suis là pour la personne malade, je soigne l’humain, pas la bêtise en fait"; confirme-t-elle.

Des actes minoritaires mais qui laissent des traces

Ces histoires restent rares mais elles sont aujourd’hui massivement relayées sur les réseaux sociaux et sont aux antipodes de nombreux actes de solidarité actuels. Passionnées par leur professions, ces soignantes vont aujourd’hui travailler la boule au ventre. "Oui, on en souffre, parce qu'à voir le temps que l’on y consacre, l’énergie, le coeur qu’on y met… Oui, la passion est un peu érodée aujourd’hui et j’espère qu’elle va revenir", s’inquiète Virginie. 

La Police Nationale encourage les soignants victimes d’intimidation à porter plainte. Pour se protéger des actes de vandalisme, certains syndicats conseillent de retirer le caducée, celui que les personnels soignants affichaient fièrement jusqu’à maintenant. 

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