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Diabète : inquiétudes face à l'arrêt de la production d'une pompe à insuline

Deux élus de Charente-Maritime ont interpellé le gouvernement sur le cas de centaines de malades diabétiques. Certains craignent pour leur vie après l'arrêt de la fabrication d'un modèle de pompes à insuline.

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Diabète : inquiétudes face à l'arrêt de la production d'une pompe à insuline
Cette pompe est implantée au niveau de l'abdomen

La sénatrice LR Corinne Imbert a écrit à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, pour l'alerter sur la situation de personnes souffrant de diabète "de type 1 complexe", et à qui seule l'implantation dans l'abdomen d'une pompe à insuline permet de mener une vie normale. L'entreprise américaine Medtronic, leader mondial dans les technologies médicales, a décidé d'arrêter la production de ce dispositif médical en 2020, selon son site internet.

Ces malades représentent environ 1 % des 200 000 diabétiques de type 1, en France. "Ces patients sont particuliers", explique le Pr Eric Renard, chef du service Endocrinologie-Diabétologie-Nutrition du CHU de Montpellier. "Contrairement aux autres, leur peau n’absorbe pas l’insuline ou seulement de manière irrégulière."

Une pompe implantée dans le ventre

Par conséquent, un traitement externe sous-cutané, ne leur convient pas. Leur diabète n’est pas maîtrisé. "Ils ont besoin d’un traitement qui court-circuite la peau, que l’insuline soit directement injectée dans l’organisme." Ce traitement, c’est une pompe implantée dans le ventre. Les patients doivent se rendre à l’hôpital toutes les six semaines pour la remplir d’insuline.

En France, environ 250 personnes portent cet appareil, et elles sont environ 400 dans le monde, selon l'association de médecins Evadiac (EVAluation dans le Diabète du traitement par Implants Actifs). Le Pr Eric Renard en soigne 80 : "Pour eux, c’est la panique ! Ils craignent un "retour en enfer", comme ils disent". Une association, le Collectif des diabétiques implantés, fondée en juin, a lancé une pétition signée à ce jour par 2 500 personnes, "pour que la production des pompes implantables continue".

"Autant nous donner une corde tout de suite !"

Les élus locaux ont été alertés par Alexandra Rousseau, 48 ans, habitante de Sainte-Soulle (Charente-Maritime). Elle s'est fait implanter cette pompe MiniMed en 2014 et "redoute une triste fin de vie". "Ces pompes ont une durée de vie de six à huit ans. Autant nous donner une corde tout de suite" déplore-t-elle.

Car sans cette pompe interne, "les patients les plus graves devront se faire hospitaliser pour avoir une injection d’insuline par voie veineuse", explique le spécialiste. "Ceux qui repasseront au traitement sous-cutané devront revivre les complications de la maladie."

Si leur diabète n’est pas maîtrisé, les patients peuvent avoir des atteintes à la rétine, aux reins, au cœur et aux pieds, jusqu’à l’amputation. "Ce n’est pas une mort immédiate, mais le pronostic est très mauvais", ajoute le Pr Eric Renard.

Ne pas laisser tomber les patients

Selon lui, "Medtronic veut céder le brevet à bon prix". Mais en 2018 l’entreprise "a promis à l'ANSM qu'elle ne laisserait pas tomber les patients et qu'elle transmettrait le brevet". L’enjeu pour ces derniers est que l'entreprise attende qu’un repreneur soit opérationnel pour continuer la production de ces pompes, remboursées par l'Assurance maladie, avant d’arrêter la fabrication.

Interrogée, l'ANSM qui va réunir prochainement les parties prenantes, a indiqué à l'AFP avoir demandé à Medtronic un "délai supplémentaire."

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