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Comment les travailleurs indépendants font-ils pour se protéger ?

Alors que médecins et gouvernement martèlent l’ordre de rester chez soi, certains n’ont pas d’autre choix que de sortir travailler pour assurer un service minimum et continuer à percevoir un revenu. C’est le cas notamment d’un grand nombre de taxis et de livreurs indépendants.

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Comment les travailleurs indépendants font-ils pour se protéger ?

16h, porte de Saint-Cloud à Paris, les passants se font rares, mais les taxis, eux, sont toujours là. Pour beaucoup, travailler reste la seule solution pour conserver un revenu. Alors pour éviter d’être infecté par le coronavirus, chacun se protège comme il peut. « Dès que j’ai un client, je mets un masque, et puis je me désinfecte les mains comme ça », affirme un premier chauffeur.

Un deuxième opte pour plus de distance : « Quand on me parle, je ne me retourne pas. Je roule avec les fenêtres ouvertes, comme ça, ça fait de l’air. On désinfecte la voiture, à l’intérieur comme à l’extérieur, comme la banquette arrière, ça devient un rituel du matin au soir. On peut être porteur comme les autres peuvent l’être aussi, donc on fait attention aux autres, et j’’espère que les autres font attention à nous. »

Les taxis, tout comme les transports en commun, sont des espaces confinés, les mesures barrières sont donc d’autant plus importantes à respecter. 

Les livreurs doivent également s’adapter

Malgré les mesures de confinement, Pierre parcourt les rues de Paris sur son vélo, pour livrer des repas à domicile. En dépit de la crise sanitaire, il a toujours le droit de travailler, mais il est conscient des risques. « Lorsque je quitte mon domicile, je désinfecte mon sac isotherme, je me lave les mains et je mets du gel hydroalcoolique avant de mettre mes gants. » explique-t-il.

Burgers, sushi, plats indien : les commandes sont variées mais pour Pierre, plus question de pénétrer dans les restaurants ni de toucher le sac qui contient le repas. Il doit respecter les consignes imposées par le gouvernement pour garantir une livraison de repas sans contact.

Ne plus entrer dans les immeubles

Mesures barrières, distance de sécurité, Pierre lui, s'impose une règle supplémentaire pour éviter la contamination : « J’ai décidé de ne plus rentrer dans les immeubles car j’estime que c’est une zone dangereuse avec le nombre de surfaces qui peuvent être souillées, les codes, les poignées de porte, les minuteries. »

Mais il n’est pas toujours possible de respecter ces règles, notamment lorsqu’un client ne peut pas se déplacer. Dans ce cas, les livreurs prennent un risque. Une situation que dénonce le Collectif des Livreurs Autonomes de Paris, « on est en guerre mais on autorise des gens à se faire livrer un kinder bueno, un paquet d’haribo !

Un fond exceptionnel d'indemnisation

On voit bien qu’on n’est pas dans la nécessité, on est sur du confort, donc pour du confort on fait prendre des risques à des livreurs qui sont déjà précaires. » Pour le collectif, l’arrêt immédiat de ces plateformes de livraison est indispensable pour limiter la propagation de l’épidémie. 

En attendant, certaines plateformes ont mis en place un fond exceptionnel pour indemniser les livreurs contaminés ou en quarantaine, mais pour y avoir droit, les conditions sont restrictives. 

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