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Autisme : vers une nouvelle explication de ce trouble ?

Une récente étude sur l'autisme pourrait remettre en cause le modèle théorique dominant et ouvrir la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques.  

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Autisme : vers une nouvelle explication de ce trouble ?
Visualisation en 3D des faisceaux courtes distances. Crédit : Cyril Poupon, Jean-François Mangin et Miguel Guevara.

Une étude récente pourrait remettre en question le modèle théorique dominant sur lequel, ces dernières années, les chercheurs se sont basés pour tenter d'expliquer l'autisme. La recherche, publiée le 13 novembre dans la revue Brain, présente les résultats préliminaires obtenus en observant les connexions cérébrales des patients.

Un problème de connectivité

L’autisme est un trouble du développement neuronal, caractérisé en particulier par une difficulté dans l’instauration de relations avec les autres. Comment ce problème peut-il être expliqué ? Les troubles du spectre de l'autisme (TSA) sont caractérisés par un dysfonctionnement de la connectivité neuronale : les régions du cerveau ne communiquent pas entre elles comme elles le devraient.

Au cours des 20 dernières années, plusieurs études ont conduit à développer un modèle théorique pour expliquer l'autisme. Selon cette théorie, la maladie serait caractérisée par un défaut de communication entre des régions du cerveau éloignées les unes des autres. Une connexion "longue distance" affaiblie. D'autre part, toujours sur la base de ce modèle, les zones du cerveau proches les unes des autres communiqueraient trop, ce qui causerait une saturation de l'information. 

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Un défaut de communication à "courte distance"

Les chercheurs de la Fondation FondaMental, de l’Inserm, NeuroSpin et des hôpitaux universitaires Henri Mondor, AP-HP, ont cherché à vérifier de manière précise ce modèle théorique. Ils ont comparé les cerveaux de 27 hommes adultes atteints d'autisme à ceux de 31 personnes non atteintes. Les sujets souffrant de troubles du spectre de l’autisme de l’étude ne présentaient pas un déficit intellectuel, mais un déficit de la cognition sociale (l’habilité sociale, les interactions avec les autres, l’empathie).

Les chercheurs ont observé et analysé par IRM (imagerie par résonance magnétique) la connectivité de 63 faisceaux nerveux " courte distance ", qui relient les régions du cerveau au niveau local, situées immédiatement sous le cortex cérébral.

Selon le modèle dominant, les chercheurs auraient dû observer une connectivité excessive. Mais, dans cet étude, les sujets souffrant de TSA, présentaient au contraire, une diminution de la connectivité dans 13 faisceaux sur 63, par rapport aux sujets sains. Encore plus intéressant, cette diminution de la connectivité, concerne les zones du cerveau impliquées dans la cognition sociale, le langage, les émotions, l’empathie.

Ces résultats préliminaires suggèrent donc qu’un défaut, et non un excès de connectivité à courte distance dans le cerveau, pourrait être lié aux problèmes de cognition sociale observés dans l’autisme.

Des nouvelles approches thérapeutiques

La prochaine étape? " Répliquer ces résultats sur un nombre plus important de sujets et chez les enfants souffrant de TSA et utiliser d’autres méthodes pour compléter nos résultats et mieux comprendre, à une échelle cellulaire, ces anomalies de la connectivité anatomique ", nous explique Marc-Antoine d’Albis premier auteur de l’étude. En effet, la confirmation de cette étude pourrait ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques, " par exemple, la stimulation magnétique transcranienne pourrait être explorée, car la connectivité cérébrale entre des zones adjacentes du cerveau est localisée en superficie ", suggère le Pr Josselin Hounenou, dernier auteur de l’étude.

Camilla de Fazio

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